Tout savoir pour réaliser, optimiser et diffuser ses photos

Sarah Caron

10/05/2009 | Benjamin Favier

C’est une femme de caractère. Grande voyageuse, présente sur de nombreux conflits, Sarah Caron, la quarantaine en vue, a déjà roulé sa bosse. En toute indépendance.

Photographe indépendante, ancienne membre de l’agence VU’, Sarah Caron prône une approche sur le long terme d’un sujet. À contre-courant de l’actualité chaude. Cela découle d’une volonté, celle de mener des reportages approfondis en passant un maximum de temps sur place. Mais aussi d’une réalité, celle de la difficulté pour les photographes freelance de voir leurs projets financés. Alors pour amoindrir les frais, mieux vaut miser sur la durée. À condition de trouver des sujets forts.

Empreinte floue

Depuis ses débuts à Cuba, en 1994, où elle fait ses premières images lors de la crise économique traversée par le pays, Sarah Caron a réussi a imposer une empreinte originale et intime. Prenons ce surprenant reportage sur les brigades des martyrs d’AL Aqsa, en Cisjordanie. La proximité avec les membres de la branche armée du Fatah (organisation politique créée par Yasser Arafat) saute aux yeux. Elle les suit dans leurs planques, au cours de leurs assauts contre l’armée israélienne, souvent menées la nuit. Les clichés sont flous, bruités, dynamiques : on est au cœur de l’action. On imagine le temps qu’il a fallu à la photographe pour se faire accepter par ce groupe en permanence sur le qui-vive. On peut voir cette série dans la rubrique Galerie, sur le site.

Regard artistique

Les autres reportages reposent sur les mêmes bases. Les âmes errantes est peut être le plus intime, le plus représentatif du travail de Sarah Caron. Le flou prend une dimension picturale et nous transporte dans un univers où la limite entre rêve et réalité est plus brouillée que jamais. Une démarche volontaire de la part de la photographe :

« Je n’ai pas cherché à croiser les regards, mais tenté de figer
l’évocation de l’instant d’une pensée. Cette question m’accompagne :
à quoi pensent-ils ? À quoi pense-t-on lorsque l’on a la mémoire commune d’une tragédie collective ?
 ».

Elle fait référence à la barbarie du régime Khmer rouge, qui a engendré un génocide. Son travail remarquable est prisé par les titres les plus prestigieux de la presse française et internationale : Le Monde, Newsweek, The New York Times…
Ses images illustrent un reportage sur l’influence talibane dans le nord-ouest du Pakistan, dans le mensuel Geo daté mai, actuellement en kiosques. Elles sont magnifiques.

Crédits photos : Sarah Caron

Le site de Sarah Caron

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