Tout savoir pour réaliser, optimiser et diffuser ses photos

Sony A7R III : cœur d’A7R II, viseur d’A9…

25/10/2017 | Benjamin Favier

Le successeur de l’A7R II reprend le capteur Cmos rétroéclairé de 42 Mpxl. Pas de puce Dram intégrée comme sur l’A9 donc, mais l’A7R III évolue sur de nombreux points, vus sur le boîtier phare de la gamme hybride Sony.

Présentation

Les paris étaient ouverts, alors que bruissaient de plus belle les rumeurs d’une annonce majeure chez Sony : A7 III ? A7S III ? S’il est fort probable que les deux modèles cités voient bientôt le jour, c’est l’A7R III qui ouvre le bal des troisièmes générations d’Alpha 7. Un peu plus de deux ans après l’A7R II, et surtout, quelques mois après l’A9, qui a rebattu les cartes sur le front des appareils plein format haut de gamme, reflex et hybrides compris.

PNG - 509.4 ko
L’A7R III reprend le capteur Cmos plein format rétro-éclairé de l’A7R II.

Nous pouvions éventuellement nous attendre à l’intégration d’un capteur empilé, intégrant une puce DRam, comme sur les RX100 V, RX10 Mark IV, et l’A9, avec à la clé, des performances exceptionnelles en matière de vitesse. Il n’en est rien, puisque l’A7R III reprend le capteur Cmos rétroéclairé de 42 Mpxl de son prédécesseur. Sony souligne toutefois une gestion du bruit améliorée, grâce à une « conception de lentilles intégrées et un revêtement antireflets sur la surface en verre hermétique du capteur ».

JPEG - 273.8 ko
Disposition du capteur et du processeur.

La plage de sensibilité s’étend de 100 à 32 000 Iso par défaut, et peut atteindre 50-102 400 Iso. Bien entendu, le capteur est stabilisé, sur cinq axes. Dans le même temps, la vitesse de lecture du capteur augmenterait de façon sensible, grâce notamment à la dernière version du processeur Bionz X. Via la technologie de décalage de pixels Pixel Shift Multi Shooting, l’appareil capture 169 millions de données de couleurs qui génèrent un fichier de 42,4 Mpxl au final. Nous avons déjà vu cela sur le Pentax K-1.

PNG - 479.6 ko
L’A7R III dispose d’un double compartiment pour cartes mémoire.

Sans atteindre la cadence de 20 im/s de l’A9, l’A7R III impressionne sur le papier, puisque le mode Rafale serait de 10 im/s, avec l’obturateur mécanique ou électronique, et la capacité d’engranger 87 Raw compressés ou 28 Raw non compressés. Le tout peut être stocké sur deux cartes SD (le port 1 est de type UHS-II, le second, UHS-I, comme sur l’A9). L’A7R II n’avait qu’un seul compartiment. La construction en alliage de magnésium s’annonce robuste et surtout, le nombre de vis de fixation de la monture a été augmenté. De nombreux joints d’étanchéité protègent le boîtier contre l’intrusion de poussière ou d’éclaboussures.

PNG - 480.3 ko
La dalle de 3 pouces et 1,44 Mpts devient tactile.

Autre évolution importante par rapport au précédent modèle, le viseur Oled reprend la définition vue sur l’A9. On passe ainsi de 2,36 Mpts à 3,69 Mpts, avec un grossissement 0,78x et un dégagement oculaire de 23 mm. La dalle LCD de 3 pouces devient tactile (celle de l’A7R II ne l’était pas), et la définition atteint 1,44 Mpts. Elle est toujours inclinable vers le haut à 107° et 41° vers le bas. Un joystick apparaît sur le côté droit, comme sur l’A9, pour piloter les 399 collimateurs à détection de phase (425 à détection de contraste).

JPEG - 364.8 ko
Couverture du système AF.

En tout, onze touches peuvent être personnalisées. De dos, l’A7R III ressemble ainsi trait pour trait à l’A9. Sur le dessus en revanche, pas d’accès direct aux modes AF ou aux différentes options de prise de vue.

PNG - 316.5 ko
Différence par rapport à l’A9, pas de barillet d’accès aux modes de prise de vue et AF sur la gauche…

Sur le côté gauche on note la présence de prises micro et casque, HDMI, d’une prise synchro flash, ainsi que d’une prise USB-C compatible USB 3 Gen1, qui permet de recharger la batterie NP-FZ100 : l’accu NP-FW50 a fait long feu. Nous avions systématiquement déploré l’autonomie insuffisante des A7 lors de nos tests (l’A7R II est d’ailleurs vendu avec deux batteries…). L’A7R III hérite donc de l’accu de l’A9, ce qui permettrait d’effectuer 530 vues avec viseur, 650 avec l’écran (norme CIPA). Bonne nouvelle, pour les possesseurs de l’A9 qui seraient intéressés par l’A7R III, la poignée optionnelle VG-C3EM, qui abrite deux accus NP-FZ100, peut être utilisée sur ce dernier.

PNG - 136.2 ko
Contrairement à l’A9, pas de port Ethernet. Mais on note l’apparition d’une prise synchro flash par rapport à l’A7R II.

En vidéo, l’A7R III filme en 4K UHD sur à 25 im/s en exploitant toute la largeur du capteur, comme son prédécesseur. Désormais, il offre aussi la cadence de 100 im/s en 1080p – comme l’A9. Des profils S-Log2 et S-Log3 figurent au menu, ainsi qu’un nouveau, baptisé HLG (Hybrid Log-Gamma), pour gérer la postproduction d’un projet HDR, sur un moniteur ou un téléviseur compatible. Par contre, le LCD de l’A7R III n’est a priori pas à même de restituer le rendu HDR lors du tournage.

L’A7R III sortira courant novembre, au prix de 3500 €. Dans le même temps, deux optiques sont annoncées par Sony. Un 400 mm f/2,8 encore au stade de développement et qui sortira en 2018 ; ainsi qu’un 24-105 mm f/4 OSS, qui sera proposé à 1350 € en novembre (présentation détaillée à venir).

PNG - 460.3 ko
Le 24-105 mm f/4 OSS.

- Le site de Sony

Premier avis

Nous avons été impressionnés par les performances de l’A9, lors de nos différents essais. Ce boîtier a confirmé que Sony est désormais un compétiteur sérieux sur le segment professionnel. Les améliorations d’ordre ergonomique et en termes d’autonomie n’y sont également pas étrangères. Aussi, se réjouit-on de voir que l’A7R III emprunte de nombreuses fonctions et attributs vus sur l’A9, du viseur au joystick, en passant par le double compartiment de cartes mémoire, et surtout l’adoption d’un accu plus endurant.

On retrouve l’excellent capteur Cmos rétro-éclairé de l’A7R II, l’un des meilleurs que nous avons testé, tous boîtiers confondus. Récemment, Nikon a séduit avec l’excellent D850 et ses 45 Mpxl, d’une grande polyvalence. Le duel face à cet A7R III s’annonce passionnant, puisque sur le papier, ce dernier va encore plus loins en mode Rafale, avec une cadence de 10 im/s. Et il possède un atout non négligeable, la stabilisation au niveau du capteur. En attendant une éventuelle riposte de Canon et Nikon sur le front des hybrides professionnels, Sony poursuit sa route. Et la marque a pris beaucoup d’avance…

Fiche technique

  • Capteur : Cmos BSI 23,8 x 35,6 mm de 42 Mpxl
  • Définition maximale : [3/2] 7952 x 5304 pixels
  • Monture/Coefficient : Sony FE (1x)
  • Sensibilités : 100-32 000 Iso (50 - 102 400 Iso en mode étendu)
  • Vidéo : 4K UHD 3840 x 3160 pixels à 25 im/s (100 Mbps)
  • Formats de fichiers : Jpeg, Raw, XAVC S, AVCHD, MP4
  • Protection du boîtier : oui
  • Stabilisateur : oui (cinq axes)
  • Visée : Oled 3,68 Mpts, grossissement 0,78x, dégagement oculaire de 23 mm, taux de rafraîchissement 100 im/s
  • Moniteur : 7,5 cm, 1,44 Mpts, tactile et orientable (107° vers le haut, 41° vers le bas)
  • Flash intégré : -
  • WiFi/Bluetooth/GPS : Oui (NFC)/Oui (norme v. 4.1)/-
  • Autofocus : 399 points (détection de phase), 425 points (détection de contraste) ; sensibilité à - 3 IL sur le collimateur central
  • Vitesses : 1/8 000s à 30s (obturateur mécanique ou électronique) ; synchro X à 1/250s
  • Rafales : 10 im/s (87 Raw compressés, 28 Raw non compressés)
  • Balance des blancs : Auto / Lumineux / Ombragé / Nuageux / Incandescent / Fluorescent (Blanc chaud / Blanc froid / Blanc lumineux / Lumière du jour) / Flash / Sous-marin. Température de couleurs (2 500 à 9 900 K) et filtre de couleurs (G7 à M7 (57 paliers), A7 à B7 (29 paliers)) / Personnalisé
  • Stockage : Port 1, emplacement pour carte mémoire SD (UHS-I/II) ; Port 2 : Memory Stick Duo ou SD (compatible UHS-I)
  • Interfaces : USB (Type-C), micro 3,5 mm, casque 3,5 mm, synchro flash, micro HDMI (type D)
  • Alimentation : NP-FZ100 (environ 530 vues avec viseur, 650 avec écran, norme CIPA)
  • Accessoires : Cordon d’alimentation, adaptateur secteur, accu NP-FZ100, protecteur de câble, œilleton de visée, câble micro USB, cache griffe porte-accessoire, bandoulière, capuchon de protection
  • Dimensions/Poids : 126,9 x 95,6 x 73,7 mm / 657 g (avec accu et cartes mémoire)

Cet article vous a plu ? Notez le et partagez le sur les réseaux sociaux !



Commenter cet article

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Messages

  • Upgrade sympa bien qu’il manque le 4k 60p. Mais j’espérais que l’annonce annoncée concernerait un RX100 VI dont je dois m’équiper d’ici Noël pour des images sous-marines. Ça me ferait râler de devoir prendre la version V alors que la VI va bientôt sortir.

  • Ce que je relève, c’est que Sony est parvenu à augmenter de 220 % la longévité de sa batterie, ce que je déclarais possible il y a peu et que d’autres « experts » suivez mon regard avaient eux déclare impossible sur un mirrorrless. CQFD. Ceci est un message à monsieur j’ai toujours raison mais je me trompe quand même .

  • @2
    Ah bon ? Qui vous a dit ça ? Je crains que vous ayez une fois de plus compris de travers.
    L’autonomie de la batterie peut augmenter autant que vous voulez ...du moment que la technologie suive !
    Ici le poids de la batterie a tout de même doublé et la capacité de l’appareil a augmenté de 2.5x du fait d’une meilleure technologie intégrée dans cette batterie li-ions.

    Pour autant l’autonomie de la batterie de cette grenouille mirrorless n’atteint toujours pas celle d’une batterie de boeuf- reflex FF !

  • L’autonomie est effectivement le talon d’Achille des boîtiers mirrorless. C’est une des raisons (avec la qualité insuffisante des viseurs) qui fait que je garde précieusement mes reflex.

  • @4 pour la différence de poids grenouille/boeuf, on peut se "charger" de quelques batteries supplémentaires.

  • @5
    Oui, bien sûr, et les progrès des batteries dans les 5/10 prochaines années devraient encore améliorer sensiblement l’autonomie des mirrorless.
    Ce n’est pas le principal reproche que je fais au mirrorless.
    Je reconnais personnellement que le mirrorless FF est l’alternative la plus sérieuse au reflex.

    Pour autant, je ne suis pas totalement convaincu pour différentes raisons :

    *Les professionnels sont particulièrement réticents à confier leur mirette à un EVF, accusé par certains d’engendrer de la fatigue occulaire supplémentaire. Les gens sont méfiants.
    Interrogez les pros et vous verrez ce qu’ils vous diront.D’après mon expérience personnelle, les pros étaient particulièrmenet hostiles aux EVFs quand je les ai interrogé il y a environ 10 ans.
    Peut-être les choses ont -elles évolué depuis ?

    *Ma dernière comparaison entre un EVF et un OVF date d’il y a un an.
    J’ai eu l’occasion de comparer un EVF de Leica SL (paraît-il équipé d’un des meilleurs EVF du marché...)
    à un OVF de ...Leica S !
    Pour moi, l’OVF est encore laaaaargement devant (Ce n’est que mon avis....).

    *Les gains de poids sur les optiques GA zoom transtandards sont réels mais discutables.
    Doit-on bazarder son reflex pour gagner 100g sur un GA ?
    J’ai comme un doute là....

    *La gamme optique Sony est encore insuffisante. Sony nous annonce le développement
    d’un 400/2.8 G OSS SSDM FE. J’ai hâte de voir ce qu’il sera capable de démontrer face au savoir-faire de Canon....
    Par ailleurs, la gamme FE est encore mal "entourée" (Le indépendants offrent encore peu de choix, ou alors avec une bague intermédiaire dont l’intérêt est contesté -Rapidité de l’AF par exemple-).

    À ce jour, je ne suis donc toujours pas convaincu que la "mayonnaise" Mirrorless soit capable de détrôner le reflex dans un avenir proche.
    D’autant plus que le reflex peut éventuellement sortir un viseur hybride( des brevets ont déjà été annoncés)
    susceptible de compenser le retard du reflex dans certains domaines...
    Wait and see...

  • Il est clair que les mirarles sont l’avenir..

    A moyen ou long terme les reflex disparaitront.

  • C’est très cher Sony, mais c’est très bien Sony.