Tout savoir pour réaliser, optimiser et diffuser ses photos

Sony A9 Mark II : subtiles évolutions

03/10/2019 | Benjamin Favier

Un peu plus de deux ans après la sortie de l’A9, Sony dévoile son successeur. Pas de révolution au programme, mais des incorporations en phase avec les récents modèles de la marque. Et une dimension professionnelle renforcée, en termes de construction et de connectivité.

Présentation

Alors que les Jeux olympiques d’été se dérouleront au Japon l’an prochain, le renouvellement des boîtiers pros est un secret de polichinelle. Récemment, Nikon a d’ailleurs annoncé le développement du D6 et il ne serait pas surprenant que Canon en fasse prochainement de même sur sa série 1D. En attendant, c’est Sony qui prend la main, en dévoilant l’A9 II, logique successeur de l’A9, boîtier hybride plein format, lancé au printemps 2017.

Tuons d’emblée tout suspense. Il s’agit ici plus d’une mise à niveau par rapport aux récents modèles signés Sony, que d’une réelle évolution de l’A9. Celui-ci a récemment eu droit à une mise à jour de firmware spectaculaire (V.6.00), ouvrant notamment la voie au suivi AF sur les yeux en temps réel, sur les humains comme sur les animaux. Fonction que l’on retrouve sur l’A9 II, dont le système autofocus hybride est identique à celui de l’A9, reposant sur 693 points à détection de phase et 425 à détection de contraste. Le processeur Bionz X assurerait une mise au point plus rapide et plus précise, affirme Sony, sans donner plus de précisions : est-ce valable par rapport à un A9 doté de la version 6.00 ? S’agit-il d’une nouvelle génération de processeur ? La cadence est toujours de 20 im/s en obturation électronique, avec une mémoire tampon inchangée (361 Jpeg, 239 Raw), sanslatence entre chaque déclenchement (lire notre test terrain aux 24 Heures du Mans avec l’A9). Tandis qu’en obturation mécanique, il sera désormais possible de photographier à 10 im/s. L’obturateur mécanique, repris de l’A7R IV, serait plus discret que celui de l’A9 et une nouvelle fonction anti-scintillement, plus efficace, sera de la partie. L’obturateur est donné pour plus de 500 000 cycles par Sony.

Si une hausse de la définition faisait partie des hypothétiques évolutions par rapport à l’A9, il n’en est rien. Le capteur demeure inchangé : un Cmos rétro-éclairé 24 x 36 de 24 Mpxl dit « empilé », puisqu’il comporte une mémoire tampon et un circuit de traitement du signal ultrarapide. La stabilisation sur cinq axes est toujours là, et serait un peu plus efficace (gain de 1/2 vitesse) selon Sony. Tout comme la dalle Oled, qui, étrangement, ne passe pas à 5,76 Mpts, comme sur l’A7R IV. On retrouve le viseur Oled de 3,68 Mpts de l’A9, avec un grossissement 0,78x, un dégagement oculaire de 23 mm et un taux de rafraîchissement de 120 im/s.

En fait, les principaux changements font écho à ce que l’on a vu sur l’A7R IV, dévoilé cet été. Le design de la poignée a été un brin élargi, tout comme le joystick au dos, et la touche AF-On, plus proéminente : la seconde molette sur le dessus devient ainsi totalement apparente, comme sur l’A7R IV. Alors que sur ce dernier, le capot supérieur gauche est laissé vacant, on retrouve sur l’A9 II un double barillet d’accès aux modes de mise au point ainsi qu’à différentes fonctions de prise de vue. Contrairement à d’autres reflex et hybrides pro, pas de LCD supérieur.

En revanche, la construction est renforcée, de la même manière que sur l’A7R IV, avec l’ajout de joints d’étanchéité au niveau des compartiments d’accès à la batterie ou aux cartes mémoire (toujours deux logements pour SD, compatibles UHS-II). L’A9 II sera compatible avec la poignée optionnelle VG-C4EM, également prévue pour l’A7R IV. De la même manière, la griffe porte-accessoire reconnaîtra le micro ECM-B1M (pourvu d’un convertisseur analogique vers numérique communiquant avec le boîtier), lancé en même temps que l’A7R IV.

Le reste des ajouts concerne avant tout les photographes professionnels couvrant des événements sportifs, avec un besoin de transmission de données immédiat : prise en charge de fichiers FTPS (protocoles SSL ou TLS) pour mieux sécuriser les transferts en Ethernet 1000BASE-T et WiFi ; amélioration des performances de prise de vue à distance en mode connecté via l’application Remote Camera Tool (réduction des délais de déclenchement et d’affichage en LiveView) ; vitesse de transfert en WiFi accrue et plus stable avec la bande passante 5 GHz en plus de la 2,4 GHz ; prise en charge de l’ensemble des normes IEEE 802.11a/b/g/n/ac. En outre, il sera possible d’enregistrer des informations vocalement grâce à une fonction de mémo vocal. Et de transférer ces données en même temps que les fichiers auxquelles elles correspondent en FTP. Ou les convertir en texte sous la forme de métadonnées IPTC avec l’application Transfer & Tagging add-on.

L’A9 Mark II sera commercialisé courant octobre, au prix de 5400 € nu, soit cent euros de plus que l’A9 à sa sortie. Ce dernier devrait rester au catalogue, à un prix pour l’instant non divulgué.

- Le site de Sony

Premier avis

Il y a deux manières d’accueillir cet A9 II. D’un côté, il faut reconnaître que le premier A9 est déjà un appareil très abouti, encore plus depuis la mise à jour 6.00 dont il a récemment fait l’objet. Si bien qu’il n’a pas d’adversaire parmi les appareils dépourvus de miroir. Ainsi, les menues évolutions de l’A9 II viennent consolider une position confortable, puisque dans le même temps, la gamme optique FE se développe à un rythme soutenu. Et le fait de ne pas augmenter la définition ne chagrinera pas les photographes d’agence, d’abord soucieux de transmettre des Jpeg dans l’urgence : même si les transferts devraient être plus rapides, moins il y a de mégaoctets, mieux c’est !

Il y a néanmoins une autre manière d’appréhender la sortie de ce modèle. À l’aune des évolutions observées sur de récents boîtiers – y compris chez Sony – on peut se demander pourquoi la dalle Oled ne progresse pas, alors que les Lumix S ou l’A7R IV proposent un EVF de 5,76 Mpts. Nous comprenons d’autant moins que la complémentarité entre l’A9 II et ce dernier saute aux yeux, de par leurs caractéristiques, mais aussi en raison de la compatibilité avec des accessoires communs (poignée optionnelle, micro, batterie). En vidéo, il aurait été pertinent d’incorporer des profils Log et de proposer une sortie 10 bits, pour répondre aux Lumix S. Mais gageons qu’un successeur de l’A7S II vienne bientôt combler ces manques, déjà observés sur l’A7R IV.

Au final, l’A9 II doit être pris tel qu’il est : un hybride professionnel, pour les professionnels. Ces évolutions répondent donc d’abord aux requêtes et attentes adressées par les utilisateurs, dont la majorité prendra position autour des stades et terrains de jeux, à Tokyo, en 2020.

Fiche technique

  • Capteur : Cmos Exmor RS 23,8 x 35,6 mm de 24 Mpxl
  • Définition maximale : [3/2] 6000 x 4000 pixels
  • Monture/Coefficient : Sony FE (1x)
  • Sensibilités : 100-51 200 Iso (50 - 204 800 Iso en mode étendu)
  • Vidéo : 4K UHD 3840 x 3160 pixels à 25 im/s (100 Mbps)
  • Formats de fichiers : Jpeg, Raw, XAVC S, AVCHD, MP4
  • Protection du boîtier : oui
  • Stabilisateur : oui (cinq axes)
  • Visée : Oled 3,68 Mpts, grossissement 0,78x, dégagement oculaire de 23 mm, taux de rafraîchissement 120 im/s
  • Moniteur : 7,5 cm, 1,44 Mpts, tactile et orientable (107° vers le haut, 41° vers le bas)
  • Flash intégré : -
  • WiFi/Bluetooth/GPS : Oui (NFC)/Oui (norme v. 4.1)/-
  • Autofocus : 693 points (détection de phase), 425 points (détection de contraste) ; sensibilité à -3 IL sur le collimateur central
  • Vitesses : 1/8 000s à 30 sec (obturateur mécanique) ; 1/32 000s à 30 sec (obturateur électronique) ; synchro X à 1/250s
  • Rafales : 20 im/s en mode électronique (361 Jpeg, 239 Raw) ; 10 im/s avec obturateur mécanique
  • Balance des blancs : Auto / Lumineux / Ombragé / Nuageux / Incandescent / Fluorescent (Blanc chaud / Blanc froid / Blanc lumineux / Lumière du jour) / Flash / Sous-marin. Température de couleurs (2 500 à 9 900 K) et filtre de couleurs (G7 à M7 (57 paliers), A7 à B7 (29 paliers)) / Personnalisé
  • Stockage : Port 1, emplacement pour carte mémoire SD (UHS-I/II) ; Port 2 : Memory Stick Duo ou SD (compatible UHS-I)
  • Interfaces : Micro USB (high-speed), micro 3,5 mm, casque 3,5 mm, synchro flash, micro HDMI (type D), port Ethernet 1000BASE-T
  • Alimentation : NP-FZ100
  • Dimensions/Poids : 128,9 x 96,4 x 77,5 mm/678 g

Cet article vous a plu ? Notez le et partagez le sur les réseaux sociaux !



Commenter cet article

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Messages