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Sony Alpha 77 II : tout pour l’autofocus

01/05/2014 | Franck Mée

Près de trois ans après le très réussi Alpha 77, Sony présente son nouveau reflex expert, l’Alpha 77 II. Comme son nom l’indique, il s’agit d’une mise à jour plus que d’une révolution, la principale différence venant du système autofocus qui dépasse désormais les références du segment.

Présentation

Il fut un temps où Sony multipliait les modèles, lançant tous les six mois des gammes complètes de boîtiers très proches — jusqu’à six reflex amateurs en même temps au temps des Alpha 230, 330, 380, 450, 500 et 550 ! Depuis quelque temps, la mode est au contraire à la rationalisation : le rythme des renouvellements s’est adouci et le nombre de références a diminué, au point que 2013 n’a connu qu’un seul lancement en monture A : l’α58.

Désormais seul modèle amateur, celui-ci devait logiquement être épaulé par un grand frère destiné aux photographes plus avancés, reprenant le flambeau des vieillissants α65 et α77. Voici donc le Sony Alpha 77 II — deuxième exemple de "Mark II" à la Sony après le RX100 II.

Statu quo physique

L’α77 était un reflex très réussi, qui avait su faire table rase de l’héritage Minolta (encore bien visible sur le précédent α700) et inaugurait le premier viseur électronique Oled réellement comparable à un viseur optique de gamme équivalente — large, précis, fluide et exempt des déchirures colorées des précédents LCoS et LCD. Le boîtier généreux offrait une prise en main confortable et une ergonomie réussie, avec quelques originalités appréciables comme la liberté inégalée de mouvement de l’écran LCD.

Sony n’avait donc pas de pression particulière pour réviser le boîtier de son appareil et, sans surprise, l’α77 II reste extrêmement proche de son prédécesseur. Le châssis est tout simplement identique et les retouches sont limitées à quelques détails : la molette des modes est dotée d’un verrouillage, l’illuminateur autofocus a disparu, l’écran ajoute des sous-pixels blancs pour être plus lumineux (mais la définition réelle est inchangée), et c’est à peu près tout… Même les rares détails qui pouvaient agacer, comme le bouton vidéo affleurant facile à enfoncer accidentellement, ont été conservés.

On notera tout de même la retouche de la griffe flash, qui adopte le standard Iso et les connexions complémentaires Sony : flashs bien sûr, mais aussi torches et micros stéréo compatibles sont proposés. Un quart de siècle après le Dynax 7000i, nous pouvons donc sans regret dire adieu à la griffe spécifique Minolta, sauf pour les quelques fortunés qui souhaiteraient s’offrir un Hasselblad Lunar.

Retouches dans l’air du temps

L’évolution est évidemment plus marquée à l’intérieur. L’α77 II adopte logiquement le nouveau système de menus unifié des Alpha en monture A, des Alpha en monture E (anciennement NEX) et des Cyber-shot haut de gamme, qui a du bon (un système d’onglets et de pages très lisible et un menu rapide entièrement personnalisable) et du moins bon (un manque de hiérarchisation et certains paramètres éparpillés au lieu d’avoir des pages dédiées).

Il adopte aussi la connexion WiFi, désormais un standard chez Sony, et perd au passage le récepteur GPS : la localisation passera désormais par le smartphone. Petite déception : au contraire des HX60, HX400, α5000, α6000 et α7, le nouvel α77 II ne sera pas compatible avec les applications PlayMemories… Plus grosse déception (mais pour être honnête, ce n’est hélas pas une surprise) : en l’absence d’écran tactile, configurer le WiFi va toujours demander de passer par un clavier virtuel et une utilisation intensive du joystick. Enfin, le capteur et le traitement d’image ont subi quelques retouches, permettant de retrouver les 25 600 Iso, mais la définition ne change pas et reste à 24 Mpxl.

Vraie nouveauté : l’autofocus

Les menus et le WiFi, c’est finalement relativement secondaire à ce niveau de gamme. Il y a un domaine où Sony méritait de progresser : l’autofocus. Son module à 19 points n’était pas mauvais et proposait même un suivi largement supérieur aux précédents modèles, mais les Nikon de la même gamme étaient tout simplement sur une autre planète : le D7100 utilise à peu de choses près le même module que le D4s !

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Bleu : détecteurs linéaires ; vert : détecteurs en croix ; rouge : détecteur optimisé f/2,8.

Sony n’y est pas allé par quatre chemins et utilise désormais également un module "matrice", dont les détecteurs de phase quadrillent une bonne partie de l’image. L’ensemble compte ainsi 79 collimateurs, dont 15 en croix et un optimisé pour les objectifs ouvrant à f/2,8 ! Le record est battu, Nikon restant à 51 points, Canon à 61 (réservé aux appareils 24x36 mm comme l’EOS 5D Mk III) et Ricoh-Pentax à 27 (mais avec un record de collimateurs croisés : 25).

La détection et le suivi de sujet héritant en outre de trois ans d’évolution des algorithmes (mise au point sur l’œil, limitation de la plage de distance…), l’α77 II devrait proposer un autofocus sensiblement plus efficace, en particulier sur des sujets mobiles. Corollaire : le nombre de réglages explose, avec la possibilité de gérer la réactivité du suivi de sujet pour éviter de faire des allers-et-retours entre ballon et joueur ou au contraire coller au moindre mouvement dans le cadre. Plus efficace donc, mais aussi plus complexe, l’autofocus rejoint effectivement les références des boîtiers sportifs…

Cela permet tout de même un accroissement de la rafale : le cap des 12 im/s, que l’α77 n’atteignait que dans un mode spécifique bloquant certains paramètres, est désormais franchi avec autofocus continu.

Vidéo : l’étonnant parent pauvre

L’α77 était à son lancement la référence absolue en vidéo, avec son autofocus continu efficace y compris sur des sujets rapides (son miroir semi-transparent permet d’utiliser le module reflex pendant le tournage, au contraire des reflex à visée optique) et son enregistrement en 1080p50 avec un son stéréo, rare à l’époque. L’avance était telle qu’à ce jour, l’EOS 70D reste le seul "vrai" reflex capable de le concurrencer !

Sony pouvait en profiter pour enfoncer le clou et faire de son α77 II la référence des années à venir. Pour cela, il aurait suffi d’intégrer une nouveauté apparue ailleurs sur la gamme : l’ultra haute définition. Las, celle-ci reste l’apanage de l’α7s (avec enregistreur externe), de l’AX100 et des caméras professionnelles, ce qui laisse le champ libre au Panasonic GH4 pour ceux qui souhaitent tourner des films 4K sans s’encombrer ni se ruiner. L’α77 II n’adopte même pas certains ajouts de l’α99, comme la molette de réglage silencieuse dédiée à la vidéo — qui aurait pu faire pardonner l’absence d’écran tactile pour modifier discrètement un réglage pendant le tournage.

Finalement, en vidéo, les deux mises à jour de l’α77 II portent sur le contrôle des micros et la sortie HDMI non compressée. Pas de quoi se démarquer réellement et pour le reste, sa HD 1080p à 60 im/s est aujourd’hui très ordinaire, le son stéréo est généralisé… L’autofocus continu devrait rester à l’avantage du Sony, mais dans ce domaine Canon s’est beaucoup rapproché — et l’EOS 70D dispose, lui, d’un écran tactile pour choisir le point ou changer quelques réglages sans perturber la bande-son !

Dans l’ensemble, les évolutions apportées à l’α77 II semblent donc plus viser les photographes que les vidéastes, situation étonnante pour une architecture dont les avantages en vidéo sont bien connus et chez une marque pionnière de la 4K grand public.

L’α77 II sera lancé fin mai pour 1 200 € nu (1 800 € avec le 16-50 mm f/2,8), un tarif conforme aux autres reflex experts actuels.

- Le site de Sony

Premier avis

L’α77 était un appareil de rupture technologique, un démonstrateur du bien-fondé du miroir fixe semi-transparent : rafale ultra-rapide, vidéo au sommet du moment, autofocus efficace dans les deux cas, viseur plus large que les concurrents directs et à peine moins fin, et record de définition.

L’α77 II ne renouvelle pas la performance ; au contraire, il rentre dans le rang. La seule vraie évolution est l’autofocus, qui devrait sensiblement gagner en efficacité et en faire un concurrent de modèles professionnels ; mais il s’agit surtout de répliquer à l’avance prise par Nikon. Sony fait l’impasse sur plusieurs technologies pourtant largement maîtrisées en interne (écran tactile, vidéo 4K, etc.) et ne semble plus chercher à distancer la concurrence. Du coup, l’α77 II est un reflex expert assez ordinaire, qui ne devrait receler aucune mauvaise surprise… mais pas non plus d’avantage marquant.

Fiche technique

- Capteur : Cmos 15,6 x 23,5 mm, 24 Mpxl
- Protection du boîtier : Antiruissellement
- Stabilisateur : Mécanique
- Anti-poussière : Oui
- Wi-Fi : Transfert de fichiers, contrôle à distance, géolocalisation
- GPS : -
- Définition maximale : [3/2] 6000 x 4000 pixels
- Vidéo : 1080p (24, 25, 30, 50 ou 60 im/s, H.264)
- Prise de son : Stéréo
- Sensibilités : Auto, 100-25 600 Iso
- Formats de fichiers : Jpeg, Raw, AVCHD, MP4
- Espace de couleurs : AdobeRGB, sRGB
- Monture : Sony / Minolta A
- Coefficient multiplicateur : 1,5x
- Autofocus : Module reflex à corrélation de phase TTL
- Collimateurs AF : 79 dont 15 croisés et 1 f/2,8, sensibilité -2 IL
- Illuminateur AF : oui
- Mise au point  : Autofocus simple, continu, automatique ; manuelle (avec peaking)
- Mode d’exposition : Auto, P, A, S, M, personnalisé (3)
- Plage d’exposition : -2 à 18 IL
- Mesure de l’exposition : Par le capteur principal sur 1200 zones
- Compensation d’exposition : +/- 5 IL par 1/3 ou 1/2 IL
- Bracketing d’exposition : NC
- Vitesse : 1/8 000 à 30 s
- Vitesse de synchro X : 1/250 s
- Rafales : 3, 8 ou 12 im/s sur 26 Raw+Jpeg
- Balance des blancs : Auto, préréglée, mesurée, kelvin
- Prise flash : Griffe (TTL Sony), prise synchro-X
- Flash intégré : NG 12 à 100 Iso
- Visée : Oled 2,36 Mpts, 1,09x
- Moniteur : LCD 3" / 1,22 Mpts, orientable latéralement et verticalement
- Écran LCD de contrôle : Oui
- Modes d’affichage : NC
- Stockage : 1 slot MS Duo ou SD-SDXC (UHS-I)
- Interfaces : USB 2, alimentation, HDMI, micro, synchro X
- Accessoires fournis : NC
- Alimentation : accu Li-ion NP-FM500H
- Dimensions / poids  : 142,6 x 104,2 x 80,9 mm / 726 g (avec accu et carte mémoire)

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  • POUR 20 % DE BUDGET EN PLUS, ON A UN FULL FRAME.

  • Je n’ai jamais dit que c’était équivalent. En fait, je me suis trompé : on peut trouver des alpha FF au meme prix que celui ci.....

  • Le jour où Sony produira des optiques aussi bonnes et bien fabriquees que les Fujinon, alors peut etre commencera t on à regarder les reflex Sony avec d’autres yeux. Ce fameux 16-50 est loin d’être a la hauteur comparé au Fuji 18-55. Depuis des années, c’est toujours le meme probleme. Ou bien, nous avons des optiques plastoches TRES moyennes, ou alors nous avons des mastodontes en acier trempé qui sont lourdes, encombrantes et qui coutent trois fois le prix des autres...... Quand Sony comprendra-t-il ???

  • Je suis assez d’accords sur le problème de la gamme d’objectifs NEX même s’il y en a de très bon.

    Pour Fuji c’est loin d’être idyllique grosses trop grosses optiques avec une ergonomie et une réalisation en "phase d’apprentissage", sauf coté marketing et coté boitiers ce n’est pas non plus parfait.

  • @4 Le 16-50 F2.8 de Sony est excellent, il a reçu bon nombre de critiques positives. Je l’ai possédé pendant plusieurs années et n’ai rien eu à lui reprocher.
    De plus, le 18-55 F2.8-4 de Fuji est plus cher mais n’a ni l’ouverture constante, ni le vrai grand angle équivalent 24mm.

  • Ayant l’alpha 77 première version, je ne suis pas tout à fait d’accord avec votre analyse :
    ne plus avoir de GPS est regrettable pour ceux qui font des photos de la nature, enregistrer les données sur un smartphone est stupide à moins point de vue, le wi-fi n’a que peut d’utilité comparativement.
    Le micro aurait pu avoir une sélection « environnement/directif (vers le sujet, en suppriment l’arrière) »
    L’éclairage de l’écran du dessus ne servait à rien puisque les données sont lisibles dans le viseur ou écran.
    Le bouton vidéo « facile à enfoncer accidentellement » … mouais, cela ne m’est jamais arrivé après des milliers de prises de vues. Qui a les doigts qui traînent à voter du viseur ? Il ne serait pas facile à utiliser que cela serait reproché ! Les reproches sur la vidéo sont déplacés, il ne faut pas oublier que c’est un appareil photo !
    La « griffe flash » changée pour une aux standards ISO était attendue par les utilisateurs Minolta depuis des lustres ! Ne plus devoir ajouter un accessoire sera un confort appréciable. Mais ceux qui comme moi ont des accessoires Minolta devront acheter des griffes faisant l’inverse.
    Le menu … puf, il y a aura toujours à redire, qui l’utilise souvent ? Une fois compris : roule ma poule ! l’écran tactile ? Bof, idem que pour le menu, et il ne faut pas oublier que beaucoup de paramétrage sont accessible dans le viseur par l’intermédiaire des boutons et molettes du boîtier. (je le fais)
    La liste pourrait continuer, mais est-ce nécessaire ?

    – les évolutions apportées à l’alpha α77 II semblent donc plus viser les photographes que les vidéastes –

    N’est-ce pas normal pour un boîtier photo ? !
    Je ne changerai pas mon boîtier pour celui-ci.

    Mis à part ce boîtier :
    le « gros regret » est qu’il n’y ait pas d’œilleton pare-soleil, ceux de Minolta ne montent pas sur le Sony.