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Sony RX100 VI : premières impressions

08/06/2018 | Benjamin Favier

Les premiers essais effectués avec le dernier-né de la gamme Cyber-shot attestent d’évolutions réelles par rapport au précédent modèle, à commencer par une polyvalence accrue… mais aussi de quelques régressions, parfois surprenantes.

On ne peut pas vraiment parler de remplaçant. Sony propose toujours à son catalogue tous les RX100 sortis depuis 2012. Ce Mark VI se positionne ainsi au dernier étage de la tour, où il fait même plutôt figure de boîtier complémentaire du RX100 V, ce dernier étant pourvu d’un zoom plus lumineux, soit un 24-70 mm f/1,8-2,8. Alors que le Mark VI inaugure un 24-200 mm f/2,8-4,5 en équivalent 24 x 36. Focus sur les principales différences.

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Le RX100 VI a droit à un zoom 24-200 mm, la plus large plage de focale de la série de compacts experts à capteur 1 pouce Sony.

Zoom 8,3x

Changement de philosophie. Le RX100 VI troque le transstandard lumineux de ses aînés pour un zoom de plus grande amplitude. Mais là où Panasonic propose un 24-360 mm f/3,3-6,3 sur son TZ200, compact Lumix à capteur 1 pouce, Sony la joue plus modeste, misant sur un 24-200 mm f/2,8-4,5. En s’appuyant sur une stabilisation optique, censée faire gagner quatre vitesses, d’après la marque nippone. Mais le fait de passer d’un 24-70 mm à un 24-200 mm accroit nettement la polyvalence du boîtier et le place dans la catégorie des modèles susceptibles de séduire les voyageurs en quête d’un appareil « tout-en-un ».

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Photo prise à 24 mm (équivalent 24x36).
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Photo de la même scène prise à 200 mm (équivalent 24x36).

Gabarit et design identiques

Même longueur, même hauteur. Seule l’épaisseur du Mark VI accuse quelques millimètres et grammes en plus par rapport à la génération précédente : 42,8 mm et 301 g ; contre 41 mm et 299 pour le Mark V.

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En apparence le RX100 V, à gauche, et le RX100 VI, à droite, sont identiques…

Toujours pas de grip en façade. Il existe un accessoire optionnel, compatible avec la série RX100, que l’on aimerait bien voir figurer parmi les éléments fournis dans la boîte… Quant à la construction, certes de bon aloi, elle ne bénéficie toujours pas de joints d’étanchéité. Pour un appareil vendu 1 300 € et visant les voyageurs, c’est dommage.

LCD tactile

Il aura fallu attendre la sixième génération de RX100 pour que le LCD soit pourvu d’une fonction tactile. Sony n’a pas été plus réactif sur les A7, puisque seuls les écrans des A9, A7R III et A7 III y ont droit.


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Il est possible d’utiliser le LCD comme un trackpad, pour sélectionner les collimateurs AF, en fonction de la zone définie dans les menus.

Il est ainsi possible de faire la mise au point (tout en ayant l’œil dans le viseur, le LCD faisant office de trackpad), voire déclencher, sans le moindre bruit, en tapotant l’écran. En revanche, pas de navigation du bout du doigt dans les menus, ni d’usage en mode Lecture.



Plus articulé, moins défini…

Orientable sur la série RX100 depuis le RX100 Mark II, l’écran LCD gagne en agilité par rapport au Mark V : il est toujours possible de l’articuler à 180° vers le haut, mais désormais, il peut être incliné à 90° vers le bas. Étonnant en revanche, la définition a été revue à la baisse, passant de 1,22 Mpts à 921 kpts. Sans que Sony fournisse plus d’explication.

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En actionnant l’interrupteur dédié, le viseur est immédiatement opérationnel, alors qu’il fallait l’extraire en deux temps sur les précédentes générations de RX100 pourvus d’un EVF.
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Ce n’est pas nouveau, mais il s’agit d’une fonction plutôt cachée ; il est possible de décider si le fait de mettre le viseur au repos éteint ou non l’appareil.

Extraction plus fluide

Le viseur Oled est identique à celui du Mark V. Définition de 2,36 Mpts et grossissement 0,59x en équivalent 24 x 36. Cependant, son extraction s’avère plus intuitive sur le Mark VI : en l’appelant via le curseur dédié sur le flanc gauche de l’appareil, il est immédiatement opérationnel. Nul besoin de l’ouvrir comme un tiroir dans un second temps, comme c’est le cas sur le Mark V. L’extraction met l’appareil sous tension. Il est possible de choisir dans un menu si l’on souhaite que l’appareil s’éteigne lorsqu’on range le viseur.

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Extrait à 100% de la photo ci-dessus, prises à 6400 Iso, en Jpeg. On note un lissage important des détails. Nous avions conseillé de ne pas dépasser 3200 Iso en Jpeg avec le RX100 V, et idéalement, de photographier en Raw au-delà de 1600 Iso, pour conserver un maximum de détails. Il en sera vraissemblablement de même avec le RX100 VI. À confirmer avec une version définitive du boîtier.

24 im/s

Il ne s’agit pas du mode vidéo. Mais bien de la cadence, qui passe donc de 20 im/s sur le Mark V – qui faisait jeu égal avec l’A9 – à 24 im/s sur le Mark VI. Avec une mémoire-tampon qui engrange quelque 233 vues en Jpeg. La digestion des fichiers ne gèle pas l’accès aux menus et n’empêche pas de déclencher à nouveau (seul l’accès aux modes de prise de vue, sur la gauche du pad, est alors proscrite).

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Avec une Rafale de 24 im/s, l’editing s’annonce fastidieux…

Par contre, la limitation à la norme UHS-I, pour ce qui est de la compatibilité avec les cartes SD, est surprenante, dans ces conditions. D’aucuns n’auraient que faire d’une rafale à 24 im/s, il existe deux voies intermédiaires, plus « humaines », respectivement à 10 et 3 im/s.

Autonomie perfectible

Cet aspect figurera d’emblée parmi les points à surveiller, lors de notre test. Mais les premières heures passées avec le RX100 VI n’augurent pas de miracles. La batterie NP-BX1 est reconduite. Avec une autonomie annoncée à 240 vues (avec le LCD) ou 220 (avec le viseur) par Sony selon les normes CIPA, nous regrettons toujours l’absence d’un chargeur indépendant dans la boîte : il faudra mobiliser l’appareil pendant le temps de charge en USB.

Du coup, nous conseillerons d’emblée d’investir dans une seconde batterie et un chargeur secteur, ce qui allonge la facture d’une bonne centaine d’euros. Mais sera indispensable pour ne pas être pris de court en déplacement, surtout dans l’optique de sessions vidéos, de sollicitation du mode Rafale, de partages récurrents avec l’application PlayMemories Mobile ou de recours systématique au viseur extractible…

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Malgré la distance par rapport au sujet, la fonction Eye AF a bien accroché le regard de la femme, au moment de la mise au point.

Raw : pas de développement en interne

Sony persiste et signe. Il n’est toujours pas possible d’éditer les fichiers bruts sur le boîtier. Étonnant, sur un boîtier à vocation experte, alors qu’on pourrait changer de format (1:1 par exemple) ou de colorimétrie, et partager des Jpeg ainsi travaillés, vers Play Memories Mobile ; en l’état, il est toutefois possible de transférer des fichiers Raw vers l’application.

Filtre ND out

Voilà un absent remarqué ; après avoir été intégré sur les RX100 IV et V, le filtre ND 3 disparaît sur le RX100 VI, sans la moindre justification de la part de Sony. Autant il sera possible, en prise de vue fixe, de solliciter le mode électronique (1/32 000s) en cas de trop forte luminosité, alors que l’obturateur mécanique culmine seulement à 1/2 000s ; autant en vidéo, un filtre ND reste indispensable pour avoir une marge de manœuvre suffisante au niveau des réglages, notamment l’ouverture.

Pour qui ?

C’est la grande question. Le RX100 VI vise les grands voyageurs et photographes experts souhaitant bénéficier d’un boîtier de poche polyvalent, tout en conservant une bonne qualité d’image. Et sur le papier, ce modèle constitue un intéressant compromis, avec son nouveau zoom 24-200 mm f/2,8-4,4. Mais le tarif de 1 300 € le place hors de portée de la majorité des utilisateurs… qui du coup, lorgneront vers les générations antérieures de RX100, toujours au catalogue, et dont la plupart des caractéristiques demeurent tout à fait au goût du jour (le RX100 III n’est par exemple pas dépassé). Reste que l’optique du RX100 VI en fait un membre à part, parmi les autres modèles de la série. Nous aurions tout de même préféré un tarif situé sous le millier d’euros…

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La distance minimale de mise au point passe de 5 à 8 cm, au grand-angle, par rapport au RX100 V. À 200 mm (équivalent 24 x 36), elle est de 1 m, ce qui permet de jouer sur la profondeur de champ.

Nous devrions recevoir un exemplaire définitif du boîtier très rapidement ; rendez-vous dans notre numéro double estival (numéro 108, en kiosque mi-juillet) pour un test complet, aussi bien dans le domaine de la photo que de la vidéo.

- Le site de Sony

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Messages

  • Quand la photo devient un gadget technologique...
    Obtez pour un vrai appareil qui tient bien dans la main. /

  • Suis tout à fait d’accord avec @1. Cet appareil et ceux de la série rx 1 aussi d’ailleurs ont les mêmes problèmes : une tenue en main déplorable et une batterie indigne pour l’inventeur des Stamina.
    Pour moi, le meilleur appareil voyages reste l’omd em 1 avec un 12-100 même si son encombrement est plus important.

  • Les éditeurs de revues photographiques seraient bien inpirés de parler vrai plutôt que de se faire relais d’annonces commerciales sans intérêts dans le domaine de la photographie...
    Un tel appareil est ridicule pour un utilisateur qui souhaite capturer sur le vif des scènes sans avoir à batailler avec un outil à l’ergonomie digne d’une usine à gaz.
    C’est un produit de "niche à puces" pour bobos amateurs qui ne savent plus comment dépenser leur argent.

  • @Benjamin Favier & la rédaction
    En lisant votre article, on se demande si les journalistes ne croient pas au Père Noël !
    Contrairement à ce que pense LMDP, on ne pouvait pas s’attendre à ce que Sony propose un tarif < 1000 € pour ce compact. Pourquoi ?
    - Parce que la série RX 100 marque une évolution graduelle dans la complexité technologique proposée à la clientèle.
    Or les évolutions constatées depuis le RX100 sont impressionnantes :
    *Passage du zoom 28-100/1.8-4.9 à un 24-200/2.8-4.5 ....pour une différence de 60g !
    (Pour garder un poids/compacité convenables, Sony fait un usage massif de lentilles asphériques (8 selon eux !).

    *Passage d’un capteur Exmor-FSI à un Exmor-BSI....puis un Exmor-BSI empilé

    *Passage d’une visée sur écran (RX 100 Mk I) à un compact équipé d’un EVF escamotable, une première mondiale !

    *Une qualité d’image qui reste de haut niveau à 400-800 isos (La série RX 100 figure parmi les compacts les mieux notés par DxO par exemple)

    - Parce que le RX100 Mk V était déjà proposé 1200 € à sa sortie et on imagine mal Sony brader sa technologie.

    - Parce que le marché des compacts est une niche et qu’ils doivent amortir la R&D et "gérer" les invendus.
    Du temps de l’argentique (je vous invite à consulter les archives !), le prix des compacts "high end", proposés
    à la fin du siècle dernier(Nikon 28 Ti, Minolta TC1,etc...), était extrêmement élevé ( 8000 Frs de l’époque si j’ai bonne mémoire)...pour des performances bien inférieures...

    - Parce que la série RX100 se veut le nec plus ultra des compacts...et, amha ,Sony n’a pas de vrai concurrent sur ce créneau (Le Panasonic TZ200 n’a pas le même niveau technologique).
    Canon, qui occupait auparavant ce créneau, ne parvient toujours pas à revenir malgré son G1x Mk III (pas de capteur BSI)...

  • La perte de définition de l’écran ainsi que la disparition du filtre gris sont les lacunes que je reprocherai pour l’instant en attendant d’avoir de plus amples informations sur la qualité optique du zoom à toutes les distances focales et ouvertures, sa rapidité pour faire la map en passant de 24 à 200mm...

    Si des tests plus poussés s’avèrent concluants, le rajout d’un petit grip (une vingtaine d’€) + une ou deux petites batteries compatible dans la poche (+ un chargeur lui aussi compatible pour un surcoût modique) devraient suffire au voyageur qui ne veut pas s’encombrer tout en préservant une qualité d’image satisfaisante et des fonctions avancées comme la map sur l’œil sont redoutables d’efficacité et à mille lieux du gadget contrairement à ce que peuvent penser ceux qui n’ont pas essayé cette fonction. Le suivi AF compte tenu de la technologie innovante de son prédécesseur qui était lui même précurseur de l’AF vu vaisseau amiral A9 devrait aussi creuser l’écart avec la concurrence qui retiendront celui-ci, voire un Panasonic...
    Si la proposition Olympus avec l’excellent 12-100 devrait normalement permettre une QI encore meilleure dans la majorité des cas ; l’encombrement et le poids resteront un frein pour la clientèle des compacts.

  • @thierry
    Le 12-100 Zuiko excellent ? Tout est relatif, hein !
    Les tests réalisés par certains (photozone) montrent que l’optique souffre en bout de range.
    C’est un peu normal pour un zoom de range 8x.
    Sinon, vous faites bien de comparer ce compact de 300g avec un équivalent MFT car la différence de qualité d’image entre les 2 n’est pas forcément significative (ou importante, c’est selon.)
    Le gros avantage du RX100, c’est de disposer d’un capteur BSI contrairement aux capteurs disponibles en MFT.
    Ces capteurs BSI ont la particularité de mieux exploiter les paires de lignes des optiques.
    Des tests réalisés par DxO montrent d’ailleurs des gains significatifs (env.40% en définition P-MP) entre un capteur FSI et un capteur BSI de définition comparable...
    Le capteur BSI peut donc compenser la réduction de format d’un facteur x1.36 sur la définition.

    À vrai dire, il faudrait faire un test comparatif entre les 2 formules mais je suis à peu près sûr que le RX 100 VI n’a pas grand chose à envier à un ensemble OMD-EM1 Mk II + 12-100/4 sur la qualité d’image (définition).

    Idem pour ce qui est de la sensibilité où le capteur BSI à un rendement de 40% supérieur à un capteur MFT conventionnel. Sur le paramètre "Low light", un capteur de RX 100 VI devrait tourner autour de 600 isos
    alors que les capteurs MFT tournent généralement autour de 800 isos...
    Le zoom Sony en ouverture vaut f/2.8-4.5 Vs f/4 pour le zoom Oly.
    En clair, ça veut dire que le zoom Olympus est BATTU sur une partie du range en termes photométriques !
    Je vais finir par croire que la grenouille 1" peut se faire aussi grosse que le boeuf MFT !!!

  • Des samples du RX100 Mk VI sont déjà disponibles sur le net et ils ne sont pas mauvais.
    Bien sûr, il s’agit de samples "orientés". On peut voir malgré tout quelques faiblesses du zoom sur certains clichés.
    Pour un zoom pliant de range 8x, that’s not too bad...

    Personnellement, j’ai tendance à croire que les compacts 1" et autres bridges 1" , malgré leur prix, constituent un frein au développement du MFT pour ceux qui n’ont pas envie de s’em*** avec un système à optiques interchangeables.

    On a déjà vu ça dans l’histoire.
    Au début des années 80’, les ventes de reflex se sont tassées du fait de l’arrivée des compacts argentiques AF
    qui leur causaient du tort.
    Bien sûr, les fabricants de reflex ont réagi et les consommateurs sont revenus aux bercails en pleurant...

    Aujourd’hui, la situation est un peu différente en ce sens que Sony maîtrise la technologie BSI pour ses compacts 1"
    et , bien évidemment, ils refusent (aux dernières nouvelles !) de vendre cette technologie aux acteurs du MFT.
    C’est de bonne guerre...

  • Question aux spécialistes du capteur BSI : Est-ce que Nikon est propriétaire du capteur ff BSI qui équipe le D850 ?

  • @EOS-M5
    Ce qui est sûr, c’est que ce n’est pas un capteur Sony !
    Il me semble qu’on a parlé de Jazz (la boîte israëlienne qui a racheté la fonderie à Panasonic)...
    Les perfs du capteurs ne valent pas celles d’un "vrai" capteur Sony et il a été clairement surnoté par DxO...

    J’adore l’histoire d’amour entre Nikon et Sony : Je t’aime...moi non plus !
    En gros, Nikon aimerait bien larguer Sony mais ils z’y arrivent pas !!!
    Z’ont déjà essayé avec les Nikon Nain en adoptant des capteurs ricains FSI avant de revenir dare-dare au capteur BSI 1" Sony . Trop tard, les compacts /bridges ont bouffé les PDM du Nikon Nain et le format 1 est "en sommeil" pour reprendre l’expression officielle.Selon une certaine mauvaise langue bien connue, il s’agirait plutôt d’un coma dépassé...
    Entre Nikon et Sony, ce n’est plus de l’amour, c’est d’la rage ! ;-)

  • "Nous devrions recevoir un exemplaire définitif du boîtier très rapidement ; rendez-vous dans notre numéro double estival (numéro 108, en kiosque mi-juillet) pour un test complet, aussi bien dans le domaine de la photo que de la vidéo."
    On s’en moque quelque peu car ce genre de boîtier qui au premier regard pourrait sembler proche du Graal n’est qu’un représentant du savoir-faire Sony en matière de miniaturisation mais en aucun cas un appareil productif pour photographes exigeants.