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Sony SEL 20 mm f/1,8 G : premier test

25/02/2020 | Jean-Marie Sépulchre

Sony a annoncé ce jour la commercialisation en mars de son nouvel objectif grand-angle très lumineux en monture E au format 24 x 36, le 20 mm f/1,8 G. Nous avons eu la chance de pouvoir le prendre en main quelques jours avant cette annonce et nous avons même bénéficié d’un rayon de soleil pour le confronter à notre test de briques en plus du test de mire.

Sony diffuse trois gammes en monture E, les optiques de base, les hauts de gamme G, et les très hauts de gamme GM, mais l’on dispose aussi d’optiques Zeiss. En très grand-angle de focale fixe on ne disposait jusqu’alors que du 24 mm f/1,4 GM, et même si le 12-24 mm f/4 est d’excellent niveau sa luminosité est limitée. Pour du reportage un peu choc en faible lumière, ce 20 mm f/1,8 a donc beaucoup d’atouts et il est aussi une opportunité pour le tournage vidéo dans des conditions délicates.

Construit très soigneusement avec des joints d’étanchéité, malgré un poids qui reste contenu (373 g), il comporte un autofocus silencieux et précis et une bague de diaphragme « à l’ancienne » dont les cliquets peuvent être déverrouillés pour des fondus au noir en mode cinéma. L’autofocus est aussi débrayable par un commutateur, on peut opérer en mise au point manuelle sans passer par le menu du boîtier. La formule optique est constituée de quatorze lentilles en douze groupes. Il est livré avec son pare-soleil, ses bouchons, et un étui souple. Il sera commercialisé en avril au prix estimé de 1100 €.

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La bague de diaphragme dispose d’un crantage débrayable.

Le piqué

Nous avons opéré nos mesures habituelles sur mire avec le logiciel DxO Analyzer v.7, l’objectif étant utilisé avec un boîtier A7 R III de 42 millions de pixels et les fichiers Raw traités par défaut (tirage pour papier brillant, netteté standard) par Lightroom classic. Le piqué est superlatif au centre et en zones de tiers dès la pleine ouverture, il est très bon sur les bords, mais en retrait dans les angles jusqu’à f/2,8 où il devient excellent. Carton plein pour le reportage donc, et l’on peut penser que l’on fera rarement du paysage à pleine ouverture. En vidéo cadrée 16:9, les angles sont de toute façon en dehors de l’image. Entre f/4 et f/8, le piqué est superlatif sur tout le champ et reste de haut niveau à f/11. On évitera f/16, car la diffraction diminue le rendement, avec une telle focale la profondeur de champ sera déjà impressionnante sans autant fermer le diaphragme.

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Carte de piqué pour un format de tirage 53 × 80 cm.
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Histogramme de piqué pour un format de tirage 53 × 80 cm.

Les défauts optiques

Malgré la correction automatique on note un léger assombrissement dans les angles à pleine ouverture (0,6 IL) qui disparaît en fermant à f/2,8, mais en revanche la distorsion reste très discrète avec une valeur de -0,08 % peu discernable en pratique. L’aberration chromatique est très bien contenue avec une frange maximale de 0,6 pixel.

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Vignetage et distorsion (grossie ×5).

Le test des briques

Bénéficiant d’un beau soleil pourtant rare en février 2020 en Normandie, le test confirme le niveau superlatif du piqué en zone centrale dès la pleine ouverture. On note que les détails des angles présentent un aspect un peu « tremblé » à 100 % écran, mais on observe là des détails d’une image beaucoup plus grande qu’elle ne le serait imprimée à 254 points par pouce. En pratique, ce défaut n’apparaît pas sur un tirage A3+. En fermant à f/5,6, la qualité de détails dans les angles devient du même niveau que celle du centre.

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Scène de test. © JMS

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Extrait 100 % écran, centre et angle supérieur droit à f/1,8. © JMS

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Extrait 100 % écran, centre et angle supérieur droit à f/5,6. © JMS

Avant de quitter notre scène de test nous avons opéré à faible distance et pleine ouverture, malgré la grande profondeur de champ d’un 20 mm le flou arrière est important.

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Mise au point rapprochée à pleine ouverture. © JMS

FICHE TECHNIQUE

- Formule optique : 14 lentilles en 12 groupes (2 Asph, 3 ED)
- Distance minimale de mise au point : 0,19 m
- Filtre : 67 mm
- Diaphragme : 9 lamelles circulaires
- Motorisation : Oui
- Stabilisateur : -
- Joint d’étanchéité : Oui
- Dimensions : 73,5 x 84,7 mm
- Poids : 373 g
- Accessoires : pare-soleil, bouchons, housse
- Fabrication : Thaïlande
- Monture : Sony E
- Prix : 1100 €

Retrouvez l’intégralité de notre test avec le verdict complet dans notre numéro 124, en kiosque mi-mars.

- Le site de Sony

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Messages

  • @JMS
    "Cet objectif est le meilleur 20/1,8 jamais testé" (dixit JMS !).
    Les murs ont des oreilles et nous aussi !
    Nikon a présenté son 20/1,8 S il y a peu de temps et risque de détrôner ce 20/1,8 G FE Sony quand il sera testé, à PO en particulier.
    Néanmoins, il est très réussi et très léger.Sony marque des points discrètement au sein de certains photographes pros et "experts". Quel progrès par rapport au premier 20/1,8 EX Sigma !

  • Tiens, tiens ... SONY commence à "faire du Nikon" (F ou Z) : une gamme d’objectifs "prime" ouvert à f/1.8 n’est donc pas une si mauvaise idée !

    Vivement une comparaison avec le Z 20 mm f/1.8 : je prends les paris que le Nikon Z sera meilleur à pleine ouverture.

  • @Philippe C
    Sony (et les autres) est un peu obligé de faire du f/1,8 , non ?
    À l’origine, les focales fixes GA/UGA avaient une ouverture de f/2,8 (ère argentique).
    Depuis quelques années les focales fixes sont concurrencées par les zooms GA f/2,8 qui sont aujourd’hui très performants dès la PO !
    Donc les opticiens sont confrontés à un choix cornélien : Poursuivre la fabrication de focales fixes en leur donnant d’autres particularités afin de rester compétitives face aux zooms :
    *Des objectifs GA ultra compacts (pancakes...) : C’est le créneau suivi par Samyang et ses 18-24-35mm

    *Des objectifs GA PLUS LUMINEUX que les zooms, donc ouverts à f/2, f/1,8 voire f/1,4 ou mieux...et avec des performances tip-top dès la PO !

    Je dirais que le choix fait par Nikon et Sony est judicieux mais risqué.
    En effet, si les piranhas répliquent (et ils le feront !), ils ne se contenteront pas d’une ouverture f/1,8. Ils iront plutôt vers du
    f/1,4 voire f/1,2 pour le même prix que les f/1,8 de marque ou un peu plus cher...
    Sigma a déjà pondu un 35/1,2 DG DN Art qui est très bien sur le papier
    et a déjà à son catalogue un 20/1,4 DG Art pour reflex.
    Amha, ils doivent bien songer à un 20/1,4 DG DN voire mieux...

  • Mais bien sûr voyons un 20 f1,4 qui pèse un kilo... quel bonheur pour un mirrorrless !

  • @2
    étant donné que personne ne va équiper son boîtier Sony d’un 20 mm Nikon, pas plus que quelqu’un ne va songer à équiper son Nikon d’un 20 mm Sony, je ne vois pas l’utilité d’une comparaison qui ne mettra en évidence que des différences faibles que personne ne verra sur un agrandissement de 60 x 100

  • @1/2
    c’est surtout son absence de distorsion qui est remarquable.

  • Bonjour,
    Le test de dxo indique une bonne qualité de piqué à pleine ouverture et excellente à 5.6 pour les angles ;alors que sur les images à 1.8 c’est franchement mauvais, et pas terrible à 5.6.Inadequation entre les tests et la réalité du terrain.

  • @8
    La note de qualité est donnée pour un tirage de 53 x 80 cm et pas pour un tirage de plus de 2 mètres de large vu à 30 cm de distance, ce qui est le 100% écran que vous voyez ci-dessus...si vous voulez vous rendre compte copier les images, assemblez les sur un format A4 sans aucun redimensionnement et faites un tirage sur papier photo, vous verrez vous même si c’est "franchement mauvais"

  • @5
    Le 20/1,8 G FE Sony s’adresse déjà à un public professionnel et geeks fortunés-passionnés.
    C’est un objectif très typé que vous ne porterez pas toute la journée.
    Sigma n’a pas hésité à commercialiser un 20/1,4 DG Art pour reflex qui pèse 950g. Et alors ?
    Si l’optique est bonne,et c’est le cas, il y a des amateurs pour sortir le carnet de chèque !
    Je m’avance peut-être un peu mais les objectifs FF en mirrorless sont habituellement plus légers que les versions reflex. Aussi n’est-il pas déraisonnable d’espérer un 20/1,4 DG DN Art Sigma au cours des prochaines années avec un poids de l’ordre de 800g et vendu au même tarif que le 20/1,4 DG Art pour reflex : 1049 € à l’époque.
    Vous aurez l’occasion de voir si les gens font la grimace sur le poids de la bête !

  • @6
    La comparaison a juste un intérêt académique, j’en conviens.
    Néanmoins, Nikon a fait le maximum pour que son 20/1,8 S soit aussi homogène que possible et l’optique
    est légèrement plus sophistiquée (1 asphérique supplémentaire) et plus lourde. Nikon a plus d’expérience que Sony sur ce créneau puisqu’ils possèdent déjà un 20/1,8 AFS G dans leur gamme reflex et que nous savons
    que leur nouveau S est "devant" à en croire la MTF publiée.
    C’est tout de même important pour un opticien de pouvoir dire à sa clientèle qu’ils possèdent la meilleure optique dans un créneau donné. Question d’image.

Les optiques Nikon