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Steve McCurry : une biographie en BD

25/10/2016 | Benjamin Favier

Fruit d’un partenariat entre les éditions Dupuis (collection Aire Libre) et Magnum Photos, cet album retrace le parcours du photographe américain. Un portrait élogieux de McCurry, avec en fil rouge l’inoubliable journée qu’il a vécue à New York, le 11 septembre en 2001…

Il s’agit du troisième tome publié dans la collection Aire Libre, aux éditions Dupuis, en partenariat avec l’agence Magnum Photos, après Omaha Beach, 6 juin 1944 et Cartier-Bresson, Allemagne 1945. Reposant sur le même principe, McCurry, NY 11 septembre 2001 part d’un fait marquant d’un point de vue historique et dans la vie du photographe, avant de revenir sur des épisodes importants de sa carrière, en mêlant clichés et dessins. À la manière de la célèbre BD Le Photographe, également éditée par Dupuis.

Ce n’est pas à New York, mais à Paris que débute le récit. Le 13 novembre 2015, Steve McCurry se trouve au Stade de France avec Frédéric, son ami galeriste dans la capitale. Les explosions autour de l’enceinte et les terribles événements survenus cette nuit-là lui rappellent ce qu’il a vécu le 11 septembre 2001, à Manhattan. « Des explosions, j’en ai entendu longtemps tout au long de ma vie, mais il y en a une qui m’obsède particulièrement… ». Ce jour-là, il inspecte des diapositives à son domicile, à Washington Square, en plein jet lag, alors qu’il est rentré du Tibet la veille. Son assistante l’alerte que quelque chose « d’impensable » est en train de se produire. Ils montent sur le toit de l’immeuble. McCurry prend quelques clichés des Twin Towers enfumées. Puis il court avec Deborah sur les lieux du drame, animé par la phrase de Capa « si ta photo n’est pas bonne c’est que tu n’étais pas assez près », qu’il se répète comme un mantra tout au long de sa carrière, lui qui s’est souvent retrouvé en première ligne lors de conflits. Et qu’il applique à sa façon : « Vous pouvez aussi interpréter cette phrase comme le fait qu’il faut être impliqué, pleinement engagé, à cet instant-là, avec le sujet, la situation. Ne pas s’en tenir éloigné ».

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Extrait de la BD McCurry, NY 11 septembre 2001.
© Jung Gi Kim / collection Aire libre

La narration revient sur des temps forts de la carrière de McCurry à coups de flashbacks, sous les crayons de Jung Gi Kim et quelque quatre-vingts clichés du célèbre photographe. L’auteur du fameux portrait de la jeune fille afghane, Sharbat Gula, qu’il a retrouvée en 2002, souligne qu’il a frôlé la mort à plusieurs reprises, notamment en Inde, à Goa, en 1984, lorsqu’il chute d’un pont vermoulu, trop absorbé par la composition de son image. Son reportage haut en couleur sur la mousson en Inde ou sa rencontre avec Massoud constituent des moments-clés de la carrière du photographe de Magnum, dans le scénario signé Jean-David Morvan (à l’origine du projet) et Séverine Tréfouël. Le recueil de deux entretiens réalisés à Londres en décembre 2015 et à Paris en juin dernier sont l’occasion d’en apprendre un peu plus sur la vision du métier de photographe selon McCurry, au travers de thématiques survolées dans le récit graphique : son rapport à l’Afghanistan, où il revient fréquemment, au noir et blanc, au voyage, au numérique… Rien sur la retouche, néanmoins, alors que McCurry s’est retrouvé au cœur d’une polémique en mai dernier. Accusé de manipulation abusive sur une photo prise à Cuba, McCurry a expliqué, dans un entretien accordé au site PetaPixel, qu’il considérait plus son travail comme du « storytelling visuel » que du photojournalisme, tout en reconnaissant qu’une erreur a été commise. Il aurait été intéressant qu’il développe son point de vue sur le traitement d’image et la postproduction dans ces pages…

Ceux qui découvriraient l’œuvre de McCurry apprécieront cette approche synthétique et efficace. Les fans n’apprendront pas grand-chose de nouveau sur ce grand photographe, s’ils ont déjà lu ses livres publiés chez Phaidon, dont Inédit, les histoires à l’origine des photographies ; mais ils se réjouiront de découvrir huit photos inédites dans le portfolio qui ponctue cet opus. La plupart sont datées de cette année et révèlent le lien indéfectible qui unit McCurry à l’Afghanistan, autant qu’à New York.

- McCurry, NY 11 septembre 2001
- Par Jean-David Morvan, Séverine Tréfouël (scénario) et Jung Gi Kim (dessins)
- Éditions Dupuis, collection Aire libre
- 136 pages
- 22,5 x 31 cm
- 24 €

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