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Superpix : le premier Cmos chinois pour reflex

23/09/2013 | Franck Mée

Superpix n’est pas le plus connu des fabricants de semi-conducteurs. Constructeur traditionnel de capteurs de téléphones, il vient de présenter un produit radicalement différent de ses habitudes : un capteur au format APS-C, adapté aux reflex et appareils industriels.

Superpix, vous connaissez ? Pour être honnête, nous non plus. C’est un fondeur chinois, qui produit habituellement de petits modules photographiques pour les téléphones. Et pas vraiment des modules haut de gamme : le gros de son catalogue est constitué de capteurs destinés à la vidéo sur les téléphones 3G, limités à 320 x 240 pxl ou 640 x 480 pxl et à des formats inférieurs au 1/8" (1,2 x 1,6 mm). Le plus gros capteur de la marque grimpe à 5 Mpxl et est au format 1/4", ce qui reste petit même sur le marché du smartphone.

C’est donc un bond de géant que Superpix réalise avec le SP8AC08 : ce Cmos est un 12 Mpxl au format APS-C. Il est donc proposé comme capteur de reflex, ce qui en fait selon son constructeur une première chinoise.

Caractéristiques ordinaires

Le reste des spécifications est assez ordinaire, avec par exemple une vitesse de lecture assez médiocre — 4 images par seconde en 12 Mpxl, c’était le standard chez les fondeurs japonais il y a déjà quelques années. Notons tout de même la présence d’un obturateur global en vidéo, qui devrait résoudre les problèmes de "rolling shutter", et la possibilité de lire directement des données brutes en fusionnant quatre à douze photosites, ce qui peut être intéressant en basse lumière et en vidéo.

Notons également que ce capteur est un peu plus grand que la plupart des APS-C : sa surface sensible fait 17 x 25,5 mm, ce qui devrait donner un facteur de conversion de 1,4 (contre 1,5 sur les capteurs Sony, Nikon, Toshiba, Sigma et consorts et 1,6 sur les capteurs Canon) ou laisser un peu de marge pour le traitement d’image aux limites du cadre.

Globalement, les spécifications de ce capteur ne font pas vraiment rêver. Il est surtout intéressant pour ce qu’il symbolise : les électroniciens chinois s’attaquent directement au marché du capteur de reflex grand public, verrouillé par les Japonais depuis que Pentax a quitté Samsung. Nous verrons dans quelques années s’ils auront réussi leur percée...

- Le site de Superpix

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  • On se demande bien quel fabricant va se risquer a équiper ses boitiers de ce capteur aux performances "qui ne font pas rêver" ?

    • Tout dépend du tarif auquel ils proposeront leur capteur, hein !
      Je me doutais que les chinois finiraient par se réveiller tôt ou tard devant le quasi-monopole des japonais.
      Le marché est hélas bien verrouillé et je vois mal les chinois tailler des croupières aux japonais avant quelques décennies (!)
      Il faudrait qu’ils passent au 24x36 mais c’est peut-être trop leur demander à court terme ?

    • Vous connaissez du matériel 100% chinois de bonne qualité ? Moi je n’en connais pas, et cela dans quelque domaine que ce soit. Leur objectif n’est pas de produire de la qualité, mais de casser les prix et d’inonder les marchés.

    • Chaque chose en son temps.
      Savez-vous ce qu’on disait de la technologie japonaise dans les années 1930’ ?
      Et puis, ne vous en déplaise, une bonne partie de la production japonaise est délocalisée ....en Chine !
      De nombreux objectifs Nikon par exemple...

      Même s’ils sont en mesure de casser les prix avec ce capteur, il reste à mettre un appareil photo autour et même des objectifs !
      À part des objectifs 24x36 (pas franchement adaptés), je ne vois pas ce qu’on peut mettre autour de ce capteur.

      Non, c’est pas encore demain la veille que les japonais seront sérieusement inquiétés par les chinois sur le marché reflex ou même mirrorless...

    • Oui et non. Il faut distinguer plusieurs aspects dans le "made in china". Premièrement, il existe des usines chinoises avec du personnel chinois MAIS des machines européennes avec du know how européen et des capitaux européens ou mixtes. Ensuite, nous avons des fabrications sous licence. Enfin, nous avons des fabrications 100 pour 100 chinoises, le plus souvent "inspirées" des technologies occidentales. Ce qui provient de Chine n’est pas foncièrement mauvais, tout dépend de la qualité des matériaux utilisés, de la main d’oeuvre et du contrôle qualité. Ainsi, on trouve aujourd’hui des usines ou des ateliers fabricant du haut de gamme dansnle domaine de la chaussure par exemple. En ce qui concerne l’électronique, on est encore loin de la fiabilité occidentale mais il est clair qu’inun jour probablement la Chine aura rattrapé son retard. Dans le meme temps, les ouvriers chinois auront - comme en Corée - d’autres revendications et le prix de revient ne sera plus le meme. Donc, quand on dit que nikon ou d’autres délocalisent en Chine, c’est pour utiliser la main d’oeuvre payée vingt dollars par mois et pas pour brader la technologie, il faut que cela soit bien clair. L’usine technologiquement parlant est la meme en Chine qu’au Japon !

    • C’est bien simple : Si la technologie utilisée pour fabriquer ce capteur n’est pas au niveau, le coùt de fabrication sera ...SUPÉRIEUR à ce qu’on trouve au Japon.
      On peut raisonnablement supposer qu’elle soit au niveau.
      Après,....ben tout reste à faire.

      Ça me rappelle l’aventure "Agathe" en URSS. Le PC (politique !) avait décidé de démocratiser l’informatique en URSS ...en copiant l’Apple II (Les occidentaux ont d’ailleurs rapidement rebaptisé l’Apple II soviétique Yabloko !).
      Seul petit problème : Il coûtait en réalité ....100 x le prix d’un vrai !!!
      L’aventure s’est rapidement arrêtée... net !

    • Le problème pour les chinois, c’est qu’ils ont maintenant les moyens de s’acheter les meilleures machines (ce qui fait le bonheur des allemands) mais ils n’ont pas le personnel à mettre dessus. Avant qu’ils aient un système de formation digne de ce nom, beaucoup d’années vont passer. Et effectivement les coups de production augmenteront parallèlement.