Le piqué
Toutes les mesures ont été effectuées selon la procédure décrite depuis le début des essais publiés par Le monde de la photo.com en photographiant une mire avec le système DxO Analyzer. Les notes de piqué de ce couple boîtier objectif sont données pour le format natif de l’appareil, en détaillant quatre zones :
le centre de l’image
les lignes des tiers qui bordent la zone centrale
les bords de l’image
les angles de l’image

| Format natif : c’est le format proche du pouvoir séparateur de l’œil humain à environ 30 à 40 cm de l’image, soit la capacité de voir des détails d’une taille de l’ordre de 1/10e de millimètre dès lors que machine de tirage sait les mettre sur papier. Si les détails font 100 points par centimètre, ou 10 par millimètre, ils équivalent à une résolution de 254 points par pouce (ppp) puisque le pouce fait 2,54 cm. La norme 254 ppp est donc facile parce qu’il suffit de diviser par 100 le nombre de pixels des deux côtés du fichier pour connaître le format natif en centimètres ! Exemple : 2 000 × 3 000 pixels = 20 × 30 cm de tirage (A4)= 6 Mpxl…4 000 × 6 000 = 4 0 × 60 cm de tirage (A2) = 24 Mpxl.
La mesure de piqué a été effectuée en RAW (développé avec Nikon Capture NX 2) avec un Nikon D300 de 12 Mpix, les notes correspondent donc à un format de tirage A3. Les histogrammes détaillent ces mesures par focale et par diaphragme et la carte de piqué les résument de façon synthétique. |
10 mm
A 10 mm le centre de l’image est toujours très bon dès f/3,5, mais il faut fermer le diaphragme à f/5,6 pour obtenir une qualité homogène sur tout le champ de l’image. La valeur de f/8 est la meilleure de ce point de vue, mais on observe une légère diminution du piqué à f/16.
14 mm
A 14 mm il est vraiment préférable d’éviter la pleine ouverture mais dès f/5,6 le rendement est très bon, et même excellent au centre. A f/16 la diffraction induit une perte de piqué heureusement limitée.
19 mm
Si la zone centrale de l’image reste bonne à f/4,5 et excellente entre f/5,6 et f/11, les autres zones accusent un retrait à partir de 19 mm. Ce n’est qu’à f/8 que le zone des tiers atteint le meilleur niveau, et les bords et surtout les angles restent toujours en retrait. La mailleure ouverture en paysage sera f/11.
24 mm
A 24 mm l’écart de rendement entre le centre et les bords et les angles augmente encore, alors que la zone centrale est toujours très bonne voire excellente les marges de l’image seront hélas moins détaillées si on ne choisit pas un diaphragme assez fermé.
En conclusion
Sur notre graphique, les couleurs bleues indiquent les zones notées « très bon » et « excellent », et ce dernier est moins présent quand on monte en focale ! Les résultats du Tamron 10-24 mm sont assez contrastés, mais on conseillera toujours d’éviter les plus grandes ouvertures aux angles les plus larges. Entre 10 et 14 mm, par contre, le rendement est très bon sur tout le champ entre f/5,6 et f/11, et même excellent jusque sur les bords, seuls les angles étant un peu moins définis. A 19 mm la qualité optique diminue un peu, alors que les zooms trans-standard donnent souvent de très bons résultats à cette focale : ici c’est le piqué des angles qui déçoit, car le reste du champ reste très bon de f/8 à f/16. Le rendement baisse encore plus à 24 mm, et on peut se demander si la transformation du 11-18 mm en 10-20 mm n’aurait pas été plus judicieuse. Certes, l’image est très bonne sur la plus grande partie du champ entre f/8 et f/11, mais la qualité des angles est encore plus dégradée qu’à la focale précédente. A toutes les focales la diffraction dégrade le piqué à f/16, valeur que l’on peut choisir pour augmenter la profondeur de champ, mais l’ensemble reste toujours de haut niveau et le paysagiste pourra appliquer une accentuation uniforme à son image, car il existe moins d’écart centre/bords qu’aux grandes ouvertures.