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Toute la photo de rue : suivez le guide !

14/12/2018 | Benjamin Favier

Discipline accessible à tous les photographes, quel que soit leur appareil, la photo de rue n’en demeure pas moins exigeante. Bernard Jolivalt, spécialiste du genre, aborde la question au travers de cent-une fiches pratiques répertoriées selon plusieurs thématiques…

Par où commencer ? Parcourir la table des matières de Toute la photo de rue, édité par Dunod, s’apparente à la découverte d’une carte d’une grande métropole. On ressent la même sensation de vertige. Bernard Jolivalt (collaborateur de MDLP et animateur d’une masterclass sur le sujet chez Studio Jiminy), lui-même photographe de rue, fait preuve d’une générosité à la hauteur de l’exigence de ce genre noble, qu’est la street photography. Il souligne ainsi l’importance de la maîtrise technique, mais aussi l’acquisition d’un savoir culturel et historique dans le domaine de la photographie, pour devenir « un meilleur photographe ». Ainsi, tout au long de l’ouvrage, il est mainte fois fait référence à Cartier-Bresson, qu’il cite dès l’avant-propos, mais aussi à Gary Winogrand, Susan Sontag, Elliott Erwitt, ou Joel Meyerowitz. Selon son niveau de connaissances dans le domaine, et ses besoins, on n’attaquera pas forcément la lecture de façon linéaire : le format choisi – des doubles pages faisant office de fiches pratiques – favorise d’ailleurs le butinage. Les différentes thématiques sont regroupées en six sections : équipement et réglages ; sur le terrain ; la composition ; la prise de vue ; le droit de l’image ; après la prise de vue.

Les conseils prodigués sont d’autant plus pertinents, qu’ils sont tous assortis d’illustrations – le plus souvent effectuées par l’auteur, mais aussi par Pierre Montant. La riche expérience donne du corps au propos, et Bernard Jolivalt n’élude rien. Lorsqu’il évoque l’approche du sujet, il rappelle le passé de chasseur en Afrique de Cartier-Bresson, qui se dépeignait lui-même comme un « pickpocket ». Selon l’auteur, « il y a quelque chose du prédateur, dans la photo de rue ». Il ne s’agit donc pas uniquement de capter le fameux « instant décisif ». Il faut aussi, suivant une recommandation du sociologue Pierre Bourdieu, dans son ouvrage Un art moyen, invoquée ici, « donner à autrui l’image la plus honorable, la plus digne ». Sans pour autant avoir peur d’essuyer un refus ; de rester discret ou au contraire de manier le flash de manière ostentatoire, à des fins créatives.

Plus on avance dans la lecture, plus on réalise à quel point chacun peut s’approprier la photo de rue avec une approche et un style propre, quel que soit l’outil utilisé. Pas d’élitisme ici, même les smartphones ont droit de cité. Même si, les données Exifs qui accompagnent les illustrations révèlent une nette préférence pour les « véritables » appareils photo. On apprécie au passage la diversité des marques et du matériel représenté, même si certains modèles reviennent plus que d’autres, comme le Fujifilm X100, dont la série est prisée par bon nombre d’aficionados du genre. Mais on s’initiera à l’hyperfocale avec une optique Leica CL 40 mm f/2 ; à la pose longue au flash avec un Pentax K-3 ; à la mesure spot avec un Nikon D7100… Du matériel accessible au commun des mortels. Les photographes les plus aguerris en matière de technique devraient néanmoins y trouver de l’intérêt en lisant des fiches telles que « En cas de conflit », qui distille des astuces très concrètes, pour par exemple effacer ses photos devant quelqu’un… et mieux les récupérer ensuite. Cependant, pour toutes les questions relevant du droit à l’image, il est tout de même recommandé de lire des contenus plus poussés, comme le blog de l’avocate et photographe Joëlle Verbrugge, collaboratrice à Compétence photo, qui a commis de nombreux livres et articles sur le sujet. Il aurait d’ailleurs été intéressant que l’ouvrage comporte quelques témoignages, sous la forme d’entretiens. Mais si vous recherchez une initiation à la photo de rue, ou à orienter vos connaissances, vous serez entre de bonnes mains…

- Toute la photo de rue – En 101 fiches pratiques
- Par Bernard Jolivalt
- Éditions Dunod
- 240 pages, 22 x 24 cm, 24 €

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  • J’ai suivi la masterclass sur le sujet chez Studio Jiminy , je recommande.
    Quant au livre de Sir Jolivalt je pense qu’il pourrait bien se trouver aupied du sapin.

  • Je m’etonne que le x100 soit cité si souvent. En effet, son capteur n’est pas stabilisé, ce qui est un lourd handicap pour ce genre de photos où on se retrouve souvent en position inconfortable, sa focale fixe est un peu juste - en tout cas pour moi - je préfère travailler au plus près et de préférence avec un 24 ou un 28 mm. Enfin, à pleine ouverture, ce n’est pas un foudre de guerre....

  • @2 : Dur, dur la vie de photographe de rue sans capteur stabilisé ! Et pourtant, Dieu sait combien Henri Cartier-Bresson a pesté toute sa vie parce que son Leica n’était pas stabilisé. Et combien de chefs-d’oeuvres n’ont jamais vu le jour !

  • Effectivement il faut dire aux petits jeunes ils ont très peu d’expérience en soute du riz que c’est pas un Appareil photo qu’il fait la prise de vue , mais Le photographe La stabilisation je sais même pas ce que ça veut dire ni le flash

  • Ça y est les sarcastiques sont de retour.... que c’est penible.
    que vous le,vouliez ou non, la stabilisation est un plus , d’ailleurs dès maintenant dpreview mettra dans les points négatifs l’absence de stabilisation.
    Enfin, pour ceux qui lisent très mal ou trop vite, sachez que la présence ou l’absence de stabilisation n’a effectivement jamais rendu un photographe plus malin mais simplement la présence de stabilisation permet de faire des photos que même cartier bresson n.aurait’peut être pas pu faire. Aujourd’hui de nombreux photographes très doués travaillent avec des appareils stabilisés que vous le vouliez ou non. Donc en comparant des appareils stabilisés avec d’autres non stabilisés, j’aurai tendance à dire que le,choix ira plus vite vers un stabilisé. À vous lire, et en extrapolant, on pourrait en conclure que seuls les Fangio étaient de vrais’pilotes Parce qu’ils conduisaient des voitures sans direction assistée, sans boîte automatique et sans abs, absurde votre raisonnement !

  • @5 : Faut pas tout prendre au 1er degré....On peut quand même ironiser gentiment sur le "lourd handicap" d’absence de stabilisateur sans se faire reprendre, avec en plus une leçon de morale à 2 balles..... D’autant que le stabilisateur est surtout utile pour les longues focales. Avec un GA, j’ai quelques doutes, même s’il ne sera pas complètement inutile.