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TunGstène, un logiciel détecteur de retouches

01/06/2010 | Benjamin Favier

TunGstène est un logiciel permettant de définir le degré d’altération d’une image numérique. Né d’une démarche purement scientifique, il pourrait à terme être utilisé par les éditeurs pour lutter contre les abus de la retouche dans le domaine de la photographie.

Le projet a été élaboré sur une période d’un an à temps complet, par Roger Cozien, docteur en informatique et sciences physiques, fondateur et dirigeant de la société eXo maKina. Et accessoirement photographe. Si dans un premier temps, le logiciel TunGstène est destiné à de grandes infrastructures, comme des ministères ou l’Agence France Presse, une version allégée est prévue pour la fin d’année. Nous avons posé trois questions à Roger Cozien pour y voir plus clair.

MDLP : Dans la présentation de votre projet, vous distinguez les mots retouche et développement. Sur des critères purement subjectifs…

Cela mériterait en effet d’être détaillé. Je suis tout à fait d’accord. L’objectif de départ était de comprendre comment était construit un fichier qui porte une image numérique et ce qu’on pouvait en faire en terme de diffusion. Il a fallu qu’on pose des jalons. Les professionnels de l’image ne font pas un distinguo assez clair, d’un point de vue technique. On s’est rendu compte rapidement qu’il y a un problème de sur-développement, qui peut confiner à la retouche. Le sens de l’image peut en être complètement altéré. D’un point de vue informatique on arrive à prouver qu’une image a été régénérée complètement, resynthétisée.

« Les professionnels de l’image ne font pas un distinguo assez clair, d’un point de vue technique. On s’est rendu compte rapidement qu’il y a un problème de sur-développement, qui peut confiner à la retouche. »

MDLP : À qui s’adresse TunGstène ?

Le logiciel s’adresse à l’administration, au sens large. Initialement, il était destiné au ministère de la Défense, et les ministères qui ont des missions de veille et de renseignement par la photographie. Mais il n’y a aucune exclusivité. On s’est ensuite rapproché de l’Agence France Presse. L’AFP va s’en doter, en tant qu’agence de presse et éditeur, dans les semaines à venir. Les négociations sont en cours.

MDLP : Une version plus accessible est-elle à l’ordre du jour ?

On va le proposer aux professionnels de l’image, quelle que soit la structure. Pour l’instant, on ne le propose qu’aux grandes administrations. À l’heure actuelle, si on part sur un pool de cinq utilisateurs formés, le ticket d’entrée est de 50 000 €. Le coût peut varier en fonction du nombre d’utilisateurs et du type d’installation. Par exemple, l’AFP nous a demandé de développer des modules particuliers. On est conscient de l’investissement que cela représente. On va l’alléger pour baisser le prix. Mais j’ignore dans quelles proportions. Cette version devrait voir le jour vers la fin de l’année.

Propos recueillis par Benjamin Favier

- Le site de la société eXo machina

- Lire le dossier portant la proposition de loi sur la retouche

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