Publié le : 06/09/2007
Par : Laurent Katz

Un Alpha-700 chez Sony

Sony lance son Alpha-700, boîtier reflex pour amateurs avertis, avec un capteur Cmos de nouvelle génération, pour des photos en 12 Mpxl, toujours stabilisé. Sans être professionnel, le boîtier est expert, rapide (5 im/s), tropicalisé et il fait l’impasse sur la visée temps réel.


Exmor n’est pas le nom de quelque chevalier de l’heroic-fantasy, mais la dénomination du capteur Cmos de 12,2 Mpxl qui équipe l’Alpha-700. Alpha-700 ? Oui, car le 7 sert à rappeler un certain Dynax 7D de Minolta, racheté par Sony. Ce boitier expert ne remplace pas l’Alpha-100, qui sera encore en vente pour cette fin d’année. Et c’est sans doute un reflex qui sera coiffé par un modèle professionnel, avec un capteur plein format à mon avis, courant 2008.


Présentation du boîtier

Le nouveau capteur est poussé jusqu’à 3 200 Iso, et même 6 400 Iso avec l’extension de sensibilité. Si Sony passe au Cmos, c’est parce que cette technologie est totalement adaptée aux cadences de prise de vue élevée.Il comporte des convertisseurs A/D par colonne et offre un double traitement du bruit, analogique et numérique, sans compter celui qu’effectue le processeur à partir de 1600 Iso. On ne devrait donc pas trouver le bruit assez élevé de l’Apha-A100 aux sensibilités élevées. Pour compléter le Raw, un cRaw à 30 % de la définition est offert.

Tout est d’ailleurs nouveau dans cet appareil qui n’est pas un Alpha-100 juste gonflé aux pixels. Le processeur BionZ est d’une nouvelle génération, et le système de stabilisation du capteur également, assurant un gain de quatre vitesses indique Sony. Le boîtier, partiellement en alliage de magnésium (la face avant et le dessus), avec un châssis interne en aluminium, est protégé des poussières et de l’humidité, l’obturateur est donné pour 100 000 déclenchements. À l’arrière, Sony donne dans le luxe, on s’y attendait depuis la sortie du compact G1 muni d’un afficheur de 3 pouces et 921 000 pixels. On le retrouve ici évidemment, avec un traitement antireflet et un contraste 2,8 fois plus élevé que sur l’Alpha 100. Il tient lieu d’afficheur de contrôle faute d’un petit LCD monochrome sur le dessus.

Le souci de restituer l’image au mieux de sa forme explique aussi la présence d’une sortie vidéo numérique. Mais Sony a voulu conjuguer qualité et convivialité. Aussi, quand un câble HDMI relie l’Alpha-700 à un téléviseur Sony, un modèle Bravia de dernière génération, les réglages du téléviseur sont court-circuités au profit d’un affichage optimisant la restitution des photos au niveau de la saturation, du contraste et de la netteté (PhotoTV HD). En prime, une petite télécommande fournie en standard assure le défilement des images.

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- Cliquez sur la vignette pour découvrir l’anatomie de l’Alpha-700.

La visée passe par un pentaprisme assurant une décevante couverture de seulement 95 %, pour un grossissement de 0,95x et un dégagement oculaire de 25 mm. Un système infrarouge assure l’extinction de l’écran quand l’œil se rapproche du viseur. Le verre de visée est remplaçable en atelier par le verre L pour l’architecture ou le verre M (Super Spherical Accumate), plus fin et donc plus approprié pour les mises au point manuelles). On remarque les 11 collimateurs de mise au point, prédictive si demandée. Le capteur dédié à cette tâche dispose d’une zone centrale en croix et d’une autre compatible avec les optiques à grande ouverture qui demandent une plus grande précision. .

L’Alpha-700 se paramètre par de copieux menus, mais les réglages opérationnels sont accessibles par l’écran d’information apparaissant sur le LCD, qui passe en mode mise à jour, comme sur les Olympus. Ici, les paramètres de rendu d’image se nomment les styles créatifs, servant à gérer le contraste, la saturation, l’accentuation, la luminosité et la zone (privilège sur les hautes ou basses lumières). Il en existe 14, complétés par trois styles personnels. Une autre technique permet d’affiner le rendu tonal (luminosité et contraste, le D-Range Optimizer déjà présent sur l’Alpha-100. Maintenant, il dispose d’un réglage manuel à cinq niveaux.

- Le logiciel de développement Raw, Image Data Converter SR 2, tient compte de l’optimiseur de dynamique et les styles créatifs. Il est annoncé comme deux fois plus rapides.

- L’utilitaire Image Data Lightbox sert de visionneuse pour trier, noter, comparer les photos.(par 2, 3 ou 4, avec des zooms et défilement synchronisés). Il permet de gérer des collections de photos, pour des impressions ou des conversions par lots.

- Remote Camera Control permet un pilotage et une prise de vue déportée, via l’USB, mais sans fenêtre de visée en temps réel.

A partir de mi-octobre, le boîtier nu sera vendu à 1 400 € et il existera trois kits avec respectivement les Sony DT F3,5-5,6/16-105 mm (1900 €), Sony DT 1 F3,5-5,6/18-70 mm (1500 €) et Zeiss F3,5-4,5/16-80 mm T* ZA (2120 €). Par ailleurs, Un 70-300 mm, dans la série G, est en développement, avec la motorisation SSM (ultrasonique) de la mise au point.Enfin, un 55-200 mm est lancé.


Les menus et affichages


- Un affichage présente tous les réglages de l’appareil, avec le compteur de vues et la jauge de l’accu. La touche Fn transforme cet écran d’informations en écran de mise à jour, pour éviter de passer par un menu.


- L’optimiseur de dynamique (D-Range Optimizer) qui fonctionne selon deux modes automatiques, l’un d’entre eux distinguant zones claires et foncées, bénéficie maintenant d’un mode manuel avec 5 niveaux.


- Trois configurations sont mémorisables, chacune représentée par l’ensemble de pictogrammes des réglages, avec la valeur attribuée à ces derniers.


- Les styles créatifs sont associés à des réglages sur l’image Jpeg, concernant le contraste, la luminosité, la couleur, la netteté et la zone.


- L’Alpha-700 enregistre en Jpeg, en Raw avec ou sans Jpeg et selon un format cRaw qui ne conserve qu’une définition réduite de 30 %.

- Les menus de réglages de la prise de vue.

- Les fonctions de personnalisation.

- Les fonctions du mode Lecture.

- Les différents modes de visualisation.

- Les menus de configuration matérielle du boitier.



- La poignée d’alimentation optionnelle, reprenant les commandes, présente un décrochement pour que le déclencheur ait une position plus ergonomique.


Les optiques


Voici un nouveau zoom lancé par Sony, le DT F3,5-5,6/16-105 mm. Bien qu’il ne soit ni estampillé Zeiss pas plus que G, ce qui signifie qu’il appartient à la gamme des optiques standard, il offre, en équivalent 24 x 36, une plage de focales des plus intéressantes, puisqu’elle s’étend de 24 à 158 mm, avec une distance minimale de mise au point de 40 cm. La focale basse est inhabituelle, mais apporte un réel atout en voyage aux amateurs de paysages sans parler de ceux qui pratiquent la photo urbaine. Son prix est de 600 €.


Le second zoom, le DT F3,5-6,3/18-250 mm ; est bien connu, il s’agit d’une production Tamron, redessinée pour Sony. La plage de focales est énorme, 27-375 mm en équivalent 24 x 36, pour des ouvertures maximales variant entre F3,5 et F6,3. Il est également vendu 600 €.


Premières impressions
L’appareil m’est passé dans les mains au cours d’un voyage de presse organisé par Sony, au bord du Lac Majeur, en Italie. Le premier contact est favorable et l’accès aux réglages très rapide. La visée est raisonnablement grande et les mentions au bas du dépoli suffisamment lisibles pour le myope que je suis.

L’afficheur LCD est royal et surtout, lisible en plein soleil, évidemment avec une perception dénaturée du contraste et des couleurs. Premiers déclenchements et premières bonnes surprises, l’autofocus est vif. Vite, je passe dans le style créatif Paysage et privilégie les hautes lumières. Mal m’en a pris, car le rendu est pour pour moi trop dur, mais ce n’est pas la faute de l’Alpha-700, mais de ma précipitation. J’en conclus que celui qui portera son choix sur ce modèle devra commencer par manipuler les 14 styles créatifs pour en prendre bonne mesure et les modifier selon ses aspirations. Et surtout apprendre à gérer le paramètre Zone qui module l’expositon sur les hautes/basses lumières, en combinaison avec l’optimiseur de dynamique et le correcteur d’exposition. Il y a là vraiment matière à expérimentation pour les situations où la gamme tonale est très étendue, avec des zones d’ombres et d’autres de forte brillance.

400 Iso, 1/160, F22, zoom F2,8/70-200 mm à 200 mm

La poignée verticale, qui abrite deux accus, s’avère un atout ergonomique indéniable, du fait de sa forme spécifique et du report à l’arrière de nombreuses touches du boîtier, mais pourquoi n’intègre-t-elle pas aussi la touche Iso, comme le boîtier ? Il s’agissait d’un appareil de présérie, manupulé de surcroît à la va-vite, je ne m’étendrais donc pas sur l’exposition ou le bruit, même si des photos à 6 400 Iso se montrent utilisables et dotées d’un bruit d’une nature telle que des logiciels spécialisés comme Noise Ninja ou Dfine peuvent réduire.


Principales caractéristiques
- Capteur Cmos 13 Mpxl réel avec stabilisateur
- Antipoussière par vibration du capteur
- Définitions : (4/3) 4 288 x 2 856, 4 272 x 2 848, 3 104 x 2 064 et 2 128 x 1 424, (16/9) 4 272 x 2 400, 3 104 x 1 744 et 2 128 x 1 200
- Viseur 95 %, 0,95x, 25 mm
- LCD 3 pouces/921 000 pixels
- Modes PASM et programmes-résultats
- Cellule multizone (40), pondérée centrale, ponctuelle
- Correction +/-3 IL par 0,3 ou 0,5 IL
- Bracketing 3 ou 5 im. par 0,3, 0,5 ou 0,7 IL
- Mise au point 11 collimateurs
- 14 styles d’images, 3 styles personnalisés
- Balance des blancs auto, prédéfinies (6), mesurée (3 mémoires), en degrés Kelvin, décalage magenta/vert sur +/- 9 niveaux, bracketing
- SRGB et AdobeRGB
- 100 – 3 200 Iso (ext. 6 400 Iso)
- 30 s – 1/8000 s
- 5 im/s pour 16 Jpeg en compression mini (illimité en Jpeg Fin), 18 Raw et 12 Raw + Jpeg
- Flash NG 12 (Adi, contrôleur)
- 1/250 sans stabilisateur, 1/200 avec
- Prise synchro flash
- Flash intégré servant de contrôleur sans fil
- Affichage 4/9/25 vues, zoom 13x maxi, alertes sur-exp. et sous ex, histogramme.
- Prise USB high-speed, synchro, vidéo et HDMI
- Télécommande fournie
- Accu Li-Ion
- 141,7 x 104,8 x 79,7 mm
- 690 g nu

Le site de Sony France

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Messages

  • Les deux photos illustrant les optiques sont celles du 16-105 :/

  • 4o ans de photo de pro à amateur puis d’amateur à pro d’asselblade à linhof
    De mamiya GF puis Nikon et Canon me voila en Alpha Sony 700 une véritable
    Perle noire comme les perles de Polynésie .
    Photographe médicale et légiste a la retraite je dis un grand bravo
    Au concepteur de ce beau bijou .

    • Je méditais sur le message de Rua Grégoire et çà m’as fais voir mon parcours en photo depuis 40 ans moi aussi,et çà été de Minolta Konica à Rollei et Leica et ensuite Nikon et le géant Canon pour revenir en amateur sur Alpha 100 et j’essai ce boitier 700 ,Alors là c’est tout à fais les bons mots ; une véritable Perle Noire comme ceux de Polynésie...un chef-d’oeuvre d’appareil...le plaisir brut,une joie immense de redécouvrir La Photo...cher Sony ne perder pas le concepteur de ce bijou c’est un génie dans son domaine ,Merci

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