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Visa pour l’Image 2018 : Trente ans d’engagement auprès des photojournalistes

17/09/2018 | Patrick Lévêque

Voilà trente ans que Jean-François Leroy continue à défendre bec et ongle une certaine idée du photojournalisme engagé. Le Festival International du Photojournalisme passe cette année le cap de la trentaine. Happy Birthday Visa !

Présentation

Perpignan accueillait pour la trentième fois sur son sol Visa pour l’Image, le Festival International du Photojournalisme. Trente années passées à célébrer le travail de photographes qui passent le plus clair de leur temps loin de leur famille à sillonner le monde pour témoigner, parfois au péril de leurs vies, des pires atrocités que subissent notre planète et ses habitants.

Des sujets forts, engagés, parfois beaux, dérangeants, que de nombreux journaux et magazines hésitent parfois à montrer sous la pression de certains lobbies. Trente années durant lesquelles Jean-François Leroy et toute son équipe ont su défendre avec passion le travail de ces femmes et hommes de l’image dont le témoignage montre parfois avec une extrême violence les dérapages de l’homme envers ses propres frères et sa propre planète.

De Daech en Syrie aux conflits de République démocratique du Congo en passant par la crise des Rohingyas ou les conséquences de la surproduction alimentaire dans le monde, Visa pour l’Image dresse encore cette année un terrible panorama de notre monde au travers de vingt-cinq expositions toutes en accès libre.

Et pour célébrer cette trentième édition, Visa pour l’Image joue cette année les prolongations à Paris les 15 et 16 septembre à la Villette avec des projections extraites de celles montrées au Campo Santo de Perpignan et des expositions jusqu’au 15 octobre à découvrir au cœur du parc de la Villette.

Plus de renseignements sur le site de Visa pour l’Image

Cinq expos à retenir

Visa pour l’Image, ce sont vingt-cinq expositions disséminées sur une dizaine de lieux dans le centre historique de Perpignan. Toutes valent le coup d’œil et nous avons retenu cinq d’entre elles, celles qui nous ont le plus marqués.

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« Ce n’est ni de sa faute, ni de la mienne. C’était notre destin. » Ce sont les hommes de la famille qui ont forcé la mère de Ghorban à l’abandonner. Lal-wa-Sarjangal, Afghanistan, juillet 2017.
© Olivier Jobard / Myop

Exposées au couvent des minimes, les images du photographe Olivier Jobard sont un témoignage poignant de la vie de Ghorgban Jafari, arrivé à Paris en 2010 à l’âge de douze ans, orphelin de père et séparé de sa mère. Olivier Jobard a suivi le jeune afghan sur son parcours en France pendant huit ans jusqu’à l’obtention de sa citoyenneté française et son voyage cathartique en Afghanistan où Ghorgban a pu enfin retrouver sa mère. Un sujet traité avec tendresse et un témoignage très engagé sur les jeunes migrants et leur possible intégration en France.

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Jiangsu, Chine, 16 juin 2016. Usine de transformation de poulets.
© George Steinmetz / Cosmos

Sans quitter le couvent des minimes, George Steinmetz, connu surtout pour ses photographies aériennes, pose cette fois son regard sur les pratiques de l’agriculture à grande échelle aux quatre coins de la planète. Une grande exposition qui nous montre comment sont produits nos aliments et qui donne à réfléchir sur nos pratiques de consommations.

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Capital Park, Pretoria, 20 juillet 2017. Expulsion d’une petite communauté installée sur un terrain contesté. Certains disent y résider depuis 30 ans. Un consortium de Blancs qui prétendent en être les propriétaires légitimes a saisi le tribunal et obtenu une ordonnance d’expulsion. On propose aux résidents des logements alternatifs dans un « village de containers » à la périphérie de la ville.
© James Oatway

Toujours au couvent des minimes, James Oatway, présent pour la première fois à Visa, propose un reportage étonnant réalisé en Afrique du Sud sur les employés d’une société spécialisée dans l’expulsion appelés les Fourmis Rouge. Un regard implacable qui les montre en première ligne d’un conflit qui perdure, opposant les propriétaires aux citoyens les plus démunis qui cherchent à s’intégrer dans l’économie urbaine sud-africaine.

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Belfast, 7 mai 1981. Émeutes dans les quartiers catholiques après la mort de Bobby Sands.
© Yan Morvan

C’est sur les cimaises de l’ancienne université que Yan Morvan nous offre le reportage consacré aux émeutes qui ont eu lieu en Irlande après la mort de Bobby Sands, 27 ans, membre de l’IRA, décédé le 5 mai 1981 des suites d’une grève de la faim dans la prison de Maze près de Belfast. Longtemps photographe de guerre et considéré comme l’un des plus grands spécialistes de sa génération, Yan Morvan, alors pigiste à Sipa, s’immerge et vit avec les émeutiers, photographiant au plus près la tension et le désespoir des Irlandais.

Et s’il n’en restait qu’une…
C’est au couvent des dominicains que nous avons découvert le travail de Kevin Frayer, photojournaliste Canadien auréolé de nombreux prix (Pulitzer, World Press Photo…). Installé aujourd’hui en Chine, Kevin Frayer arrive au Bangladesh au milieu du mois de septembre 2017 quelques semaines après le début de la crise. Les rohingyas fuyaient leurs villages en Birmanie et tentaient de trouver refuge de l’autre côté du fleuve qui marque la frontière.

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Cox’s Bazar, Bangladesh, 1er novembre 2017. Après avoir fui leur village, des réfugiés rohingyas, dont beaucoup avaient déjà marché pendant des semaines, traversent le fleuve Naf à la frontière entre la Birmanie et le Bangladesh.
© Kevin Frayer / Getty Images

Réalisé au cours de deux longs séjours au Bangladesh, le travail de Kevin Frayer cherche à témoigner à la fois de l’ampleur de la crise et des vécus individuels, à révéler la souffrance et l’épuisement des rohingyas qui accomplissent ce périple si long et cruel dans un silence glaçant. Une exposition somptueuse servie par de magnifiques tirages noir et blanc où Kevin Frayer met en lumière et dépeint avec dignité l’ampleur du calvaire des Rohingyas.

Les prix 2018

VISA D’OR PARIS MATCH NEWS : VÉRONIQUE DE VIGUERIE

VISA D’OR RÉGION OCCITANIE/PYRÉNÉES-MÉDITERRANÉE
CATÉGORIE MAGAZINE
 : JAMES OATWAY

VISA D’OR D’HONNEUR DU FIGARO MAGAZINE : SABINE WEISS

VISA D’OR DE LA PRESSE QUOTIDIENNE : SERGEY PONOMAREV pour LIBÉRATION

VISA D’OR HUMANITAIRE DU COMITÉ INTERNATIONAL DE LA CROIX-ROUGE : VÉRONIQUE DE VIGUERIE

VISA D’OR DE L’INFORMATION NUMÉRIQUE franceinfo : VALENTINE VAN VYVE & OLIVIER PAPEGNIES

PRIX CANON DE LA FEMME PHOTOJOURNALISTE : LAURA MORTON

PRIX DE LA VILLE DE PERPIGNAN RÉMI OCHLIK : LUIS TATO

PRIX PHOTO – FONDATION YVES ROCHER : MARCO ZORZANELLO

PRIX PIERRE ET ALEXANDRA BOULAT : JÉRÔME SESSINI

PRIX CAMILLE LEPAGE : KASIA STRĘK

PRIX CARMIGNAC DU PHOTOJOURNALISME : YURI KOZYREV & KADIR VAN LOHUIZEN

PRIX ANI - PIXTRAKK ANI : NGUYEN HOANG

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