05/05/2010- Le photojournalisme est en crise. Pour autant, les organisateurs de Visa pour l’image continuent de soutenir la profession. Avec lucidité et fermeté.
Jean-François Leroy (tenant le micro), directeur de Visa pour l’image, s’en est violemment pris aux abus en matière de retouche, lors de la conférence de presse donnée à la Maison des Métallos (Paris, 11e), le 4 mai, à Paris. Dès l’année prochaine, les photographes seront priés de soumettre leurs fichiers Raw. Photo : Benjamin Favier
« Certains photographes ne se rendent pas compte qu’ils se tirent eux-mêmes une balle dans le pied. Quand une photo est plus belle que la page de pub placée à côté, c’est délirant. » L’invective émane de Jean-François Leroy, fondateur et directeur de Visa pour l’Image. À l’occasion de la présentation de la 22e édition du festival de photojournalisme, il s’est montré fidèle à sa ligne de conduite : intraitable et combatif. Il s’en prend vertement à la retouche, et annonce la couleur pour l’année prochaine : les fichiers Raw seront exigés. Et cite Haïti dans la foulée : en même temps que des images grises, crues, il reçoit des clichés travaillés, aux ciels « violets et roses ». Dire qu’il est agacé par la situation est un euphémisme.
Il faut dire que le photojournalisme vit une période difficile. À ses côtés, Daniel Barroy, chargé de la Mission de la photographie au sein du ministère de la Culture et de la communication, rappelle les principaux engagements du projet. Rendez-vous en septembre, à Perpignan, pour faire un premier bilan.
Tout pour l’image
Le programme des expositions est alléchant, avec notamment une rétrospective sur le travail de William Albert Allard pour National Geographic, sur une période de cinquante ans. Le photographe de l’AFP Olivier Laban-Mattei, lauréat de deux World Press, a droit à une rétrospective sur ses dix ans au sein de la célèbre agence. On retrouve Cédric Gerbehaye, dont on a déjà pu admirer les puissants clichés monochromes pris au Congo ou au Burundi. Le photographe de l’Agence VU est l’auteur d’un sujet sur le Fleuve Congo. Au menu des soirées de projections, sept thèmes, oscillant entre actualité et hommage : L’actualité de l’année sur tous les continents, Haïti, Afrique du Sud : 20 ans de la libération de Nelson Mandela, Les années pop de 1960 à 1980, La guerre de Corée, Claude Lévi-Strauss (1908-2009) et Gilles Caron.
Pour cette année, les colloques cèdent la place à des tables rondes. Jean Lelièvre, qui dirige les débats, souhaite en effet une approche plus participative. Son but : « se faire rencontrer des acteurs gravitant autour du photojournalisme », au sens le plus large possible.
À signaler, la publication d’un ouvrage, la première éditée par Visa pour l’image : War is personal, de Eugene Richards, tiré à 600 exemplaires, qui sera en vente à Perpignan. Une initiative de Jean-François Leroy, motivée par le refus de vingt éditeurs de publier le travail du photojournaliste, exposé l’an dernier à Visa.
L’édition 2010 aura lieu du 28 août au 12 septembre, à Perpignan, bien sûr.
vous avez raison et peut-être l’article laisse-t-il entendre cela, ce qui n’était pas mon intention. Il s’agit bien d’envoyer les Raw en plus des fichiers traités. Mais au final, le résultat sera le même : les images trop retouchées ne seront pas retenues.
cessez s’il vous plait de confondre le travail du tireur et le travail du retoucheur ce sont deux métiers différents.Ce qui est vrai c’est que depuis que l’ont travail sur des ordinateurs on fait faire ces deux métiers au même opérateur, c’est pratique pour nous payer moins cher....
Juste une remarque : la soumission du fichier RAW au jury existe depuis maintenant des années dans les concours de photo nature (GDT, Festival de l’Oiseau et de la Nature), et ça ne pose aucun problème !
Nous sommes des auteurs et en tant que tel, personne n’a le droit d’exiger quoi que ce soit sur la production photographique et sur la cession de nos originaux, qui nous appartiennent.
Les retouches nous en avons toujours fait et c’est pas demain que cela va cesser.
Auparavant c’était les retoucheurs dans les laboratoires professionnels qui s’en occupait avec l’assentiment des photographes et cela ne dérangeait personne.
Evidemment exiger encore plus d’un photographe , c’est facile ! on oublie sa signature, on signe DR a qui mieux mieux, on veut lui piquer ses fichiers raw, ce qui revient a lui voler ses négatifs..et puis quoi encore ?
C’est aussi stupide que de demander à un peintre de faire exclusivement du figuratif.
Il y a tant d’autres problèmes plus graves à aborder concernant la photographie !
Quel manque de connaissance des problèmes des photographes !!
Comment séparer la dernière photo à accepter de la première photo à rejeter ?!... C’est quoi une photo ’trop’ retouchée ?!...
Un photographe est un auteur qui propose un travail qu’il juge abouti, conforme à son intention, à sa vision, à son style...
Si un journaliste qui écrit, qui raconte avec des images doit soumettre ses raw alors que les journalistes qui écrivent avec des mots donnent les brouillons de leurs articles...
Déclencheur est le lien entre la passion pour la photo de Benoît Marchal et son enthousiasme pour le Web 2.0. MDLP*(Monde De La Photo) est heureux d’accueillir Benoît, l’auteur de ce podcast très réussi et plein de bon sens.