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MBP Nikon

Cayo Coco

28/05/2007 | Michel Lion


©Bruno Calendini / www.studionature.com

Cayo Coco est la prochaine étape de notre périple. C’est un espace qui a été sacrifié au tourisme pour faire entrer de nécessaires devises dans le pays. Les cubains y ont peu accès. L’endroit nous donne l’impression d’un ghetto pour vacanciers fortunés. L’identité cubaine est édulcorée au profit du all inclusive qui rime avec tourisme de masse. Hemingway aimait y venir sillonner les côtes des îlots pour pêcher le marlin. Dans les années 60, Cayo Coco fut le théâtre folklorique de ces exploits à la tête d’équipages pittoresques pour traquer les sous-marins allemands. Sans pouvoir rapporter la preuve irréfutable de son implication, deux sous-marins ont été néanmoins coulés dans ces eaux.
Pour la première fois depuis notre arrivée, la météo est contre nous. Notre sortie en mer, prévue pour mettre en image la passion de la pêche chez Hemingway est annulée, la faute à un vent violent qui empêche les bateaux de pêche de sortir. Le soleil cubain frappe fort. Thierry nous propose alors de découvrir Playa Pilar. Une plage ainsi nommée, en l’honneur de l’embarcation d’Hemingway. Nous acceptons volontiers son invitation pour conjurer notre déconvenue. Nous ne le regretterons pas.

Playa Pilar est une plage absolument magnifique qui nous renvoie avec délice aux images des cartes postales qu’on a coutume de voir pour évoquer les CaraÏbes. Un sable fin et blanc, une mer toute en dégradés allant du bleu au vert, une paillote typique et quelques locaux pour profiter d’une plage encore préservée. Il règne une atmosphère incroyable dans cet endroit de bout du monde, et on a du mal à comprendre que des touristes préfèrent s’entasser autour d’une piscine aux effluves de chlore plutôt que de profiter d’une plage pareille. C’est un trésor pour la prise de vue, et dans ces conditions de lumière zénithale un peu dure, nous décidons de monter un filtre polarisant B&W. En dehors des filtres UV (les plus neutres possibles) qui ont un rôle protecteur indispensable pour les lentilles de nos objectifs, le polarisant reste le filtre incontournable dans une telle situation. Il élimine les reflets à la surface de l’eau et laisse ainsi apparaître le fond et toutes ses nuances. Quand ce dernier est composé de bancs de sable, de zones d’algues et de rochers, le résultat est particulièrement esthétique. Et si vous en profitez pour cadrer quelques nuages dans le ciel, ils deviennent d’un blanc éclatant sur un ciel bleu marine. Effet garanti !

Nous décidons d’attendre que le soleil décline pour profiter des couleurs du soir. Ce n’est qu’une trêve apparente tant nous profitons de chaque instant pour multiplier les déclenchements. Chacun part dans son coin à la recherche d’une belle image. Bruno fait une rencontre étonnante.


©Bruno Calendini / www.studionature.com

Une jeune femme, toute de blanc vêtue, photographie la plage à l’abri de son ombrelle. Il s’agit d’une Santeria, adepte d’une religion locale importée par les esclaves africains. Croyance que connaissait d’ailleurs bien Hemingway et à laquelle il n’était pas insensible comme en attestent les quelques fétiches transpercés d’aiguilles découverts chez lui. Cette image, certes efficace, ne demandait pourtant aucune astuce particulière, sinon de composer vite pour profiter de l’attitude de la jeune femme et d’une rafale de vent intéressante dans ses vêtements. Avec une telle luminosité et au grand angle, même s’il faut ajuster la rotation du polarisant pour en optimiser l’effet (et du coup, tenir compte de la perte d’environ 1,5 IL, due à l’assombrissement général de l’image), il est facile de travailler confortablement à 100 Iso avec de la profondeur de champ.


©Wilfrid Hoffacker / Journal photographique

Plus tard dans l’après midi Wilfrid aura trouvé son sujet de prédilection : une bande de jeunes cubains se lâchent. Il se fait immédiatement accepter et s’immisce dans le groupe pour saisir des moments de vie impromptus. Les jeunes adolescents se prêtent au jeu et il réussit une série de photos vivante et spontanée, montrant tour à tour portraits et scènes intimistes sur la plage. Le soleil a basculé et c’est dans la nuit que nous rejoignons notre hôtel. Demain nous reprenons la route en début de matinée. Direction : La Havane… FIN PREMIÈRE PARTIE.

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