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Canon EOS 90D : concentré de 80D et 7D Mark II

28/08/2019 | Benjamin Favier

L’APS-C et le reflex auraient-ils encore de beaux jours devant eux ? C’est en tout cas ce que semble penser Canon, qui présente l’EOS 90D, qui inaugure un nouveau capteur, filme en 4K sans recadrage et atteint la cadence de 10 im/s. Il succède à la fois au 80D et au 7D Mark II, même s’il n’hérite pas d’un autofocus et d’une construction du standing de ce dernier.

Présentation

Traditionnellement, les EOS à deux chiffres, établissent la jonction entre l’entrée de gamme et les modèles plus experts, parmi les reflex Canon. Ainsi, le 80D, lancé il y a plus de trois ans, s’intercale – avec le 77D – entre les 800D et 7D Mark II. Changement de stratégie avec le 90D, puisque ce modèle a la lourde tâche de succéder à la fois au 80D et au vénérable 7D Mark II, dont la sortie date d’il y a cinq ans. Soit un règne aussi long que le premier 7D.

Alors que la définition plafonnait à 24 Mpxl, en APS-C, chez Canon, reflex et hybrides compris, le 90D s’empare d’un Cmos 22,3 x 14,8 mm inédit de 32,5 Mpxl avec filtre passe-bas. Il est sensible sur une plage de 100 à 25 600 Iso, avec la possibilité d’atteindre 51 200 Iso. Dans la continuité des précédents EOS, Canon fait l’impasse sur la stabilisation en interne. On retrouve des ingrédients devenus habituels, depuis l’avènement du M50. À savoir le processeur Digic 8, ainsi que les fichiers Raw (sur 14 bits) de type CR3, avec la possibilité d’opter pour des fichiers bruts compressés (C-Raw).

Le Raw compressé sera notamment utile en photo d’action, car la mémoire tampon engrangera alors un peu plus d’images que les 25 Raw annoncés, à la cadence de 10 im/s. Un mode Rafale équivalent à celui du 7D Mark II, qui atteint même 11 im/s en LiveView. Le système autofocus ne comporte en revanche pas 65 collimateurs, comme celui du 7D Mark II, mais 45 points, tous croisés, à l’instar de ce que propose le 80D. Parmi les collimateurs, 27 sont actifs à f/8.

À noter, le collimateur central est sensible à - 5 IL en LiveView. Petite nouveauté parmi les modes Scènes, le filé, a priori actif en balayage vertical et horizontal. La mesure de l’exposition évolue, avec un capteur de 200 kpts (150 sur le 7D Mark II). Parmi les différents modes de mise au point, détection des visages et des yeux figurent au menu, aussi bien en photo qu’en vidéo.

Dans ce domaine, un fait important : plus de recadrage en 4K UHD (il sera possible d’activer un recadrage en option). Il sera ainsi possible de tourner à 25 im/s à cette définition, avec une sortie HDMI en 4:2:2 sur 8 bits. En 1080p, on peut accéder à 100 im/s pour du slow motion (pas de son enregistré). On pourra par ailleurs brancher un casque et un micro externe. On note, au niveau de la connectique, que l’USB reste à la norme 2.0.

Attribut de plus en plus rare sur les appareils experts, le flash intégré (NG12 pour 100 Iso) demeure, et pourra piloter des flashs sans fil. Sur le côté droit, un seul logement pour carte SD, compatible UHS-II (on pouvait aussi insérer une CompactFlashs sur le 7D II). Au dos du boîtier, on note l’arrivée d’un joystick, bien utile pour déplacer les collimateurs AF. Le viseur s’appuie sur un pentaprisme. Il couvre 100 % du champ, offre un grossissement 0,95x, avec un dégagement oculaire de 22 mm. L’écran LCD de 3 pouces et 1 040 Kpts est orientable dans toutes les directions et tactile, exactement comme celui du 80D.

La construction (alliage d’aluminium et de polycarbonate avec fibre de verre) s’avère rigoureusement identique à celle du 80D. Mais des joints d’étanchéité ont été ajoutés, sans que l’on atteigne le niveau de protection du 7D Mark II. Le déclencheur est celui du 1D X Mark II : il est plus sensible que sur le 80D, pour donner la part belle à l’action. L’obturateur mécanique plafonne à 1/8000s, tandis qu’un mode électronique permet de solliciter une vitesses de 1/16 000s.

À noter, un mode de déclenchement totalement silencieux est accessible en LiveView, comme sur le Nikon D850. L’accu LP-E6N est reconduit, pour une autonomie annoncée à 1 300 vues, selon Canon. La poignée optionnelle BG-E14, conçue pour le 80D, est compatible avec le 90D.

Lancement prévu en septembre, au prix de 1 299 € (nu), 1 399 € avec le 18-55 mm STM ou 1 699 € avec le 18-135 mm Nano USM.

- Le site de Canon

Premier avis

Sur le papier, le 90D est une très belle évolution, par rapport au 80D. De là à dire qu’il remplace aussi le 7D Mark II… il lui manque au moins une construction renforcée, un deuxième compartiment pour cartes mémoire et un système AF plus ambitieux, pour faire oublier ce reflex emblématique à de nombreux férus de photo sportive ou animalière. Toutefois, avec une cadence à 10 im/s, l’AF Dual Pixel, un système à 45 collimateurs et un joystick pour les déplacer, le 90D devrait être performant sur le terrain.

En vidéo, on apprécie enfin la possibilité de filmer en 4K UHD sans recadrage. Manque encore la stabilisation intégrée au boîtier et un enregistrement sur 10 bits via la sortie HDMI, pour que le tableau soit plus complet. Lancé dans les mêmes eaux tarifaires que le 80D, avec un vaste choix en matière d’optiques (EF et EF-S), le 90D ne manque pas d’arguments pour plaire aux photographes experts, désireux de braver des conditions climatiques difficiles et photographier des actions rapides. L’avènement de ce boîtier semble en tout cas mettre un terme à la série des 7D. À moins qu’elle refasse surface du côté des hybrides un jour ?

Fiche technique

- Capteur : Cmos APS-C, 22,3 x 14,8 mm, 32,5 Mpxl avec filtre passe-bas
- Monture : Canon EF / EF-S
- Stabilisation : -
- Protection : Anti-ruissellement
- Vidéo : 4K à 25 im/s, son stéréo
- Formats de fichier : Jpeg, Raw (CR3), MP4, Mov
- Autofocus : capteur AF à corrélation de phase, 45 collimateurs croisés (27 sensibles à f/8) ; LiveView par corrélation de phase sur le capteur
- Écran : LCD 3", 1 040 kpts, orientable et tactile
- Viseur : pentaprisme, 100 %, 0,95x, dégagement oculaire 22 mm
- Mesure de lumière : Multizone (63), locale, spot, pondérée centrale, correction sur +/- 5 IL
- Modes d’exposition : Auto, sans flash, P, A, S, M, Bulb, scènes (7), personnalisé
- Sensibilités : 100 - 25 600 Iso (51 200 Iso)
- Vitesse : 1/8 000 s à 30 s, pose B ; 1/16 000s (obturateur électronique)
- Rafale : 10 im/s (58 Jpeg et 25 Raw) ; 11 im/s en LiveView
- Flash intégré : extractible, NG=12 (pour 100 Iso), pilotage des flashs distants
- Stockage : SD/SDHC/SDXC (UHS-II)
- Divers : Micro-ajustement AF, intervallomètre, vidéo HDR, déclenchement silencieux en LiveView, mode Scène filé
- Connectivité : WiFi/Bluetooth (pilotage à distance, partage de fichiers, sauvegarde automatique, géolocalisation via smartphone), USB 2, HDMI, micro, casque, télécommande
- Accu : LP-E6N (7,2 V, 1 800 mAh)
- Dimensions/poids : 140,7 x 104,8 x 76,8 mm / 701 g (avec accu et SD)

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  • J’attends de voir la montée en iso et la dynamique, car le 80D n’est pas très fameux sur ce point.

  • @Fred2 Nattendez pas et passez au 6D Mark II à peine plus cher...

  • J’ai déjà le 6D :D
    Et si je devais prendre un autre boîtier, ça serait soit un R soit un A9 (ou un A7RIV...) ;-)

  • Combien de fois faudra-t-il le répéter ?
    Malgré les mauvaises habitudes et les croyances de certains photographes à la "magie optique", le 7D n’a plus sa place dans le catalogue d’un opticien de renom.
    En 2009 (en étant gentil), on pouvait encore justifier la présence d’un 7D au catalogue car la finesse des capteurs 24x36 était insuffisante (78 pl/mm dans le meilleur des cas ) mais aujourd’hui ?
    Je considère toujours pour ma part que le 7D Mk II était le 7D de trop ; pour offrir un crop de 1,6x, les converters font presque aussi bien pour beaucoup moins cher, beaucoup moins lourd et beaucoup plus fiables.
    Aujourd’hui vendre un boîtier 2000 € équipé d’un capteur coûtant 100 € à tout casser, frise l’indécence.
    Par ailleurs, les capteurs 24x36 modernes atteignent des performances rendant inutiles les
    boîtiers APSC de "sport" : Un Sony A7 R IV fait 60 MP (130 pl/mm) pour une cadence de 10i/s.
    Tout le monde s’attend à ce que Canon sorte un boîtier HD dans la même veine dès l’année prochaine (en mirrorless !).
    À quoi bon s’acharner sur ce créneau alors que la messe est dite ?

  • Â propos du 90D : Canon croit-il encore à l’avenir du reflex ?
    On peut légitimement en douter !
    1-Canon n’a pas présenté la moindre nouveuté optique depuis 1 an, ce qui est un peu inquiétant.
    2-Le 90 D sonne plutôt comme le "chant du cygne" des reflex APSC qu’autre chose :
    Le capteur n’est toujours pas de type BSI et Canon ne parvient toujours pas à se débarasser du filtre AA malgré la finesse record de son capteur (155 pl/mm).
    3-Je cherche encore à la loupe une optique capable de restituer 155 pl/mm dans le catalogue Canon ou ailleurs.

    Pour moi, ce 90D clôt la série des reflex APSC "expert" XX D un peu comme le T90 fermait l’aventure Canon en monture FD...

    Canon se contente de donner une indication sur la définition des futurs mirrorless HD 24x36 :
    Ce sera 85 MP dans le meilleur des cas...
    À noter également la présence du Digic 8 : Elle donne également une indication sur la capacité de traitements du dernier processeur Canon, en particulier sur le M6 Mk II.
    On se rapproche ostensiblement des capacités de traitements nécessaires pour la mythique vidéo 8 K.
    De bon augure également pour le/les futurs mirrorless pro 24x36 en cours de développement...

    PS : C’est pas Canon qui nous avait juré, main sur le coeur, que la pixelrace était terminée ?