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Capture One Pro 22 : l’heure de la fusion a sonné

09/12/2021 | LAURENT KATZ

Avec cette version 22, le logiciel emblématique de Phase One s’ouvre aux fusions d’images avec l’assemblage panoramique et à la technique HDR, ainsi qu’à la prise de vue connectée sans fil à la patte grâce au Wi-Fi. Ce n’est pas tout, car une première incursion dans l’intelligence artificielle vise à redresser un horizon de guingois.

La version 21 était centrée sur l’optimisation ergonomique, dès l’importation par exemple, et l’affinage de la colorimétrie via une amélioration fine des profils d’appareil. Avec la mise à jour de juillet apparaissait enfin un type de masquage automatique, fondé sur la couleur à l’image de la technologie U Point, plus une consolidation du dialogue d’importation.

La version 22 amène l’assemblage panoramique, sans autres fantaisies fonctionnelles que le choix entre quatre types de projection. Et mieux vaut travailler avec les Raw pour que le vignettage soit corrigé au préalable. Le résultat se retrouve dans un fichier DNG, avec un recadrage à effectuer pour supprimer les zones noires en bordure. Pour info, cette fusion accepte aussi les panoramas verticaux et sait assembler des séries prises à la fois horizontalement et verticalement.

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Les quatre modes de fusion panoramiques : Spérique, Cylindrique, Perspective et Panini (cliquer pour agrandir).

La même rigueur spartiate se retrouve dans la fusion HDR qui, elle, travaille exclusivement à partir de fichiers Raw. L’éditeur conseille de l’alimenter à partir d’une séquence de trois images prises en bracketing de +/- 2 IL, faisant remarquer que si l’image centrale permet d’obtenir un résultat très proche en raison de la latitude de récupération du Raw, un examen plus poussé en zoomant montre que le niveau des détails récupérés par la fusion est bien plus fin. Cela marche aussi avec plus d’images. Comme réglage : l’alignement (pour les photos prises à main levée) et un mode Auto qui applique des réglages pour que l’image résultante, un DNG linéaire, soit exploitable sans autre manipulation. Sinon, c’est avec les ajustements du logiciel qu’il faut agir, car on ne trouve pas de mappage tonal, comme le proposent les logiciels spécialisés dans l’HDR avec des préréglages de tout ordre, certains photoréalistes et d’autres conduisant à des rendus exagérés, sinon outranciers. L’élimination des images fantômes provenant des sujets ou objets en mouvement sera introduite plus tard, dans une mise à jour.

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Les réglages de la fusion HDR (cliquer pour agrandir).
(photo LK)
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En mode Manuel de fusion, on mesure la différence entre le rendu obtenu par défaut et la récupération opérée via les réglages de Capture One Pro (cliquer pour agrandir).
(photo LK)
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Pour obtenir une image HDR aboutie depuis la fusion avec l’ajustement auto du rendu désactivé, il a fallu travailler les ombres et les hautes lumières, et ajuster le bleu (cliquer pour agrandir).
(photo LK)

À la question de savoir si l’empilement de mise au point (focus stacking) est prévu, l’éditeur fait savoir que cela dépendra de la demande des utilisateurs. Et qu’avoir mis la main à la pâte pour le panorama et l’HDR constituait une bonne base technique pour évoluer vers d’autres modes de fusion.

L’intelligence artificielle pointe son nez, enfin le bout du nez, car ici il n’est pas question d’un autobalisage pour affecter des mots-clés ou opérer des masquages complexes, voire combler les vides en bordure lors d’une fusion panoramique comme le fait Photoshop CC. La commande n’en est pas moins intéressante, car elle vise à restaurer l’horizontalité de l’image. Cela marche très bien, mais on arrive à piéger l’algorithme. Dans ce cas, Phase One conseille de lui envoyer un rapport de bogue avec des éléments visuels. Rien d’autre pour l’IA, mais des pistes de réflexion sont suivies, notamment pour évaluer les attributs qualitatifs des photos, le flou par exemple.

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L’alignement automatique de l’horizon piloté par l’IA (cliquer pour agrandir).
(Photo LK)
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Le résultat (cliquer pour agrandir).
(photo LK)
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L’IA a été trompée par la bordure entre les deux masses d’eau de couleurs différentes, qu’elle a prise pour l’horizon.
(photo LK)

Capture One Pro introduit aussi, par Wi-Fi interposé, la prise de vue connectée, la photo arrivant dans le logiciel à l’issue du déclenchement. Pour l’instant, seuls quelques modèles d’obédience Canon sont concernés. La prise en charge finalisée concerne les EOS R5, 1D xII et 1Dx III, alors qu’une introduction préliminaire s’applique aux EOS R6, R, 5D IV et 90D, sans oublier l’usage des grips de transmission de fichiers Wi-Fi, les WFT-E9B, WFT-8B et WFT-R10. L’éditeur annonce une durée de transfert de 5-10 s pour un R5 seul, de 3-6 s quand ce dernier est couplé au grip WFT-R10.

Phase One a aussi apporté des optimisations à la version Windows, qui s’avère plus rapide. Les Canon R3, Nikon Z9 et Sony A7 IV sont désormais pris en charge.

Les multiples versions et options d’achat de Capture One Pro 22 pour Mac et Windows sont accessibles ici pour un usage individuel et dans une optique multi-utilisateur. Une version d’essai gratuite de trente jours est téléchargeable.

Capture One Pro est vendu 349 € en licence perpétuelle (209 € en mise à jour) ou 29 € par mois sur abonnement sans engagement de durée (24 €/mois avec engagement annuel ou 219 € annuellement). Les versions pour Fujifilm, Nikon ou Sony valent chacune 229 € en licence perpétuelle (169 € en mise à jour), ou alors 23 €/mois en abonnement sans engagement, voire 169 € pour un paiement annuel.

- Site de Capture One Pro

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