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MBP Nikon

Cuba, version underground

16/07/2007 | Michel Lion


©Wilfrid Hoffacker / Journal Photographique

L’après-midi est déjà bien entamé quand nous quittons ce lopin de terre où nous avons encore partagé bien plus que des images. Sur les conseils de notre hôte, nous prenons la direction d’une fermette. Là-bas, un éleveur devrait nous recevoir et nous initier aux rites des combats de coq. Le chemin est discret mais il mène droit à un poulailler d’ou s’élèvent des cris stridents. Un homme vient à notre rencontre. Thierry prend les devants, engage la conversation et… un monde s’ouvre devant nous : celui des coqs de combats.


©Wilfrid Hoffacker / Journal Photographique

Les bêtes sont particulières. Elles ont l’œil vif et se tiennent tête haute. Leur plumage est minimaliste. Difficile de savoir si c’est la volonté des éleveurs ou si ces plumes ont été perdues au combat. La notion de race est évidente. Un des hommes présents extirpe un coq de sa cage. L’animal nous oppose son regard perçant. Nullement impressionné par les humains qui l’entourent, il semble prêt à en découdre. Tout à notre fascination, le paysan nous propose d’organiser un entraînement entre deux de ces combattants. Nous acceptons, l’homme fait volte-face et emprunte parmi les palmiers un chemin caché qui donne droit sur une arène circulaire de 2 à 3 mètres de diamètre. Notre présence a attiré quelques voisins qui se massent autour de l’enceinte.


©Bruno Calendini / www.studionature.com

Nous mettons en place notre stratégie, Bruno choisit de rentrer dans l’arène tandis que Wilfrid se poste à la périphérie. Les dangereux ergots sont enveloppés par des bandages tandis que chaque coq est harangué par son dresseur. Lâchés, les animaux se ruent l’un sur l’autre. Bruno est au cœur de cet affrontement. Son idée, être au plus prêt de l’action et travailler au flash, en synchro lente sur le second rideau. À bout de bras il avance son GX10 armé du 12-24 mm au raz du sol, à quelques centimètres des coqs qui multiplient les assauts. Le mouvement est permanent. Difficile de suivre l’action à bout de bras, mais l’autofocus parvient à accrocher la scène. Le mode rafale à 3 im/s montre ses limites d’autant que la mémoire tampon tarde à digérer les mégaoctets de fichiers images (Raw + Jpeg). Soyons juste, le GX10 n’a pas été pensé pour ce type de prise de vues, ce n’est pas un boîtier « sport », même si Bruno réussira quelques images probantes du combat.

L’une des bêtes montre rapidement des signes de fatigue évidents et finit blessée d’une entaille profonde. L’éleveur met aussitôt fin à l’affrontement et prodigue immédiatement à son champion les soins nécessaires, avec l’attention réservée aux grands sportifs. Une fois séparés, les coqs deviennent étrangement calmes alors que trente secondes plus tôt, ils livraient un combat à mort. Les animaux sont lavés, désinfectés et replacés dans leur cage. Nous regardons nos images au dos de nos GX10. Sur l’une des plus réussies, les coqs sont en l’air, légèrement flous et figés par l’éclair du flash. Derrière, les cris des hommes encouragent leur protégé. Nous remercions notre hôte avant de repartir. Dans la voiture, Thierry nous propose une surprise.

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