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MBP Nikon

Dans la baie, sur un zodiac

04/05/2007 | Michel Lion

Le lendemain, nous nous retrouvons au PC. Nous ne voulons pas manquer l’arrivée de « Banque Populaire » qui doit intervenir de jour. Nous croisons Yvan Zedda, grand spécialiste de la photo de voile. Nous échangeons quelques mots mais pas le temps de souffler. Déjà le rythme de la course reprend. Le bateau est annoncé et nous demandons un accès aux vedettes presse. Il reste une place, c’est Bruno qui s’y colle ! Il va passer plusieurs heures en mer. À son retour, nous regardons ses images. Elles sont spectaculaires et laissent imaginer le grand moment qu’il a vécu face au géant des mers.


© Bruno Calendini

Le soir, à la régie PC, nous apprenons que l’arrivée de Brossard, le trimaran skippé par Yvan Bourgnon, est annoncée pour le lendemain matin aux alentours de 8h30. 6h00 du matin, un message sur nos mobiles tombe : Brossard est en avance, le départ des navettes est prévu à 6h30. Branle-bas de combat. Sur le ponton N°5, nous retrouvons Christophe Simon, photographe AFP. Comme nous, il s’est fait surprendre et comme nous, il constate que la navette est partie. Les téléphones sonnent. Au bout du fil l’organisation propose : revenez vers l’hôtel, on va trouver une solution. La solution, c’est un zodiac bi-moteur. Notre skippeur nous prend à bord et mets les gaz direction le large, tandis qu’une petite houle rend notre progression acrobatique. Nous sommes en retard, et nous forçons l’allure. Tout de suite nous comprenons ce qui nous attend. Agrippé aux boudins, nous tentons de préserver notre matériel des embruns et des chocs. Nous pensons que dans ces conditions, le matériel va souffrir. Le D80 n’est pas prévu pour une telle utilisation. Nous cherchons la zone adéquate ou Brossard entamera sa dernière ligne droite vers l’arrivée. Nous sommes à hauteur d’eau et la mer envoie ses paquets. D2x et D80 sont simplement protégés de l’eau et de son sel dévastateur : sous un tee-shirt, une poche plastique ou simplement derrière le dos … ça craint ! « Attention, accrochez-vous ! » Le pilote a crié tandis que le zodiac monte sur la vague et décolle littéralement de la surface en entamant une verticale hasardeuse. On se regarde et on se dit que c’est fichu. On ne vois pas comment le bateau pourra se rétablir et on s’imagine tous à l’eau ! La scène est furtive mais elle semble durer une éternité jusqu’au moment où le zodiac se rétablit miraculeusement dans un grand fracas. Stéphanie s’est mordu la lèvre et gardera quelques douleurs au dos et à la nuque. Bruno assis sur un boudin et cramponné à une corde s’est écorché la main sur la toile abrasive tandis que tout le monde est trempé et hébété. Christophe Simon nous confie goguenard : « C’est comme ça qu’on perd ses dents ! » Brossard apparaît à l’horizon. La brise est bonne et connaissant le tempérament du skippeur : on devrait se régaler. Cette intuition est la bonne, Bourgnon envoie et soulève un flotteur en déchirant l’écume. À bord du zodiac les obturateurs crépitent. La séquence est magnifique, mais le D80 montre ses limites : après six vues en Raw, la rafale à 3 images/seconde s’arrête et le boîtier doit digérer les informations tandis que le trimaran s’éloigne… frustrant. Malgré ce handicap, Stéphanie choisira ce moment précis pour shooter ce qui nous semble être sa plus belle image. Bien lui a pris puisqu’elle lui vaut l’ouverture du dossier paru dans le N°38 de Réflex[e] Numérique.(photo ci-dessous)


©Stéphanie Quesada

À bord du zodiac, notre skipper tente de coller au train furieux de la Formule 1 des mers qui franchit la ligne et cesse sa cadence infernale. Nous profitons de ces instants de répits ou officiels et teams montent à bord du trimaran pour changer de focale et tenter des plans variés. La lumière est magnifique. Le 18-200 f/3,5-5,6 VR fait merveille grâce à ses nombreuses possibilités de focales (pour ceux qui auraient manqué le début, c’est l’équivalent 24 x 36 d’un 27-300 mm) et à sa stabilisation. Je remarque au passage que Stéphanie parvient maintenant à cadrer d’une seule main et à s’accrocher au zodiac de l’autre… autre avantage d’un couple boîtier/objectif (D80 + 18-200) pesant à peine plus d’un Kilo. Lorsque nous gagnons l’hôtel en milieu d’après-midi nous sommes fourbus mais heureux ; nos D80 ont tenu le choc et nous avons d’excellentes images.

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