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SIGMA Nikon

Frédéric Sautereau

08/02/2010 | Benjamin Favier

Photographe indépendant, Frédéric Sautereau mène des projets en marge de l’actualité. C’est pourtant en raison de cette dernière qu’il se rend en Haïti, à la suite du terrible tremblement de terre, le mois dernier. Même dans ces circonstances, il ne déroge pas à sa ligne de conduite et approche ses sujets en gardant une distance nécessaire.

« J’ai la chance de ne pas dépendre uniquement de la presse. Je fais des expositions, un peu de corporate, et je fais beaucoup de dossiers de bourses. » Frédéric Sautereau, photojournaliste indépendant, dresse un constat lucide sur l’état de la profession. Membre de L’Œil Public de 1998 à avril 2009, ses images étaient toujours distribuées par le collectif. Aussi, au lendemain de la disparition de l’agence, il est conscient qu’il doit trouver un nouveau moyen de les mettre avant : « La question va se reposer. Tant que L’Œil Public existait, mon travail était diffusé. Il n’y avait aucune urgence. » Frédéric crée son site à l’automne dernier. On peut y voir les reportages menés aux quatre coins du globe : Congo, Birmanie, bande de Gaza, Nouvelle Orléans, etc. Avec un regard toujours axé sur « la notion de frontière et de division. » Un angle qui trouve son écho le plus retentissant dans le portfolio consacré au mur dressé entre Israël et les territoires occupés. Magistral travail en noir et blanc, qui montre, tout en retenue, la dimension inhumaine du projet et ses conséquences dramatiques sur la population civile.

Haiti. Janvier 2010. Photo : Frédéric Sautereau

Distance

La retenue, la distance : des valeurs qui caractérisent l’éthique du photographe. Il s’en explique dans un passionnant entretien accordé à Télérama.fr, avec en toile de fond, son dernier reportage en date, réalisé à Haïti : « J’ai essayé de réfléchir et de garder cette notion de distance dans ma photographie pour essayer de travailler le plus justement et le plus honnêtement possible. » Arrivé cinq jours après la catastrophe, il reçoit une commande de Libération, une fois sur place. Il y reste six jours. Soucieux de garder ses distances dans son travail, Frédéric n’utilise qu’une focale fixe : « Je travaille avec un Canon EOS 5D Mark II et un seul objectif,le 35 mm F1,4. Je pense avoir trouvé la meilleure distance pour mon travail. Cela me permet de voyager léger. »
Quand on lui demande ce que lui inspire la fonction vidéo de son appareil, Frédéric se montre à la fois intéressé et prudent : « J’ai fait quelques tests. Mais je l’ai très peu utilisée. J’ai déjà fait un petit documentaire au Congo, mais c’était avec un caméscope. Je suis ouvert à ce genre de choses. Mais selon moi, ce n’est pas forcément la solution qui va résoudre tous les problèmes économiques avec la presse. Chaque photographe doit trouver ses propres solutions. » En attendant, il poursuit son approche documentaire. Retour dans la bande de Gaza, à la fin du mois, une fois sa carte de presse 2010 en poche, « sésame indispensable dans cette région », précise-t-il. Pour mettre en images un nouveau chapitre de son travail sur la frontière et la division.

- Le site de Frédéric Sautereau

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