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Fujifilm X-T4 : la stabilisation, enfin !

26/02/2020 | Benjamin Favier

Après l’avoir implémentée dans le X-H1 et son moyen format GFX100, Fujifilm se décide à l’intégrer dans le successeur du X-T3. Pour le reste, on retrouve l’essentiel des caractéristiques de ce dernier, avec un accu censé être plus endurant et un nouvel obturateur, dans un gabarit qui, logiquement, prend quelques grammes et millimètres supplémentaires.

Présentation

Espérée depuis plusieurs générations de Fujifilm X, dans les séries T, Pro et X100, la stabilisation IBIS arrive enfin. Après que Fujifilm l’a implémentée dans les X-H1 et GFX100, il ne faisait guère de doute qu’elle finirait par arriver au sein de ces modèles. Le X-Pro3, sorti fin 2019, n’y a pas eu droit. Ni le X100V, dévoilé récemment.

Quatrième génération

La stabilisation interne était attendue sur le successeur du X-T3. Banco, avec le système IBIS sur cinq axes intégré dans le X-T4, Fujifilm revendique un gain de six vitesses et demi. Sans préciser, pour l’instant, si le système OIS (optique) fonctionne simultanément avec celui embarqué dans le X-T4.

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Le capteur Cmos X-Trans IV est identique à celui du X-T3.

Par rapport au X-H1, la précision de détection des mouvements serait huit fois supérieure, indique la marque, grâce aux récents capteurs gyroscopiques, mais aussi « à une disposition affinée de la structure d’amortissement de l’obturateur ». Pour amortir les vibrations, pas de ressorts, mais des dispositifs magnétiques, embarqués dans la structure IBIS. Ce qui aurait permis de réduire son volume de 30 % et son poids de 20 %, par rapport au système IBIS du X-H1, selon Fujifilm.

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Les modes Boost et Economy sont directement accessibles sur la poignée optionnelle.

En vidéo, un mode Boost sera proposé. A priori, pas de mode haute résolution au programme, pour accroître la définition. C’est toujours le capteur Cmos BSI X-Trans IV de 26 Mpxl qui officie, de même que le X-Processeur 4, à l’œuvre dans les X-T30, X-T3 et X-Pro3, qui reprend du service. Outre les Jpeg et les traditionnels modes de simulations de films (qui s’enrichissent d’un film Eterna sans blanchiment), il sera possible d’enregistrer en Raw avec compression non réversible ou sans perte. Et de générer des Tiff sur 8 ou 16 bits depuis le boîtier.

Nouvel obturateur

Nous l’avons rapidement évoqué dans les lignes précédentes : le X-T4 est doté d’un nouvel obturateur à plan focal, donné pour 300 000 déclenchements par Fujifilm. Basé sur un « moteur sans noyau à courant continu au couple élevé », il permet de gagner en rapidité, par rapport au X-T3. Le délai de déclenchement devrait être raccourci, tandis que la cadence augmente singulièrement, en obturation mécanique, puisque l’on passe de 11 im/s sur le X-T3, à 15 im/s (110 Jpeg, 38 Raw compression sans perte, 35 Raw non compressés, données fournies par la marque) sur le X-T4. En mode électronique, il sera toujours possible de photographier à 20 im/s, voire 30 im/s avec un recadrage 1,25x.

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L’obturateur a été revu. Il est donné pour 300 000 déclenchements par Fujifilm.

Du côté de l’autofocus, on retrouve le système du X-T3. Toutefois, la mise au point serait plus rapide sur le X-T4, grâce à un nouvel algorithme et au suivi amélioré (Fujifilm annonce un taux de réussite doublé par rapport au X-T3). La fonction de détection de visages et des yeux serait également plus performante. Il ne serait pas étonnant qu’une mise à jour soit bientôt proposée aux possesseurs de X-T3 pour bénéficier de certaines de ces avancées, Fujifilm nous y a habitués par le passé.

Accu plus endurant

L’autre principale évolution se situe au niveau de l’accu. Exit le NP-W126S. Avec l’arrivée de la stabilisation, place au NP-W235, qui procurerait, d’après Fujifilm, une autonomie 1,5 fois supérieure. La marque annonce ainsi une capacité de cinq cents vues (six cents en mode Éco, qui fait son apparition aux côtés de Normal et Boost) par charge.

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L’accu NP-W235 alimente le X-T4. Il remplace le NP-W126S.
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Un chargeur optionnel permet de faire le plein de deux accus NP-W235 simultanément.
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La poignée optionnelle comporte deux accus, en plus de celui logé dans le boîtier.

En utilisant la poignée optionnelle VG-XT4 – uniquement compatible avec le X-T4 –, alimentée par deux accus NP-W235, en plus de celle logée dans le boîtier, l’autonomie serait de 1 450 images (1 700 en mode éco). Sur celle-ci, on note un curseur d’accès aux modes Normal, Economy et Boost. En parlant des accessoires, le flash EF-X8, fourni avec les X-T1/X-T2/X-T3, devient optionnel.

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La poignée optionnelle VG-XT4.

Mode vidéo pro

L’arrivée de la stabilisation interne est également une excellente nouvelle pour les amateurs de vidéo. Nous l’avons déjà mentionné, un mode dédié (boost) sera disponible dans les menus. Et il sera possible de la combiner avec la stabilisation électronique. Les réglages vidéos sont désormais totalement indépendants des menus photos et le menu rapide (Q) est aussi dissocié, dès lors que l’on bascule dans le mode vidéo, ce qui s’effectue désormais sous le barillet des vitesses d’obturation : deux pastilles, blanche (Still, pour photo) et rouge (Movie, pour vidéo) sont nichées en lieu et place des modes de mesure de l’exposition, sur le X-T3. Au fil des modèles, la vidéo prend du galon – surtout depuis le X-T2.

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La vidéo prend une place de plus en plus importante, en témoigne le sélecteur au-dessus de la touche AF-On…

Le branchement d’un casque audio passe désormais par un accessoire (fourni), connecté en USB. On pourra opter pour un niveau Mic ou Line, en utilisant un micro externe. Pour ce qui est des cadences, il sera toujours possible de filmer à 24, 25 ou 50 im/s en 4K DCI (4 096 x 2 160 pixels) ou UHD (3 840 x 2 160 pixels), avec un débit de 400 Mb/s. Durée maximale : 20 minutes. En 1 080p, on pourra désormais tourner à 200 im/s (jusqu’à 30 minutes). C’est mieux que sur le Lumix G9. Une fonction « Assistance visuelle F-Log » fait son apparition. On pourra utiliser les profils F-Log ou Eterna/Cinéma.

EVF et LCD

Un écran qui pivote, jusqu’ici, rien de nouveau. C’est le cas depuis le X-T1. Le fait que le LCD soit orientable dans toutes les directions (comme sur les OM-D E-M1 Mark III ou Lumix G9, concurrents du X-T4) constitue une évolution non négligeable : reste à voir dans quelle mesure il restera manipulable, une fois les câbles (micro, HDMI), branchés sur le côté.

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L’écran LCD est désormais orientable dans toutes les directions.

Cette solution semble, sur le papier, plus convaincante que celle mise en œuvre sur le X-Pro3, qui nous a laissés quelque peu sceptiques (lire notre test dans notre numéro 121). La taille de la dalle demeure identique par rapport au X-T3 (3 pouces) ; la définition augmente en revanche, passant de 1,04 Mpts à 1,62 Mpts. Elle est toujours tactile.

Pour autant, Fujifilm n’a pas sacrifié le trèfle, sous le joystick, et nous nous en réjouissons : nous regrettons sa disparition sur les X-Pro3 et X100V (test à venir dans notre numéro 124), ne serait-ce que pour solliciter des fonctions (on peut certes le faire sur l’écran LCD des X-Pro3 et X100V, mais la mise en œuvre est moins intuitive), ou naviguer dans les menus, le joystick étant un peu trop sensible.

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Le trèfle a été conservé, alors qu’il a disparu sur les X-Pro3 et X100V.

La définition et les caractéristiques du viseur Oled sont strictement identiques à celles du X-T3 (et des X-Pro3/X100V). À savoir 3,69 Mpts, grossissement 0,75x et dégagement oculaire de 23 mm. Par contre, trois paramètres font leur apparition : priorité à la faible luminosité, priorité à la résolution ou priorité au rafraîchissement.

Construction et ergonomie

Mise à part une rotation d’écran d’un nouveau type, pas de révolution au niveau de l’ergonomie. À l’instar du trèfle, la disposition des touches correspond à leur agencement sur le X-T3. En y regardant de plus près, seule leur nature diffère. Nous l’avons vu au chapitre vidéo, le sélecteur jadis dévolu à la mesure de l’exposition sert désormais à basculer entre modes photo ou vidéo. Le trio de touches AE-L/AF-L/Q est respectivement remplacé par AF-On/Q/AEL.

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La touche Fn sur le dessus change de place et se rapproche du déclencheur.

Sous le barillet dédié à la sensibilité Iso, apparaît le sigle HDR, en lieu et place du mode Panorama qui est déporté vers une autre position. Sur la face avant, on retrouve le sélecteur de mise au point, une touche programmable et une prise synchro flash.

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Le flash externe EF-X8 devient optionnel.

L’enregistrement des données passe toujours par deux compartiments SD (compatibles UHS-II). WiFi et Bluetooth permettent de piloter le boîtier à distance et de partager des fichiers avec l’application Camera Remote. Avec l’arrivée de la stabilisation, le X-T4 gagne un peu en volume et en poids par rapport au X-T3 : 134,6 x 92,8 x 63,8 mm pour 607 g (avec accu et SD) contre 132,5 x 92,8 x 58,8 mm/539 g. L’ensemble est protégé contre les intempéries, c’est le cas de tous les modèles de la série depuis le X-T1.

Le prix s’élève à 1799 € (boîtier nu) et la commercialisation est prévue pour avril.

- Le site de Fujifilm

Premier avis

Ce boîtier a suscité beaucoup d’attentes, parmi les aficionados de la marque, qui appelaient de leurs vœux l’intégration de la stabilisation sur la gamme X-T. Les voici exaucés, après que la marque a laissé entrevoir le potentiel du système IBIS sur les X-H1 et GFX100. Un apport crucial, dont pouvaient se targuer les acteurs du Micro 4/3, avec les Lumix G9 et E-M1 Mark III en tête de gondole, mais aussi Sony avec ses A6500/6600. Tandis que l’étau se rétrécissait un peu plus, la majorité des boîtiers 24 x 36 sans miroir, comme les A7 II/A7 III ou Nikon Z6 en étant également pourvus.

D’autre part, la montée en puissance de Fujifilm dans le domaine de la vidéo exige une telle technologie, pour filmer dans de bonnes conditions à main levée. C’est donc une excellente nouvelle de voir la stabilisation sur ce X-T4 et il faudra désormais que Fujifilm trouve la bonne formule pour l’incorporer dans toute sa gamme X. Dans un entretien accordé à DPReview, les ingénieurs de la marque ont déclaré avoir privilégié la compacité sur le X100V, pour expliquer l’absence de stabilisation.

En dehors de cette importante nouveauté, le passage à un accu plus endurant va dans le bon sens. On pouvait se demander si le X-T4 aurait droit à la génération d’Oled de 5,76 Mpts, que l’on trouve dans le GFX100 par exemple. Ou si un mode Haute résolution figurerait dans les menus, en même temps que la stabilisation. Il faut en laisser un peu à un futur modèle. Et en attendant, faisons confiance à Fujifilm pour choyer les possesseurs de X-T3, en concoctant une mise à jour intégrant quelques-unes des évolutions du nouveau venu. Avec une gamme optique mature et de qualité, l’APS-C a encore de beaux restes, chez Fujifilm.

Fiche technique

  • Capteur : X-Trans Cmos IV 23,5 x 15,6 mm, format 3/2, 26,1 Mpxl
  • Définition maxi. : [3/2] 6 240 × 4 160 [16/9] 6 240 × 3 512 [1/1] 4 160 x 4 160
  • Définition vidéo. : DCI 4K et UHD 4K (50p, 25p, 24p), Full HD (200p, 100p, 50p, 25p, 24p)
  • Monture : Fujifilm X, coeff. 1,5x
  • Stabilisateur : Oui sur cinq axes (gain de 6,5 IL revendiqué)
  • Tropicalisation : oui
  • Sensibilité : 160-12 800 Iso (80-51 200 Iso)
  • Formats de fichiers : Jpeg, Raf (14 bits), Mov (ALL-I et Gop ; H264, H265), Tiff (8/16 bits)
  • Mise au point : autofocus hybride (contraste et phase) ; modes Zones AF et Large/Suivi sur 425 points ; mise au point manuelle (avec focus peaking) ; détection visage et œil
  • Mesure de l’exposition : multizone (256), moyenne, pondérée centrale, ponctuelle
  • Compensation d’exposition IL : +/-5 IL par 1/3
  • Vitesses : 1/8 000s – 15 mn ; 1/32 000s – 15 mn (électronique) ; 1/32 000s - 15 mn (électronique + mécanique) ; synchro flash 1/250e
  • Modes d’exposition : PSAM
  • Modes Rafale : 30 im/s en obturation électronique avec recadrage 1,25x (60 Jpeg, 35 Raw compression sans perte, 33 Raw non compressés) ; 20 im/s en obturation électronique (114 Jpeg, 37 Raw compression sans perte, 34 Raw non compressés) ; 15 im/s en obt. mécanique (110 Jpeg, 38 Raw compression sans perte, 35 Raw non compressés), 10 im/s en obt. mécanique (164 Jpeg, 44 Raw compression sans perte, 37 Raw non compressés)
  • Divers photo : modes Film (Astia, Provia, Velvia, Classic Chrome, Acros, Pro neg. Hi, Pro neg. Std., N&B avec ou sans filtre, sépia, Effet de grain, Eterna/Cinéma, Eterna Bleach Bypass), ajustement teinte (Acros et Monochrome), plage dynamique, filtres créatifs, intervallomètre, exposition multiple, panorama
  • Balance des blancs : auto, préréglée (7), manuel (3), K
  • Flash : -
  • Prise flash : sabot et prise de studio
  • Visée : électronique Oled 3,69 Mpts, 100 %, grossissement 0,75x, dégagement 23 mm
  • Moniteur : LCD multidirectionnel 7,5 cm /1,62 Mpts
  • Stockage : 2 x SDXC/UHS II
  • Interfaces : USB-C/USB 3.2 Gen 1, micro HDMI, micro 3,5 mm, télécommande 2,5 mm
  • WiFi/Bluetooth/GPS : IEEE802.11b g n/4.2/-
  • Personnalisation : molettes, touches, configurations utilisateur, menu personnel
  • Alimentation : 1 accu Li-Ion NP-W235
  • Logiciels : Raw File Converter
  • Accessoires fournis : Dragonne, câble USB, adaptateur pour casque, accu, chargeur, cache de protection pour grip vertical
  • Dimensions/poids : 134,6 x 92,8 x 63,8 mm/607 g (avec accu et SD)

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