Tout savoir pour réaliser, optimiser et diffuser ses photos

Jonas Bendiksen

04/10/2009 | Benjamin Favier

Ce jeune photographe norvégien, membre de l’agence Magnum, mène ses projets à contre-temps de l’actualité. La meilleure manière, selon lui, d’obtenir des images dignes d’intérêt.

« J’adore travailler sur des sujets laissés sur le bas-côté de la course à l’information quotidienne. Les « orphelins » du journalisme. Bien souvent, les images les plus fortes, les plus convaincantes, surgissent de la face cachée, d’histoires parallèles, invisibles au radar. »

La rhétorique en dit long sur la vision du personnage. Traduite de l’anglais, cette citation ne perd rien de sa poésie en version originale. Bien au contraire. À 32 ans, Jonas Bendiksen dégage une maturité stupéfiante. Ce qui lui vaut d’ailleurs d’être membre de l’agence Magnum depuis 2004. Le Norvégien débute tôt dans le photojournalisme. À Magnum, déjà, où il découvre les rouages de la prestigieuse enseigne, à l’âge de 19 ans. Avant de partir pour la Russie, appareils photo en mains. Sa carrière est lancée.
Le livre Satellites, paru en 2006, contient une compilation de clichés effectués pendant sept ans, dans les ex-pays satellites (d’où le nom de l’ouvrage) de l’URSS. Le but : dresser un état des lieux, quinze ans après l’écroulement du bloc soviétique. Un travail de longue haleine, qui dévoile les troubles identitaires auxquels est confrontée une grande partie de la population, à travers des photos colorées, frôlant parfois l’absurde.

Continuité

Un projet récent (Le printemps géorgien) l’a mené en Géorgie, en même temps que neuf autres photographes de Magnum, pour marquer les vingt ans de son affranchissement de l’URSS. Martin Parr s’est par exemple chargé du tourisme et des loisirs. Paolo Pellegrin s’est penché sur le thème de la religion et de la croyance. Alec Soth sur l’idée de beauté. Bendiksen, pour sa part, a concentré son regard sur la vie de la jeunesse urbaine.

« Je souhaitais rencontrer la nouvelle génération de Géorgiens : ceux qui n’avaient pas de véritable souvenir de la vie sous le régime soviétique, qui avaient grandi dans un tout autre système. À Tbilisi (NDLR : capitale du pays) on les rencontre partout : on ne peut pratiquement pas les distinguer des jeunes de Londres, Oslo ou Berlin. » (extrait du livre Le printemps géorgien, à paraître le 21 octobre aux éditions Textuel)

Jonas Bendiksen ne passe pas sa vie qu’à l’Est. En 2008, son livre et exposition éponyme The places we live ont révélé une entreprise colossale. Tout part du constat que pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, en 2008, plus de gens vivent dans les villes que dans les campagnes. Avec les dommages que ce fait implique. De l’Indonésie au Venezuela en passant par le Kenya et l’Inde, le photographe a porté ses objectifs dans la plaie : ses images, agrémentées de sons d’ambiance, dénoncent les graves problèmes sanitaires endurés par les populations des bidonvilles. Un sujet construit entre 2005 et 2007. Sur la durée.

Crédits Photos : Jonas Bendiksen/Magnum Photos

- Le site officiel de Jonas Bendiksen (site de Magnum)

- Le site de l’ouvrage Satellites

- Le site du projet The places we live in

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