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Nikon

Le Piqué

27/09/2008 | Jean-Marie Sépulchre

Le piqué

Comme pour tous nos essais, le piqué a été mesuré avec la mire DxO et le logiciel DxO analyser, pour un format A2 ; la méthode de mesure n’a pas évolué depuis nos premières rubriques. Les prises de vues étaient faites en RAW, le développement effectué avec Sony Image Data Converter, avec un paramétrage « landscape » sur le boîtier Alpha 900.

Ce choix mérite quelques éclaircissements : dès nos premiers essais, nous avons remarqué que le Sony Alpha 900 délivrait des JPG très doux, ce qui n’est pas un défaut à nos yeux quand il s’agit de faire des agrandissements importants. En effet, l’aspect très piqué de certains petits clichés repose sur une accentuation native musclée, les détails moyens étant soulignés au détriment des détails les plus fins. Sur ces capteurs de résolution moyenne (par exemple de 6 à 10 Mpix) ceci n’est pas un problème, car de toute façon la résolution, comparable en gros à une diapo 24 × 36 ne permet pas de percevoir sur le capteur les plus fins détails. Il en va tout autrement pour les appareils de très haute résolution, qui parviennent à enregistrer des détails si fins qu’on ne les voit qu’à l’écran et pas sur un tirage papier, sauf tireuse de très haute qualité…et loupe !

Le choix de Sony de ne pas prendre de risque sur les détails les plus fins permet moins aux détails moyens de se distinguer, d’où des choix à faire en matière d’accentuation. Mais si l’on destine les photos à une taille de tirage plus raisonnable, notamment A2 pour exposition, on a intérêt à avoir des fichiers un peu plus définis, même si les détails les plus fins s’effaceront sous les lignes d’accentuation qui, si elles restent de l’ordre du pixel, mesureront 1/10ème de millimètre sur le tirage papier. C’est plutôt en réglage par défaut « Landscape » (paysage) que l’Alpha 900 présentera cet excellent compris, alors que standard et portrait seront plus doux et aptes à des post-traitements pour de plus grands formats. Evidemment, en RAW, tous ces choix peuvent être opérés après coup, mais pour du JPG de paysage bien défini, nous conseillerons le réglage paysage prévu par le constructeur.

Le graphique ci-dessous montre les différences de piqué mesurées (et discernables à l’œil) entre les réglages JPG standard et landscape, et le réglage RAW landscape. Avec la même optique (un 50 mm f/1,4 au diaphragme de f/5,6) et pour le format A2, on passe tout simplement d’un piqué très bon en JPG mode standard à excellent en RAW mode landscape !


Le zoom 24-70 mm f/2,8 a donc été mesuré sur cette dernière base.

- 24 mm :

Excellent au centre dès la pleine ouverture, le piqué atteint ce niveau sur les lignes des tiers et les bords à f/4. A f/5,6 et f/8 l’ensemble du champ est au meilleur niveau, avec cependant un léger retrait dans les angles, ce décalage étant imputable à un excès d’aberration chromatique. A f/11 le piqué diminue très légèrement, avant d’être affecté par la diffraction à f/16.

- 35 mm :

Le piqué est excellent dès f/2,8 sur la quasi totalité du champ, même si les angles extrêmes ne sont qu’au sommet du niveau très bon jusqu’à f/5,6. En pratique, il faut vraiment avoir besoin de présenter un paysage très détaille dans les angles pour choisir la valeur de f/8 qui est la plus homogène. Le piqué se maintient au niveau excellent à f/11 mais fléchit un peu à f/16 du fait de la diffraction.

- 50 mm :

Si le piqué se maintient au plus haut niveau au centre dès f/2,8 et sur presque tout le champ dès f/4, la couverture dans les angles est nettement en retrait avant f/5,6 et on conseillera de choisir les valeurs de f/8 à f/16 pour des agrandissements très détaillés sur la totalité de l’image. Ce défaut est évidemment anecdotique pour les utilisations en reportage avec une profondeur de champ bien répartie, car on pose rarement son sujet dans un angle extrême de l’image !

- 70 mm :

La tendance observée à 50 mm se confirme, les angles du format capteur au format argentique sont en retrait, alors que le centre est très bon à f/2,8 et que la plus grande partie du champ est d’un niveau élevé dès f/4. Cependant, si l’on possède par ailleurs un 70-200 G f/2,8 on obtiendra des résultats plus homogènes en paysage avec le zoom longue focale en position 70 mm qu’avec le zoom trans-standard au bout de son range.

LA SYNTHÈSE

La carte de piqué souligne que c’est surtout à 70 mm qu’il convient d’être vigilant et de bien choisir son diaphragme, car le rendement est en retrait dans les angles de l’image. Ce défaut est d’ailleurs visible dès 50 mm, mais dans une bien moindre mesure. Par contre le rendement en grand angle est excellent, et l’utilisation en reportage toujours possible dès la pleine ouverture à toutes les focales : le piqué sera toujours de très bon niveau au centre, même s’il est plus sécurisant en mode priorité diaph de toujours visser d’un cran pour que les bords soient toujours au niveau très bon !

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