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Lumix G100 : apte pour le V-Log, oui, mais pas que…

24/06/2020 | Benjamin Favier

Partageant l’engouement général des constructeurs photo autour du V-Logging, Panasonic positionne son G100 comme un outil performant dans ce registre. Mais il ne faudrait pas occulter ses capacités, loin d’être négligeables, dans le domaine de la photo…

Présentation

Le G100 affiche une orientation vidéo marquée : le but, s’adresser à la génération Z et aux V-Loggers, qui produisent principalement ce type de contenus. À l’image de ce que propose Sony, avec son ZV-1 apparu en mai dernier (test à venir dans notre numéro 128, en kiosque mi-juillet). Où situer le G100, dans la gamme Micro 4/3 Lumix ? L’intitulé suggèrerait que l’on tient là le successeur du G90, sorti l’an dernier. Par le passé, au catalogue de la firme d’Osaka, les modèles G affublés de trois chiffres, tel le GX800, s’adressaient plutôt au grand public. C’est le cas de ce G100, qui inaugure une nouvelle lignée. Avec ses faux airs de PowerShot G5 X, il rompt avec les Lumix G précédents, du point de vue du design.

Différences importantes par rapport au ZV-1, le G100 n’est pas condamné à cohabiter avec un seul objectif, puisqu’il s’agit d’un modèle hybride, et il est pourvu d’un capteur 4/3, contre 1 pouce pour le compact expert Sony. Parmi les kits proposés par Panasonic, celui composé autour du zoom 12-32 mm forme un ensemble d’une surprenante compacité et légèreté : 116 mm de large, 825 mm de haut et 542 mm d’épaisseur, pour 412 grammes. Des dimensions de compact (on n’est pas loin du G5 X, qui pèse 377 g, mais se contente d’un capteur 1 pouce).

Un autre kit, comprenant la nouvelle la poignée-trépied SHGR1, s’adresse particulièrement aux producteurs de contenus sur YouTube et les réseaux sociaux, les fameux V-Loggers. Cet accessoire, contrairement au modèle GP-VPT2BT signé Sony, ne fonctionne pas en Bluetooth, mais via un câble USB avec le G100 (norme 2.0 seulement) : Panasonic l’a voulu dénué de tout accu, pour éviter d’ajouter à la recharge du boîtier celle de la poignée.

Une prise 3,5 mm permet de connecter un micro externe (mais pas de prise casque), que l’on pourra mettre sur la griffe-porte accessoire. Toutefois, la captation interne évolue. De la même façon que le Sony ZV-1 possède un micro directionnel à trois capsules, le Lumix G100 abrite trois microphones, un système émanant de Nokia, baptisé Ozo Audio : en pratique, la captation du son tiendra compte de sa provenance, selon que le sujet se trouve à l’avant, à l’arrière, tandis que le mode Surround prendra en compte l’ambiance sous tous les angles. Un autre mode Suiv repose sur la reconnaissance faciale, ajustant alors « la direction et la profondeur de la prise de son en fonction des mouvements de l’intervenant », indique Panasonic dans sa présentation. Nous reviendrons sur ce point lors de notre test.

La prédilection du G100 pour la vidéo est matérialisée par la touche Rec, entièrement rouge, comme sur le GH5S. Le tournage en 4K UHD est opérationnel à 24 ou 25 im/s (mode PAL, 30 im/s en NTSC) et fera l’objet d’un léger recadrage, ce qui pourrait inciter les V-Loggers à choisir des focales plus grand-angle (le 12-32 mm équivaut à un 24-64 mm en 24 x 36). Pas de donnée précise pour l’instant sur ce point. La durée d’enregistrement, plafonnée à 10 minutes en 4K, atteint 20 min en 1080p. Comme sur le G90, il sera possible de recourir au profil V-Log L (dynamique de 12 IL), qui figure au menu, en filmage courant, ou pour réaliser des time-lapses.

C’est une habitude sur les boîtiers Micro 4/3 en général, la stabilisation est bien intégrée, sur cinq axes. Toutefois, surprise, pas de fonction Dual IS 2, qui combine stabilisation mécanique et optique avec les modèles OIS. Présente sur le Lumix GX9, elle aurait semblé pertinente ici, tant elle est efficace (nous l’avons constaté à plusieurs reprises avec les Lumix G9 et GH5) notamment pour des tournages en mouvement. Et il s’agit ici d’une version électronique, active en vidéo sur cinq axes en 1080p et sur quatre axes en 4K. En photo, c’est la stabilisation optique qui sera active, avec les Lumix G OIS. Nous reviendrons sur ce paramètre lors du test. Dans les menus, pas de fonction interne pour une diffusion en direct. Pas plus sur le Sony Z-V1. Il faudra passer par un module externe en HDMI. Seul le G7 X Mark III dispose d’une fonction Live Streaming dans ses menus, parmi les appareils à destination des V-Loggers.

En ultra haute définition, la stabilisation ne fonctionnera donc que sur quatre axes, comme évoqué précédemment. En termes de cadrages, plusieurs options seront disponibles, pour adapter les contenus aux plateformes de diffusion : par exemple, Frame Marker surlignera les contours du cadre pour visualiser l’image telle qu’elle sera publiée sur les réseaux sociaux. En tenant l’appareil à la verticale, en vidéo, la rotation sera effectuée, afin d’optimiser la diffusion sur les smartphones. Enfin, lors de tournages V-Log, une bordure rouge autour du cadre confirmera que l’enregistrement est actif, lorsque l’écran LCD est déporté sur le côté et tourné vers le réalisateur-acteur. Par ailleurs, plusieurs vu-mètres permettront d’ajuster le son manuellement.

Viseur et flash

Et la photo dans tout ça ? Il serait dommage de ne pas considérer le potentiel du G100 dans ce domaine. Là où Sony a fait l’impasse sur un viseur intégré et un flash sur le ZV-1, Panasonic a maintenu ces attributs. Le G100 possède ainsi un flash extractible manuellement, de faible puissance (NG 3,6 pour 100 Iso, synchro X à 1/50s). Et surtout, un viseur affichant 3,68 millions de points, comme ceux des G9 et GH5 : en revanche, il ne s’agit pas d’une dalle Oled comme sur les hybrides experts, mais d’un afficheur LCD sur le G100. Au dos, l’écran LCD de 3 pouces, tactile, s’articule dans toutes les directions.

Au niveau de la construction, pas de joints d’étanchéité, cela aurait pourtant été utile pour tourner sous une pluie fine. Le capteur de 20 Mpxl sans filtre passe-bas, déjà l’œuvre sur les G9, G90 ou GX9, est exploité jusqu’à 25 600 Iso. L’autofocus DFD repose toujours uniquement sur la détection de contraste, une constante chez Panasonic ; il comporte 49 points, comme sur les GX9 et G90.

L’obturateur, de type électronique, atteint 1/16 000s. La cadence maximale en mode AFC est de 5 im/s (obturation sur le premier rideau). On retrouve par ailleurs des fonctions habituelles sur les Lumix G comme la Photo 4K, le mode L.Monochrome D, ou des possibilités de retouche directement sur le boîtier (développement Raw, effacement d’éléments). La batterie est celle qui alimente le GX9. Elle offrirait une autonomie d’environ neuf cents vues sur le G100, en sollicitant le mode Eco, sinon ce serait environ 270 vues (LCD) et 250 (EVF). La recharge s’effectue en USB (2.0 seulement). Pas de recharge possible pendant l’utilisation. L’appareil sera commercialisé courant août, en noir, aux tarifs suivants :

- G100 Boîtier nu : 649 €
- G100 + 12-32 : 749 €
- G100 + 12-32 + poignée trépied SHGR1 : 799 €
- G100 + 12-60 f/3,5-5,6 : 849 €
- G100 + 12-32 + 35-100 f/4-5,6 : 999 €

- Article mis à jour le 21/07/2020 à 10h58 (recharge USB)

Premier avis

Le salut des fabricants d’appareil photo passe-t-il par la vidéo ? Les récentes sorties et initiatives vont dans ce sens. Si les boîtiers professionnels comme les Nikon Z, le future Canon EOS R5 ou le Lumix S1H s’adressent aux vidéastes chevronnés, les modèles d’entrée de gamme visent les producteurs de contenus sur les réseaux sociaux. Le G100 s’inscrit dans cette logique, et avec lui, Panasonic inaugure bien un nouveau segment (d’où le chiffre 1). Malgré une communication établie autour du V-Logging, en y regardant de plus près (sur le papier, pour l’instant), on s’aperçoit très vite que le potentiel du G100 a aussi de quoi séduire les photographes, souhaitant aller vers un système à optique interchangeable ou alléger leur équipement par rapport à un système reflex. La compacité et la légèreté du kit avec le zoom 12-32 mm impressionne et rappelle le GM5, minuscule compact Micro 4/3. Pouvoir changer d’optiques sera bien sûr un atout majeur, autant en photo qu’en vidéo. Ainsi, pour des sessions de V-Log à plusieurs, un zoom de type 7-14 mm ou 8-18 mm offrira des angles de champ plus larges que le 12-32 mm en kit.

En revanche, l’impasse sur la technologie Dual IS 2, pourtant l’un des points forts des Lumix G et S, est dommage, dans ce contexte où la part belle est faite aux V-Loggers, qui sont amenés à produire des contenus en mouvement, à main levée. La marque nous a précisé qu’il n’aurait pas été possible de parvenir à une telle compacité en intégrant le Dual IS 2. De même, quelques joints contre l’intrusion de poussière ou de l’humidité auraient été les bienvenus. Néanmoins, on se console avec un viseur très défini (mais pas Oled), et une pléthore d’options, tant en photo qu’en vidéo.

Dans le désert actuel des appareils à optique interchangeable d’entrée de gamme (tous les efforts se concentrent sur l’hybrides 24 x 36, pour la majorité des constructeurs), le G100 cherche à répondre aux besoins d’une génération qui a découvert la photo et la vidéo via les smartphones. Nikon en a récemment fait de même en proposant un kit dédié aux V-Loggers, autour du Z50. Mais le placement tarifaire du G100 en fait un concurrent direct des Sony ZV-1 et Canon PowerShot G7 X Mark III, certes plus compacts, mais dépourvus de viseur et possédant un capteur de taille inférieure, sans possibilité de changer d’optique. Chez Panasonic – Olympus reste en dehors du plein format et sort des modèles Micro 4/3 experts et pros comme les E-M1 X et E-M1 Mk III – à terme, les modèles Micro 4/3 pourraient être uniquement destinés au marché d’entrée de gamme, tandis que les modèles 24 x 36 Lumix S occuperaient les échelons experts et pros (un successeur du G9 apparaît de moins en moins probable). Ce G100 semble en tout cas plutôt équilibré et symbolise les avantages du Micro 4/3 sur le plan du poids et de l’encombrement réduits. Nous devrions recevoir un exemplaire de test d’ici la fin du mois de juillet…

Fiche technique

  • Capteur : Live Mos 13 x 17,3 mm sans filtre passe-bas
  • Définition maximale : 21,77 mpxl/20,30 mpxl
  • Montures/Coefficient : Micro 4/3
  • Sensibilités : 10 à 25 600 Iso (jusqu’à 6400 Iso en vidéo)
  • Vidéo : 4K UHD 24 ou 25 ou 30 im/s, Full HD 24 à 60 im/s
  • Formats de fichiers : JPEG, RAW, MP4 (4K Photo), AVCHD Progressive, AVCHD (Audio Dolby Digital 2 ch) MP4 (audio AAC 2 ch)
  • Protection : -
  • Stabilisateur : Stabilisation sur 5 axes
  • Viseur : électronique LCD, 3, 68 mpts, 0,73 x (équivalent 35 mm)
  • Moniteur : LCD 3 pouces orientable et tactile, 1 840 kpts
  • Flash intégré : extractible intégré TTL, NG 3,6 (100 Iso), Auto, Auto/Correction yeux rouges, Forcé On, Forcé On/Correction yeux rouges, Synchro lente, Synchro lente/Correction yeux rouges, Forcé Off Avec modes iA et iA+ seulement
  • WiFi/Bluetooth : WiFi IEEE 802.11b/g/n WPA/WPA2 mode infrastructure – Bluetooth v4.2 BLE (Bluetooth Low Energy)
  • Autofocus : autofocus à détection de contraste avec DFD sur 49 zones, détection de l’œil, détection de visage, MAP tactile
  • Vitesses : 1/16000s-60s en obturation électronique – Pose B
  • Rafales : 6 im/s (AFS)/5 im/s (AFC) électronique 1er rideau – 10 im/s (AFS)/10 im/s (AFC) numérique, 4 im/s avec visée temps réel
  • Photo 4K : Prérafale 4K : 30 im/s (env. 2s) – Rafale 4K : 30 im/s (max 29 mn 59s) – Rafale 4K (S/S) : 30 im/s (max 29 mn 59s)
  • Stockage : SD/SDHC/SDXC (compatible UHS-I)
  • Interfaces : USB 2.0, Micro-B, prise 3,5 mm
  • Alimentation : Li-ion (7,2 V 1025 mAh) jusqu’à 900 photos en mode Eco du viseur
  • Dimensions/Poids : 115,6 x 82,5 x 54,2 mm/345 g boîtier nu avec carte et batterie

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