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Microstocks, késako ?

12/10/2007 | Benjamin Favier

Longtemps controversées, ces nouvelles plateformes sont en passe de devenir une réelle alternative pour de jeunes auteurs non publiés ou débutants. Mieux encore, de simples amateurs y trouvent le moyen de tirer (parfois) de substantiels revenus à la condition de faire preuve de créativité et de bon sens. Éclairage sur un sujet SENSIBLE !

Les microstocks connaissent un succès fulgurant. Ces banques d’images séduisent de plus en plus de photographes de tous horizons. Pour le plus grand bonheur des clients. Une image peut en effet être achetée pour la modique somme de 1 $. En France, Fotolia fait figure de référence. Mais sur la toile, la bataille fait rage entre les banques d’images qui ont dépassé la barre symbolique des 2 millions de clichés mis en ligne. Outre Fotolia, Shutterstock, et surtout Istockphoto, ne manquent pas d’atouts. Revue d’effectifs.

Fotolia

À l’heure actuelle, Fotolia propose quelques 2 494 600 images libres de droit. Depuis le printemps dernier, la V2 a vu le jour. Non sans polémiques. De nombreux utilisateurs se sont plaints de la baisse significative des coûts. Cela n’empêche pas Fotolia d’attirer un nombre toujours grandissant de photographes. La principale force du site réside dans sa simplicité. L’inscription se fait en quelques clics. Ensuite, il suffit de soumettre des clichés à l’équipe de Fotolia. Pour cela, il faut respecter plusieurs critères. Sur cette banque d’images, il faut raisonner en terme de publication. Des photos sur fond blanc, facilement détourables, auront plus de chance d’être sélectionnées qu’une simple photo de paysage, quelle que soit sa beauté. La présence humaine compte énormément. Des talents de metteurs en scène ne sont pas superflus, afin de faire passer un message ou de transmettre une émotion. La sélection est sévère, surtout depuis l’événement de la V2, si l’on en croit les témoignages des rescapés de la première version. Mais si votre photo ne présente pas de fautes techniques majeures (bruit, mauvaise exposition, reflets, flou), il n’y a pas de raison qu’elle soit refusée. À condition, aussi, d’avoir choisi les mots-clés à bon escient. C’est sur ce point que la différence se fait. Un minimum de sept mots-clés est demandé afin d’identifier le cliché injecté dans le moteur de recherche. Concernant le prix, un crédit vaut 0,83 €. Libre à vous de laisser l’exclusivité de la vente d’un cliché à Fotolia. La plupart des utilisateurs préfèrent garder le contrôle de leurs images afin de les mettre en ligne sur d’autres banques d’images. Ainsi, le prix de vente diminuera sensiblement. Mais votre photo pourra être achetée plusieurs fois. Plus vous vendrez, plus Fotolia vous accordera une marge intéressante, même si la V2 semble moins généreuse que son aînée.

le site de fotolia

Shutterstock

Refuser l’exclusivité de la vente d’une image à un site permet d’aller voir ailleurs. Et de faire jouer la concurrence. Mais attention. Rien ne dit qu’une photo acceptée sur Fotolia le sera sur une autre banque d’images. Les critères de sélection varient d’une banque à l’autre. Sur Shutterstock, par exemple, qui culmine à environ 2 473 700 images en ligne, la patience est de rigueur. Il faut soumettre pas moins de dix clichés afin d’être intégré dans la liste des inscrits. Si votre inscription n’est pas validée (dix clichés admis), une période d’un mois est nécessaire avant de pourvoir tenter sa chance une nouvelle fois. Dès lors, on comprend mieux le titre figurant en haut de l’interface du site en anglais « for photographers » (pour les photographes). On serait plus tenté de dire « Interdit aux amateurs ». Une sorte d’avertissement, même si le personnage représenté sur cette même page, qui tient son appareil d’une main, ressemble plus à un touriste qu’à un grand-reporter.

Côté vente, vous toucherez 25 cents sur chaque image vendue. Vos gains atteindront les 30 cents une fois que vous aurez franchi la barrière de 2 000 images vendues (soit 500 $). Mais il faut être prudent. Il existe bel et bien un site en français, au cas où vous ne vous sentez pas à l’aise avec la langue de Shakespeare. Néanmoins, son utilisation n’est pas recommandée. Les mots-clés qui serviront à répertorier vos images seront illico traduits en anglais, de manière parfois douteuse. Il vaut mieux demander conseil à un anglophone dans votre entourage ou éplucher un bon dictionnaire bilingue. Finalement, ce site s’avère particulièrement intéressant pour les acheteurs. Quatre forfaits sont disponibles. La solution permettant d’acheter 750 photos en 30 jours contre 159 $ a tout pour séduire ceux qui sont intéressés par les gros volumes. Elle est déclinable sur trois mois (449 $), 6 mois ( 849 $) ou un an (1 599 $). À noter que les photographes ne sont pas les seuls bénéficiaires sur cette banque d’image. Shutterstock Footage offre en effet la possibilité de proposer des fichiers vidéos. D’une durée de 5 à 60 secondes en moyenne, ils sont vendus de 69 $ à 199 $ et le vendeur en perçoit 30 %. Une aide est disponible pour déposer ses fichiers, pour les adeptes des univers Windows ou Mac.

le site de shutterstock

Istockphoto

C’est la banque d’images de référence. La sélection est plutôt difficile. Avec environ 2 241 000 images en ligne, Istock n’est pas la plus riche des banques d’images. Mais il suffit de regarder les clichés défiler sur la page d’accueil. Le ton est donné. On est dans la cour des grands ! Sur ce site, une place importante est accordée à la photo dite d’art, contrairement à la concurrence où les photos d’illustration règnent en maître. Pour s’inscrire, au moins trois photos acceptées sont nécessaires. Il existe six tailles de fichiers (de XSmall à XXLarge) pour les photos, cinq (de Small à HD 1080) pour les vidéos. Le coût oscille de 1 à 10 crédits. Pour les vidéos, il faut compter entre 10 et 50 crédits.

C’est au niveau du contenu que Istock se démarque. Une page d’entraînement (training) pour les photographes permet de bien se former avant de se lancer dans l’aventure. Ce manuel électronique se révèle très complet. Bourré de détails, d’illustrations, il permet à l’utilisateur débutant de se familiariser très rapidement avec le monde des microstocks. À condition de bien maîtriser l’anglais ! Des exemples de photos refusées sont comparées à des clichés susceptibles d’être intégrés à la banque de donnée d’Istock. Sur le plan photographique, les explications méritent d’être lues attentivement : l’exposition, la gestion du flou, du bruit, la nudité, le droit à l’image… tout y passe ! Enfin, Istock a eu la très bonne idée de proposer une liste de thèmes conseillés, certains étant trop exploités. Le top.

le site de Istockphoto

Pour soumettre des images à ces trois banques d’images, il faut respecter les conditions suivantes. La définition doit être au minimum de 1 600 x 1 200. Le format Jpeg est le plus utilisé. On peut également envoyer des fichiers vectoriels. Dans tous les cas, il faut raisonner en terme de volume. Plus vous aurez un portfolio important, plus vous obtiendrez des gains intéressants. c’est la spécificité des microstocks. Gardez bien à l’esprit qu’une image peut être vendue des dizaines de fois. De quoi faire réfléchir au moment de réserver l’exclusivité de la vente à un site. Les plus gros vendeurs sont présents sur plusieurs sites. Pour l’instant, seul Fotolia ne permet pas de télécharger des fichiers vidéos. Un handicap qui devrait être réparé d’ici au printemps 2008 selon le directeur de Fotolia France, Guillaume Le Beis. Pour le reste, il suffit de posséder un appareil photo. Compact ou reflex, la qualité du boîtier n’est pas l’élément le plus important. C’est d’abord l’originalité et le respect des règles énoncées par chaque banque d’images qui permettent de prospérer. Patience et persévérance sont les clés de la réussite…

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