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Nikon

Nikon D610 : je suis un copier-coller

08/10/2013 | Franck Mée

Opération communication chez Nikon : le D600, victime de l’affaire des poussières, laisse la place prématurément au D610. Celui-ci est presque identique, l’objectif étant surtout de relancer les ventes.

Présentation

Les reflex experts ont généralement un cycle de vie plus long que les modèles destinés au grand public. Alors que ceux-ci se succèdent généralement sur un rythme annuel, leurs grands frères restent souvent au catalogue deux, voire trois ans. Le renouvellement du D600, apparu à la Photokina l’an passé, est donc un accident chronologique : le D610 arrive bien plus tôt que prévu. Sa raison d’être n’est en fait pas réellement d’apporter un renouvellement, mais de mettre fin à la mauvaise image de son prédécesseur.

L’affaire des poussières

Il n’est pas possible de présenter le D610 sans revenir sur l’histoire du D600, tant celle-ci est profondément liée à sa naissance. À son arrivée, le premier reflex 24x36 mm abordable avait fait tourner les têtes et reçu des critiques enthousiastes ; mais quelques semaines plus tard, quelques utilisateurs ont commencé à rapporter un problème de poussières récurrent. En novembre et décembre, les observations se multipliaient, nombre d’acheteurs rapportant les mêmes symptômes : des poussières assez précisément localisées, dans un angle de l’image, revenant là et pas ailleurs malgré les nettoyages. Les autres modèles ne semblaient pas concernés, mais un nombre significatif de D600 étaient touchés.

Nikon n’est pas expert en communication de crise : ce n’est que début 2013 que la marque est sortie de son silence, en évoquant un problème lié à la conception des boîtiers qu’il était possible de corriger en service après-vente. Communication maladroite, la marque ne donnant ni explication au problème ni aucune information sur la correction apportée, et surtout trop tardive : le mal était fait, et la réputation du D600 était durablement entachée par ce problème.

Ainsi naquit le D610

C’est donc dans l’urgence que Nikon a confectionné un nouveau reflex, destiné à tourner la page et à restaurer la confiance des acheteurs. Le D610 n’est logiquement pas une nouveauté marquante : il n’a pas eu le temps de subir un cycle complet de recherche et développement. Nous ne pouvons tout de même masquer une petite déception : il n’adopte aucune des nouveautés apparues au printemps sur le D7100. En particulier, son autofocus reste celui du D7000, avec 39 collimateurs dont 9 croisés : le nouveau "petit frère" est bien mieux doté avec ses 51 collimateurs dont 15 en croix… Pas non plus d’écran plus défini (1 230 kpts sur le D7100, 921 kpts sur le D610) et bien sûr pas de révolution technique : le capteur est toujours à 24 Mpxl et la vidéo reste en Full HD à 30 images par seconde maximum.

En faisant le tour de l’appareil, on ne trouvera en fait qu’une vraie évolution : le mode de motorisation Qc, qui permet de combiner prise de vue en rafale et déclenchement "silencieux", où le mouvement du miroir est ralenti pour réduire le claquement. Cette rafale discrète est limitée à 3 images par seconde, la rafale normale atteignant 6 im/s (contre 5,5 im/s sur le D600).

Cette évolution peut paraître un peu légère, le D610 faisant ainsi l’impasse sur des fonctions appréciées sur la concurrence (le Wi-Fi passe toujours par un adaptateur optionnel, par exemple), mais cela permet à Nikon de rester raisonnable du côté des tarifs : à 1 899 €, il conserve le prix du D600.

- Le site de Nikon

Premier avis

Le D600 est un très bon reflex, qui a été victime d’un défaut technique et, surtout, d’une communication (ou d’une longue absence de communication) plutôt ratée de la part de Nikon ; celle-ci se poursuit d’ailleurs puisque la marque refuse toujours d’expliquer quelle était l’origine des poussières et comment le problème a été corrigé. Le D610 ne vient donc pas apporter une vraie nouveauté, mais retrouver sur le marché la place que le D600 aurait méritée. Du coup, nous comprenons que Nikon se soit contenté d’une évolution mesurée, mais nous aurions tout de même apprécié de voir arriver quelques nouveautés du D7100, comme l’autofocus et l’écran amélioré. Ceci dit, il devrait arriver au même tarif et remplacer le D600 sur les mêmes étagères : la transition devrait donc être indolore, pour ne pas dire inaperçue.

Fiche technique

  • Capteur : CMOS 24x36 mm, 24,3 Mpxl
  • Protection du boîtier : oui
  • Stabilisateur : non, via l’objectif
  • Antipoussière : par vibration et via la fonction d’effacement des poussières de Capture NX2
  • Définitions maximales : FX : 6016 x 4016 pxl, DX : 3936 x 2624 pxl
  • Monture : Nikkor AF, coeff. mult. 1x
  • Vidéo : Full HD 30p, 25p, 24p. HD 720 60p, 50p, 30p, 25p. Prise de son stéréo
  • Sensibilité : 100 à 6400 Iso, extensions de 50 à 25 600 Iso
  • Formats de fichiers : Nef, Jpeg, Nef+Jpeg, Mov
  • Autofocus : 39 collimateurs dont 9 en croix, 7 collimateurs sensibles à f/8
  • Mode d’exposition : PSAM, Auto, Scène, U1, U2
  • Type de mesure : TTL, capteur RVB 2016 pixels
  • Bracketing d’exposition : sur 3 vues, à +/- 3 IL
  • Vitesse : 1/4000 s à 30 s
  • Rafales : 6 im/s, 3 im/s en mode discret
  • Balance des blancs : Auto, tungstène, fluorescent, ensoleillé, flash, nuageux, ombres, pré-enregistré et réglage de la TC
  • Contrôle du flash : iTTL
  • Flash intégré : NG 12 à 100 Iso, contrôleur iTTL de flashs distants
  • Compensation d’exposition au flash : -3 à +1 IL
  • Visée : optique. 100% en FX, 97% en DX. 21 mm de dégagement, grossissement 0,7x.
  • Moniteur : TFT 3,2", 921 kpts
  • Stockage : 2 logements pour cartes SD, SDXC, UHS-I
  • Interfaces : Hi-Speed USB, HDMI type C, mini jack stéréo, prise GP-1
  • Alimentation : Batterie Li-Ion EN-EL15
  • Dimensions/poids : 141 x 113 x 82 mm / 850g (avec batterie et cartes mémoire), 760 g (nu)

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