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[PHOTOKINA 2018] Panasonic S1 et S1R : l’avenir en 24 x 36

25/09/2018 | Benjamin Favier

Alors qu’elle célèbre le dixième anniversaire de sa gamme Lumix G, Panasonic embraye sur une nouvelle lignée d’appareils hybrides. Les S1 et S1R adoptent un capteur plein format et la monture Leica L.

C’est l’annonce phare de cette Photokina 2018. Panasonic se lance à l’assaut du plein format, dans le sillage de Canon EOS R et Nikon Z, face aux Sony A7 et A9. Elle annonce deux boîtiers, encore au stade de développement. À la question, depuis quand pensez-vous au plein format, au sein des équipes Panasonic ? Les représentants nippons de la firme d’Osaka répondent environ deux ans. En fait, dans la perspective de passer à la vidéo 8K (elle a annoncé en 2016, lors de la présentation du GH5, son intention de passer à cette définition en se fixant comme échéance les Jeux Olympiques de Tokyo, en 2020) les ingénieurs se sont rendus compte qu’ils seraient limités par le format 4/3.

Pour autant, la marque avait-elle prévu d’annoncer son arrivée sur l’hybride plein format lors de cette Photokina ? Rien n’est moins sûr, et il n’est pas interdit de penser que la récente émergence des Canon EOS R et Nikon Z a précipité cette levée de voile partielle sur les S1 et S1R ; même si la marque avait déjà procédé de la sorte avec le GH5, lors de la précédente édition, il y a deux ans. Panasonic a tout de même divulgué quelques caractéristiques de ses S1 et S1R. Voici ce que nous savons, alors que l’officialisation vient tout juste d’avoir lieu.

Deux frères

À l’instar de ce qu’a fait Nikon avec les Z6 et Z7, et de ce qu’avait fait Sony en 2013 avec les A7 et A7R, Panasonic sort deux modèles simultanément, en entrée, et dans le haut de la gamme hybride 24 x 36. Ainsi, le S1 abrite un capteur plein format de 24 Mpxl – les ingénieurs Panasonic nous ont confirmé qu’il ne s’agit pas de celui à l’œuvre dans le Leica SL, sans donner plus de précisions – tandis que le S1R inaugure un imageur de 47 Mpxl. Les deux boîtiers seront pourvus de la stabilisation, et la fameuse technologie Dual Image Stabilisation sera à l’ordre du jour, avec des optiques Lumix. Mais pas avec les objectifs Leica L existants.

Monture Leica L

Oui, vous avez bien lu, les S1 et S1R adoptent la monture L chère à la firme de Wetzlar, qui entretient un partenariat avec la division photo de Panasonic depuis 2001, et jusqu’à nouvel ordre, il est valable au moins jusqu’en 2019. Il sera ainsi possible d’utiliser des objectifs en montures Leica M, PL, R, S et T, via les bagues existantes (mais on ne pourra pas monter d’optiques Micro 4/3). Et bien sûr, les imposants zooms stabilisés que sont les SL 24-90 mm et 90-280 mm f/2,8-4 ASPH, ainsi que le 50 mm f/1,4.

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Ce trio optique sera lancé en même temps que les S1 et S1R.
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Prototype du futur 70-200 mm, qui ouvrira probablement à f/4.

De son côté, Panasonic va bien sûr proposer des optiques. Trois modèles seront commercialisés en même temps que les boîtiers : un 50 mm f/1,4 (le mock up est pourvu d’une bague de diaphragme), un 24-105 mm et un 70-200 mm, les prototypes de ces deux derniers laissant penser qu’ils ouvriront à f/4. Puis, d’ici 2020, une dizaine devrait arriver en renfort. Mais pour l’instant, aucune feuille de route n’est communiquée.

Cerise sur le gâteau, Panasonic a noué un partenariat avec Sigma, ce qui laisse augurer de belles choses pour la gamme optique Lumix plein format… Nous tâcherons d’obtenir plus d’informations sur ce point dans les jours qui suivent auprès des différents acteurs.

4K à 50 im/s et AF DFD

La principale difficulté technique, lors de l’élaboration des S1 et S1R, fut d’adapter le nouveau processeur Venus Engine au format 24 x 36, confessent les ingénieurs. Panasonic souhaite faire perdurer la polyvalence à laquelle elle nous a habitués ses modèles experts Micro 4/3, tant en photo qu’en vidéo. Aussi, les S1 et S1R filmeront tous les deux en 4K UHD à 50 im/s. Là encore, nous n’avons pas pu avoir plus d’information à ce stade. Et l’autofocus dans tout ça ? Toujours pas de détection de phase. Panasonic reste fidèle au système DFD à détection de contraste, sans fournir plus d’éléments. Pour enregistrer les données, l’utilisateur aura le choix entre les cartes SD ou XQD.

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La trappe d’accès aux cartes mémoire sera sécurisée.

Viseur plus défini que les GH5 et G9

Quid du viseur ? Le prototype que nous avons eu entre les mains dispose d’un œilleton circulaire, comme celui du Leica SL, qui confère d’emblée une dimension pro aux S1 et S1R. Comme les Nikon Z6/Z7, les deux modèles ont droit à une construction rigoureusement identique, jusqu’au viseur : un Oled de 3,68 Mpts ? « Le viseur aura une définition supérieure », nous répondent les ingénieurs d’un sourire, sans en dire plus.

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Deux touches près du grip, cela rappelle les Nikon D850 ou Z6/Z7…
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L’œilleton rond protège un viseur qui devrait avoir une définition au moins – sinon plus – égale à celui du Leica SL, soit 4,4 Mpts.

Pourquoi pas celui du Leica SL, qui offre 4,4 millions de points ? Il faudra patienter quelques mois pour le savoir. Contrairement au choix opéré sur les GH5 et G9, l’écran LCD ne sera pas orientable dans toutes les directions, mais inclinable, sur un axe vertical, à la manière d’un A7 ou d’un Z. Et il pourra être déporté sur un côté, pour faciliter le cadrage en prise de vue verticale.

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L’écran LCD tactile pourra être incliné sur un plan vertical, et déporté sur un côté, comme sur les Fujifilm X-T2/X-T3 ou le GFX 50S.

Gros G9

En résumé, les S1/S1R sont de « gros G9 ». Le gabarit imposant s’explique par la nécessité de pouvoir ventiler le capteur en vidéo, à pleine définition. Entièrement « jointoyé », le boîtier tranche, logiquement, avec la philosophie propre au Micro 4/3, qui mise avant tout sur la compacité et la légèreté. La disposition des touches, le LCD de rappel sur le dessus, font écho à ce que l’on a vu sur le G9.

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À gauche, le prototype du S1R avec le futur 50 mm f/1,4, à droite, le G9.

Deux touches sont accessibles en façade, entre la monture et la poignée, à la manière de ce que propose Nikon sur ses Z. Sans surprise, pas de flash en vue. La trappe d’accès aux cartes mémoire sera verrouillée. Et au volet connectique, figureront prises micro, casque, HDMI, USB (mais nous ne savons pas de quel type) et une prise synchro flash. Il faudra patienter quelques mois pour en savoir plus, d’ici la commercialisation qui devrait intervenir à l’issue du premier trimestre 2019.

Service pro

Un service Lumix Pro ? Cela existe déjà en réalité, mais uniquement au pays du soleil levant. Il devrait débarquer en Europe (et aux États-Unis), début 2019. Il ne concernera pas que les futurs possesseurs de Lumix S : les utilisateurs de GH4, GH4R, GH5, GH5s et G9 pourront enregistrer leurs produits en ligne dès que le service sera activé. Nous vous tiendrons informés dès que ce sera le cas. Plusieurs niveaux d’adhésion seront au menu. Parmi les services proposés, Panasonic évoque « des actes de maintenance complémentaires tels que le nettoyage du capteur, du viseur ou du boîtier, ou bien l’étalonnage d’un objectif. » Mais aussi des délais de traitement rapides et garantis ou des équipements de prêt. Là aussi, nous attendons plus de détails de la part de la marque.

Premier Avis

L’arrivée de Panasonic sur le marché du plein format est une excellente nouvelle. Le savoir-faire de la marque en matière d’appareils à optiques interchangeables a largement été éprouvé : le G9, sorti en début d’année, réunit tous les ingrédients (robustesse, viseur impeccable, polyvalence photo et vidéo) pour séduire des photographes exigeants. Mais le format 4/3 reste limité sur le plan de la qualité d’image, face à la concurrence, qui s’est singulièrement accrue, sur le front des appareils experts vendus à plus de 1500 € ; là où évoluent les Sony A7 III, Canon EOS 6D Mark II ou Fujifilm X-T3 (en test dans notre prochain numéro), qui offrent tous une qualité d’image supérieure.
Avec l’arrivée conjointe de Canon et Nikon sur le segment hybride 24 x 36, Panasonic se devait de proposer une alternative au Micro 4/3. Alors que Fujifilm s’en est allé sur le moyen format, la firme d’Osaka mise sur le format cher à Oskar Barnack, en adoptant la monture Leica SL et en concluant un partenariat avec Sigma. Sur le papier, l’affaire paraît rondement menée. Et les premières caractéristiques, dévoilées au compte-goutte, sont prometteuses.

Reste à savoir comment Panasonic va gérer la cohabitation entre le haut de la gamme Micro 4/3 et l’entrée de gamme 24 x 36. Nous n’avons pour l’instant aucune idée du prix du S1. Mais s’il se rapproche des 2000 € (dans les mêmes eaux que les Sony A7 III et Nikon Z6), il va sérieusement venir enquiquiner le G9 (le GH5 s’adresse plus aux férus de vidéo). On peut ainsi se demander si ce dernier aura un jour un successeur… Il sera aussi intéressant de comparer le S1 au Leica SL, qui adopte aussi un capteur de 24 Mpxl.

Pour ce qui est de la concurrence en hybride 24 x 36, elle s’annonce féroce, avec quatre protagonistes (cinq avec Leica, mais dans une autre sphère de prix…) ambitieux : Canon, Nikon, Panasonic et Sony. Finalement, Ricoh reste le seul acteur à ne jurer que par les reflex – il y a bien eu une tentative dans l’hybride, mais rapidement abandonnée. Les A7/A9 ont une sacré longueur d’avance, avec un vaste choix optique, qu’il s’agisse des modèles Sony ou tiers. Et c’est là que Panasonic serait bien inspirée, outre la pertinence du choix de la monture L, de publier une feuille de route qui renseignerait sur la nature des optiques à venir d’ici 2020. L’avènement du service Lumix Pro est un premier signal encourageant.

- Article mis à jour le 25/09/2018 À 16H11 (ajout de photos)

- Le site de Panasonic

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