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MBP Nikon

Panasonic GX8, la série de l’été (2) : préparations aux concerts

18/07/2016 | LAURENT KATZ

Voilà, le vif du sujet de la semaine a été de tailler un GX8 à ma mesure. Ou presque car des affinements viendront inéluctablement au fil des prises de vue. Notamment pour la photo de spectacle mise en œuvre aux Francofolies de La Rochelle.

Comme tous les boîtiers experts, la profusion des réglages déconcerte, étonne, exaspère. On aimerait trouver ceux que l’on pratique et ne plus voir ceux dont l’inutilité paraît criante. Car, mine de rien, il y a huit écrans pour la photo, cinq pour la vidéo, neuf pour la personnalisation, cinq pour la configuration, quatre pour la prise de vue, chacun renvoyant vers des paramétrages simples, genre oui/non, d’autres vers des menus secondaires… Hélas, il n’y a pas moyen de rendre une apparence Twiggy en inhibant l’affichage des items inutiles. Il faut donc en rester à la version Beth Ditto, extraordinaire chanteuse de pop-rock soit dit en passant. Heureusement, il y a des raccourcis pour naviguer plus rapidement. Ce qui suit est d’ailleurs peu ou prou applicable à une majorité d’appareils.

Molettes et boutons sur mesure

Pour parcourir les menus au mieux, la molette avant fait passer d’un onglet à l’autre. Agir avec le doigt sur l’écran va beaucoup plus vite, mais ne suffit pas. Par exemple, pour ajuster à la volée une option précise, comme activer/désactiver le focus peaking, plonger dans le bain des menus est inenvisageable dans l’action. Affecter la commande à une touche de fonction ou au Q.Menu offre un accès plus rapide. Ce Q.Menu regroupe quinze réglages, que l’on peut modifier pour changer les valeurs par défaut. La démarche consiste alors à lister les fonctions dont on envisage un accès fréquent et les placer sur des touches les plus sollicitées et reporter dans le Q.Menu les autres.
S’il y a trois touches identifiées comme des touches de fonctions paramétrables, une sur le dessus et les deux autres au dos, le boîtier en présente bien plus, ce que montre l’écran qui assure leur paramétrage. Il y en a sept sur le GX8, les autres étant accessibles sur l’écran tactile.

Si l’on vise à l’œil, il faudra parmi les commandes préférées faire un autre choix, pour savoir lesquelles affecter aux boutons du boîtier et celles qui prendront place sous le capot des touches tactiles. Par exemple, réserver à ces dernières les fonctions liées à la vidéo, puisque l’on filme rarement via le viseur, ou encore celle que l’on pratique en macrophotographie, quand l’appareil trône sur un trépied.

Pour ma part, j’ai déjà choisi d’affecter la commutation de la tactilité de l’écran à la touche jouxtant le déclencheur vidéo (Fn1). Pourquoi ? Simplement parce qu’un des attraits de l’afficheur tactile est de permettre le déplacement de la zone de mise au point, même si celui-ci est éteint au profit du viseur. L’écran devient une sorte de tablette sur laquelle le pouce choisit la zone de mise au point. Reste que pour des photos où l’on préfère travailler avec un AF centré, il importe que le nez ne vienne pas effleurer l’écran. Nul besoin d’être Pinocchio ou Cyrano de Bergerac pour que cela arrive dans le feu de l’action, même si le viseur déporté sur la gauche incite le nez à se nicher contre le flanc gauche de l’appareil. Il existe aussi une option qui dédie le pad à cette action, celui-ci ne donnant plus accès aux autres commandes. Sur le bouton arrière droit (Fn4), j’ai placé la commutation de l’obturateur électronique (systématiquement activé si le Mode discret est enclenché) quand Fn3 (la touche Corbeille en mode Lecture) gère le focus peaking : inhibition, niveau 1 et 2. Sur Fn5, au centre du commutateur des modes de mise au point, j’ai placé la gestion du mode d’exposition.

Peu attiré par la vidéo et la visée sur écran, sauf pour la macro sur pied ou le cadrage au-dessus d’une foule, les touches tactiles n’ont pour l’instant pas trop bougé. Le Q.Menu a été personnalisé, pour regrouper des paramètres de rendu : style de photo, format d’image, type de fichiers, format vidéo, effets suivis d’options d’affichage (histogramme, focus peaking, zebra pattern). Voilà, il n’y a plus qu’à se souvenir de tout cela pour y accéder rapidement et ce n’est pas gagné, parce que jongler avec toutes les commandes, c’est comme pratiquer le bandonéon.

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Première tentative de paramétrage des touches de fonction et du Q.Menu.

Est-ce l’habitude d’autres boîtiers qui joue ? J’ai du mal à me faire à l’emplacement du correcteur d’exposition. Une molette de sensibilités m’aurait plus convenu, accompagné d’une gestion différente des deux molettes, comme sur un Pentax. Ouverture ou vitesse à l’avant, selon la Priorité choisie, correcteur d’exposition à l’arrière. Par ailleurs, la touche Fn7 à l’avant, affectée par défaut au contrôleur de profondeur de champ n’est pas proéminente du tout, le majeur devra s’y faire !

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Les Tours Saint-Nicolas et de la Chaîne, sur le vieux port de La Rochelle.
(1 250 Iso, f/3,5, 1/20s, -2 IL, 24 mm eq. 24 x36, Olympus Zuiko 12-40 mm f/2,8, photo LK)

Les Francos au prisme du GX8
La Rochelle, c’est entre autres manifestations estivales, les Francofolies majoritairement réservées aux chanteurs français ou originaire de la galaxie francophone. Mais quand un groupe aussi mélodique qu’Aaron chante en anglais, il n’y a pas lieu de s’en plaindre. La majorité des concerts se passent en plein air, mais pas que. Certains se déroulent à La Coursive, un espace rochelais dédié aux spectacles les plus divers (cinéma, théâtre, musique, danse, arts de la piste …). C’est là que les photos ont été prises, car il est permis (ou du moins pas interdit…) d’y photographier. Et la programmation correspondait à mes attentes. Une création de Brigitte autour des chansons de Balavoine, un concert de Bernard Lavilliers avec Témé Tan en première partie (chanteur belge, ayant vécu au Congo, produisant une musique métissée des plus intéressantes alliée à des paroles imprégnées de sa jeunesse africaine). Et un triple concert avec Emily Loizeau, Lou Doillon et Keren Ann, sorte d’hommage indirect à la fusion des esprits anglophones et francophones qui s’est révélé être un triple bijou.

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Ambiance quasi monochrome pour ce début de concert de Brigitte.
(1 600 Iso, f/5, 1/30s, -1 IL, 74 mm eq. 24 x36, Panasonic G Vario 35-100 mm f/4-5,6, photo LK)

Pour le premier concert, la verroterie était composée des 35-100 mm f/3,5-5,6 et du 14 mm f/1,7 de Panasonic (qui n’a presque pas servi), complété par le 60 mm f/2,8 d’Olympus - une optique macro qui assure aussi en portrait. Le petit zoom télé, moins ambitieux que le 35-100 mm f/2,8, est compact et rétractable. Pour la sensibilité, c’est 1 600 Iso qui a été choisi, avec des incursions plus basses quand l’éclairage était plus abondant. Car le Micro 4/3 ne caracole pas sur le podium des alpinistes du Mont Iso. Les Vosges ou le Jura oui, mais les Alpes ou les Pyrénées, non. Si des photos de mires bien éclairées montrent qu’à 6 400 Iso il suit la pente, le vrai terrain d’escalade, celui d’une salle de spectacle est autrement plus difficile. Quelques essais à cette valeur sont dissuasifs si l’on tient à une qualité minimale. Par cela, la suppression du bruit doit être liée à la préservation des détails fins. Déjà, à 1 600 Iso, il est impossible de se départir d’un rendu numérique, virant parfois au pictural et à la simplification. Cela ne se verra pas pour illustrer un blog ou imprimer en petit format, mais pour passer aux tirages A3/A2, mieux vaut envisager l’APS-C ou le plein format.

Dans la pratique, les images sont passées à la moulinette de DxO Optics Pro. Selon la destination et la taille de reproduction, la réduction du bruit, tant en luminance qu’en chrominance, sera plus ou moins importante. À quoi cela sert-il de risquer de perdre des détails quand les processus d’impression ou d’affichage vont d’eux-mêmes éliminer les pixels disgracieux. Dans la photo ci-dessus, un fort zoom montre de nombreux artefacts dans le ciel, allant du grain à 200 % sur un moniteur 2 540 x 1 600 au bruit coloré basse fréquence et un effet « bactéries dans une eau bleue » quand le zoom passe à 800 %.

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Un cas d’exposition pas évident en raison du contraste entre les deux zones de l’image. D’où l’usage indispensable du Raw.
(1 600 Iso, f/5, 1/60s, -1 IL, 120 mm eq. 24 x36, Olympus M Zuiko Digital Micro 60 mm f/2,8, photo LK)

Premier concert, donc, avec le duo Brigitte qui revisite le répertoire de Balavoine. La sono pas terrible contrecarre le projet artistique. Première constatation, déjà effectuée avec le Sony RX100 IV, l’exposition multizone n’est pas toujours à la fête. C’est entre -1 Il et – 2 IL que le correcteur a été calé. Je ferais sans doute des essais en mesure pondérée centrale ou ponctuelle. Il faut se méfier comme de la peste de l’afficheur (écran ou viseur) qui embellissent le rendu, le rendant plus lumineux que l’aspect réel, ce que montre l’affichage sur un moniteur calibré et étalonné, soumis au joug d’un profil ICC personnalisé. Je l’ai appris à mes dépends. Un coup d’œil sur l’histogramme du boîtier montre la réalité de l’exposition.

Sur cette base, les ambiances lumineuses très contrastées sont bien restituées. Mais un problème surgit. Ne voulant pas aller au-delà des 1 600 Iso, la vitesse avec une optique peu lumineuse descend souvent sous le 1/100s et ce qui pourrait passer pour un flou résultant du lissage opéré par le traitement antibruit n’est souvent qu’un petit flou de bouger qui fusionne les microdétails. Un Olympus Zuiko Digital ED 300 mm f/4 ferait bien l’affaire pour les plans rapprochés. Ici, le modeste 35-100 mm est trop juste, tant en luminosité qu’en focale.

Je me suis aussi essayé, en marge de l’autofocus ajusté sur une zone centrale, à la mise au point manuelle avec la loupe d’assistance. Pas assez rapide, car le focus peaking n’est pas si bien réalisé que cela, celui de Sony m’étant apparu plus efficace pour ajuster visuellement le point. L’AF remporte la palme de la rapidité et de la précision, montrant la technicité dont fait preuve Panasonic dans ce compartiment. Voici quelques photos, prises d’un peu trop loin à mon goût depuis ma place de spectateur. Sous DxO Optics Pro, je n’ai pas toujours employé le Smart Lightning, mais adapté les réglages aux différentes plages tonales et sollicité le réducteur de bruit Prime. Cependant, comme je l’ai dit plus haut, trompé par l’affichage du boîtier, j’ai sous-exposé un peu trop et là, le Smart Lighting et sa commande Spot m’ont bien aidé. A signaler que les profils alliant le GX8 aux optiques Olympus sont présents. J’ai ici le sentiment d’avoir tiré le maximum des prises de vue, tenu compte du matériel.

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La silouhette à contre-jour de la chanteuse se prêtait bien à une conversion monochrome (Ilford Delta 100) avec DxO Film Pack 5 intégré à DxO Optics Pro 11.
(6 400 Iso, f/5,4, 1/200s, -1 IL, 110 mm eq. 24 x36, Panasonic G Vario 35-100 mm f/4-5,6, photo LK)
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Un recadrage d’un fichier pris à 6 400 Iso. Loin de la qualité qu’offre un capteur plein format.
(6 400 Iso, f/5,3, 1/100s, -1 IL, 120 mm eq. 24 x36, Panasonic Lumix G Vario 35-100 mm f/4-5,6, photo LK)
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Le passage au N&B (DxO Film Pack 5 - Ilford Delta 400) diminue l’aspect bruité. La photo, prise en mode Portrait, a été recadrée à mi-hauteur environ.
(1 600 Iso, f/5,6, 1/50s, -1,3 IL, 188 mm eq. 24 x36, Panasonic Lumix G Vario 35-100 mm f/4-5,6, photo LK)

Pour le concert de Lavilliers, j’étais plus près et muni du Panasonic 45-175 mm f/4 et de l’Olympus 12-40 mm f/2,8. Ce sera l’objet du prochain rendez-vous, dont voici deux images en avant-goût. Et pour le dernier concert, le Panasonic 100-300 mm f/4-5,6 est entré en lice.

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(1 600 Iso, f/4, 1/30s, -1,3 IL, 46 mm eq. 24 x36, Olympus M Zuiko Digital 12-40 mm f/2,8, photo LK)
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(1 600 Iso, f/4,8, 1/800s, -2 IL, 150 mm eq. 24 x36, Panasonic Lumix G X Vario 45-175 mm f/4-5,6, photo LK)

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