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Sony A7 IV : Le petit frère des 
A1 et A7S III

21/10/2021 | Benjamin Favier

Le voici enfin, le successeur de l’A7 III, brillant hybride 24 x 36. Cette quatrième itération prend du galon : la plupart des caractéristiques proviennent des A1 et A7S III…

Présentation

Certains boîtiers suscitent plus d’attente que d’autres. L’Alpha 7 IV fait partie de ceux-là. Indéniablement. D’autant plus, peut-être, après que Canon et Nikon ont relancé leurs gammes hybrides 24 x 36 respectives, les EOS R6/R5 et Z6/Z7 seconde génération étant bien plus convaincants que les premières moutures respectives ; tandis que Lumix avance des arguments pour séduire les vidéastes sur l’entrée de gamme, avec un S5 qui rappelle les belles heures du Micro 4/3, tant il est compact. C’est dans ce contexte, que Sony officialise l’A7 IV. Le successeur de l’A7 III. Mais surtout, le petit frère des A1 et A7S III.

Double BionZ XR

Récemment, en découvrant le ZV-E10, nous avons été déçus que la refonte de l’interface, saluée sur l’A7S III, puis sur l’A1, ne soit pas à l’ordre du jour, sur cet appareil sans miroir au format APS-C, dédié aux vloggers. Réponse de Sony, le petit dernier était tout simplement limité par son processeur, le BionZ X, puissant, certes, mais qui appartient, déjà, au passé. L’Alpha 7 IV embarque lui le duo BionZ XR, à l’œuvre sur les A7S III et A1. Deux processeurs pas totalement identiques, l’un prenant en charge l’interface graphique, des menus à l’affichage, tandis que l’autre s’occupe de l’encodage des données. Pour donner une idée de leur niveau de performance, Sony annonce une vitesse huit fois supérieure, par rapport à la génération BionZ X.

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Le capteur Cmos de l’A7 IV compte 33 Mpxl.

Nouveau capteur

En tout cas, ce surplus de rapidité n’est pas dû à la présence d’une puce Dram au niveau du capteur. Contrairement à l’Alpha 1, et aux A9/A9 Mark II, la structure du Cmos Exmor R de l’A7 IV n’est pas de type empilée. À la clé, une définition inédite de 33 Mpxl (fichiers de 7 008 x 4 672 pixels) en 24 x 36. Jusque-là, les A7 étaient abonnés à 24 Mpxl. Une hausse de définition somme toute raisonnable, qui ne devrait pas avoir d’impact néfaste sur la gestion du bruit en hauts Iso sur le capteur rétroéclairé de l’A7 IV. La plage de sensibilités atteindra au maximum 102 400 Iso en vidéo, et jusqu’à 204 800 Iso en photo, par extension. Récemment, l’EOS 5D Mark IV de Canon et ses 30 Mpxl avaient fait preuve d’une belle polyvalence.

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Le format Heif investit les menus, comme c’est la tendance actuellement sur les modèles haut de gamme. Deux choix à la clé, en 4:2:0 8 bits ou 4:2:2 10 bits. © BF

Tendance observée sur l’A1 ou l’EOS R3 récemment, les fichiers Heif, moins compressés que les Jpeg, investissent les menus. Et il sera possible d’opter pour plusieurs niveaux de compression, en ce qui concerne les fichiers Raw. Le rendu des couleurs s’inscrit dans la lignée des performances des A1/A7S III, avec dix modes disponibles et une restitution des tons chair plus fidèle. La stabilisation sur cinq axes est bien sûr de rigueur, avec un gain de 5,5 IL revendiqué par Sony. Mais pas de mode Pixel Shift, qui permet, sur l’A7R IV, d’aller au-delà de la définition nominale de 61 Mpxl.

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Les joies de l’écran orientable dans toutes les directions sont désormais accessibles sur l’A7 IV qui offre une ergonomie très proche de celle de l’A7S III.
© BF

Visée en progrès 
sur l’A7 III

La dalle Oled de 2,36 Mpts constituait l’un des points sur lesquels l’A7 III paraissait en retrait, face aux récents modèles proposés par la concurrence sur ce segment, Lumix S1, Nikon Z6/Z6 II et EOS R6 en tête. Sony aurait pu aller jusqu’à 5,76 Mpts, définition offerte par l’A7R IV, pour au moins être au niveau des Lumix S1/S1R ; la marque se laisse encore de la marge pour une future génération et fait augmenter d’un cran le viseur de l’A7 IV, qui, avec une dalle VGA de 3,68 Mpts (rafraîchissement 120 im/s) se trouve au niveau des Nikon et du R6… et des A7R III, A9/A9 Mark II. Au niveau du LCD de 3 pouces, la définition de 1,04 Mpts paraît bien sage. Mais le fait qu’il soit orientable dans toutes les directions, comme ceux des A7c et A7S III, est une excellente chose, tant en vidéo qu’en photo.

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Les options de réglages d’enregistrement sur les cartes CFexpress Type A/SD (port 1) ou SD (port 2) sont très complètes. Presque trop ! © BF

Cadence et autofocus

Malgré la hausse de la définition, par rapport à l’A7 III, la cadence est toujours de 10 im/s. Surtout, la mémoire tampon surpasse celle du précédent modèle, avec la capacité d’engranger plus de 800 vues en Raw non compressé + Jpeg, à condition d’utiliser une carte CFexpress Type A, dans le port I dédié aux cartes mémoire, également compatible avec le format SD (compatible UHS-II), tandis que le second est uniquement dévolu à ces dernières (UHS-II également). Le système AF hybride comporte 759 points à détection de phase, couvrant 94 % de la surface du capteur ; dans ce domaine, l’A7 IV fait jeu égal avec l’A1.

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Les deux compartiments pour cartes ; le premier pour CFexpress Type A ou SD UHS-II. Le second pour SD. © BF

Le collimateur central est sensible à -4 IL, donnée obtenue avec une optique ouvrant à f/2. Sony devrait songer à refaire le calcul avec le récent 50 mm f/1,2 GM… Le suivi autofocus en temps réel est actif sur les yeux humains, mais aussi ceux des animaux et des oiseaux, en photo comme en vidéo. Ce n’est pas encore le cas sur les A1 et A7S III, mais une simple mise à jour de leurs firmwares respectifs devrait corriger cela. En outre, le système AF de l’A7 IV, qui fonctionne jusqu’à f/22, autorise l’emploi d’un convertisseur x2 avec le zoom 200-600 mm, ce qui n’est pas possible avec l’A7 III.

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Seuls les A1 et A9/A9 Mark II ont droit à un double barillet sur la gauche du boîtier. Tout se passe sur la droite, avec l’A7 IV. © BF

Vidéo 4K 50p

Les A7 ont toujours été plutôt doués en matière de tournage, l’ADN de Sony dans le domaine ne saurait être mis en doute. Mais, les ténors de la famille sont les A7S. Aussi, les autres modèles voient leurs capacités quelque peu bridées, pour ne pas empiéter sur le territoire de ces modèles ultra-sensibles. L’A7 IV affiche toutefois de belles dispositions, avec la capacité de tourner en 4K 50p (l’A7 III était limité au 4K 25p), moyennant un recadrage 1,5x – à l’instar des Lumix S et de l’A7S III – en 4:2:2 10 bits, en interne, avec un débit maximal de 600 Mbps. Deux modes de compression au choix, Long Gop et All Intra (pour un flux pro). Une structure de dissipation de la chaleur identique à celle de l’A7S III est intégrée. Utile pour une diffusion en direct, fonction accessible en USB, en connectant l’appareil à un ordinateur. Les aficionados de slow motion seront peut-être un peu déçus, car il faut se contenter de 100 im/s, en 1 080p.

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Le volet connectique, avec une prise HDMI Type A, des prises casque et micro, et des ports micro USB et USB-C. © BF

La sortie HDMI Type A rassure en revanche, plus fiable que la sortie Type D. Mais pas de possibilité, pour l’instant en tout cas, de filmer au format Raw sur un enregistreur externe. On accèdera cependant à une dynamique de 15 IL en sollicitant un profil S-Log. Tandis que le profil Cinema Tone, cher aux caméras FX de la marque, est bien présent. Nouveaux sur un Alpha 7, un algorithme de limitation du focus breathing, ainsi qu’un assistant de mise au point en mode manuel (Focus Map).

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Cette « Carte de mise au point » est une fonction d’assistance à la mise au point en vidéo. Le rouge indique le premier plan, le bleu l’arrière-plan. La zone nette est normalement visible. © BF

L’interface audio permet d’utiliser les micros numériques ECM-B1M et ECM-W2BT. Des ports sont prévus pour un micro externe filaire et un casque. En revanche, pas de prise Synchro X en vue.

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Les commandes sont rassemblées sur la droite. La roue verrouillée est dédiée à la correction d’exposition. © BF

Plus large, plus pro

L’ergonomie n’a plus grand-chose à voir avec l’A7 III. Elle est quasiment identique à celle de l’A7S III. À l’exception de la roue de correction d’exposition, non graduée sur la version de présérie que nous avons eue en main (ce qui peut être gênant si cela se confirme sur une version finalisée, en l’absence d’écran LCD supérieur, pour ajuster la correction d’exposition à la volée), mais bel et bien verrouillable, comme sur l’A7S III ; ce qui n’est pas le cas de la roue de réglages des modes PASM, alors qu’on peut la bloquer sur les A7S III et A1.
Sous ce barillet, sur l’A7 IV, on accède à un sélecteur entre modes photo, vidéo et S&Q. La poignée, ample, assure une excellente prise en main. Le joystick pour piloter les collimateurs AF est confortable. La trappe d’accès aux cartes mémoire est solidement fermée et jointoyée, comme le reste du boîtier. Un grip optionnel est prévu, il s’agit de celui conçu pour l’A1, le VGC4EM, qui abrite un accu NP-FZ100 supplémentaire. Par défaut, Sony annonce une autonomie d’environ 610 vues, en utilisant uniquement l’écran LCD.

En consultant les menus, on apprécie l’arborescence inaugurée sur l’A7S III, bien plus intuitive que sur les premières générations d’A7 ! Et petite révolution, la navigation peut s’effectuer du bout du doigt directement sur la dalle. WiFi (2,4/5 GHz) et Bluetooth sont bien sûr disponibles. Et le partage d’image est affiné, avec la possibilité de basculer entre transfert et prise de vue à distance, via l’application Image Edge Mobile, en version 7.6. Disponibilité annoncée pour début décembre, au prix de 2 800 € boîtier nu ; 3 000 € avec le zoom 28-70 mm. 

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Retrouvez une galerie d’images, dans notre numéro 141, à paraître début novembre, effectuées avec un boîtier au firmware non finalisé. © BF

- Le site de Sony

Premier avis

L’Alpha 7 III est l’un des appareils les plus emblématiques de ces dernières années. Sa polyvalence et sa maturité en ont fait un best-seller, au même titre qu’un EOS 5D Mark II à son époque. Alors, au moment de quitter les feux de la rampe et achever tranquillement sa carrière (il restera au catalogue, comme les A7 et A7 II avant lui), on scrute avec gourmandise le pedigree de l’A7 IV. Et les premières impressions sont très bonnes, tant sur le plan de l’ergonomie, très proche de celle, très convaincante de l’A7S III (bien que la définition du viseur soit trois fois moins élevée sur l’A7 IV) : l’écran multidirectionnel et l’interface revue des menus n’y sont pas pour rien. La définition du capteur (33 Mpxl) nous paraît idéale, car équilibrée, entre les 24 Mpxl habituels, et les capteurs de 45/50/61 Mpxl, qui exigent des optiques de très haut niveau ainsi que des disques et cartes très performants pour être pleinement exploités. Par ailleurs, l’autofocus s’annonce redoutable, et la vidéo progresse de manière significative par rapport à l’A7 III.

Il reste bien sûr des points sur lesquels on se dit que Sony aurait pu aller un peu plus loin. Le mode Pixel Shift aurait toutefois été un plus, pour « muscler » la définition au cas par cas. La définition du viseur et de l’écran LCD, respectivement de 3,68 Mpts et 1,03 Mpts aurait ainsi pu être supérieure, au vu de ce qu’offre la concurrence… et les Alpha 24 x 36 récents (9,44 Mpts pour les A1 et A7S III !). Une prise Synchro X fera défaut pour les amateurs de flashs de studio. Il faudra voir sur la version finalisée, mais en l’état, l’absence de graduation sur la roue de correction d’exposition est quelque peu déroutante, quand on souhaite régler le boîtier sans regarder dans les menus ou le viseur. Mais les premiers essais effectués sont prometteurs. La qualité d’image et l’autofocus seront au rendez-vous. Et la prise en main est nettement améliorée par rapport à l’A7 III, même si ce léger embonpoint ne plaira pas à tout le monde. Dans le même temps, Sony continue d’étendre sa gamme optique. Et se donne un peu d’air, face à une concurrence de plus en plus crédible.

Fiche technique

  • 
Capteur : Cmos BSI de 33 Mpxl effectifs
  • Définition maximale : 7 008 x 4 672 pixels avec mode Haute résolution
  • Monture/Coefficient : Sony FE (1x)
  • Sensibilités : 100-102400 Iso (50-204 800 Iso en mode étendu)
  • Processeur : 2x BionZ XR
  • Vidéo : 4K à 50 im/s 10 bits 4:2:2
  • Formats de fichiers : Jpeg, Raw, Heif, XAVCS, AVCHD, MP4
  • Protection du boîtier : Oui
  • Stabilisateur : Oui (cinq axes)
  • Visée : Oled 3,68 Mpts, taux de rafraîchissement 120 im/s
  • Moniteur : 3 pouces, 1,04 Mpts, tactile et multidirectionnel
  • Flash Intégré :: -
  • WiFi/Bluetooth/GPS : Oui (5/2,4 GHz)/Oui (norme v. 4,2)/-
  • Autofocus : 759 points (détection de phase), 425 points (détection de contraste) couverture de 94 % ; sensibilité à -4 IL sur le collimateur central ; suivi AFC en temps réel
  • Vitesses : 1/8 000s à 30s (obturateur mécanique ou électronique) ; synchro X à 1/400s (obturation mécanique)
  • Rafales : 10 im/s
  • Stockage : CFexpress Type A ou SD UHS-I/II + SD UHS-I/II
  • Interfaces : USB (Type-C), micro 3,5 mm, casque 3,5 mm, micro HDMI (type D)
  • Alimentation : NP-FZ100 (autonomie annoncée de 610 vues avec le LCD)
  • Dimensions L x H x P/Poids : nc

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