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Trois questions à Frédéric Buxin, président de l’UPC

06/02/2010 | Benjamin Favier

06/02/2010- Le président de l’Union des Photographes Créateurs revient sur la rencontre qui a réuni l’UPP (UPC, Freelens, SAIF) et des membres du Ministère de la Culture et de la Communication, mardi 2 février.


Principaux objectifs, une proposition de loi sur les œuvres orphelines, et une volonté affichée d’obtenir des subventions de l’état pour former les photographes professionnels afin de ne pas rater le tournant de l’image animée. Enfin, il invoque la tenue d’États généraux sur la photographie…

« Il faut que l’assistance publique régule un marché qui est totalement dérégulé depuis 15 ans »

MDLP : Quel est votre sentiment à l’issue de la réunion avec les membres du ministère de la Culture et de la Communication ?

Frédéric Buxin : On a clairement été écoutés. On peut dire que le ministère avait réuni tous les interlocuteurs pour la presse et la création publicitaire. Le ministère a évoqué le photojournalisme. Deux inspecteurs généraux sont en charge d’une étude sur la presse où il est question du photojournalisme. Mais il est difficile de régler un problème si on a aucune information sur la réalité économique de notre secteur. Il n’y a pas d’étude économique. À la différence du cinéma ou de la musique où les producteurs sont dissociés des auteurs. Ils ont un pouvoir économique et de lobbying énorme, et donc une capacité d’étude que le monde de la photographie n’a pas du tout. Il faut que l’assistance publique régule un marché qui est totalement dérégulé depuis 15 ans.

MDLP : Quels sont les dossiers à régler en priorité ?

F.B : Il faut d’abord régler le problème des photos DR en légiférant sur les œuvres orphelines. Les Anglais le font. Les Allemands l’ont étudié. On a déposé un texte dans ce sens. Le ministère travaille sur le sujet. On en est arrivé au paroxysme d’avoir des photos à 14 centimes ! Mais rien ne peut se faire sans un organisme compétent. On souhaite ouvrir des États généraux de la photographie. Nos interlocuteurs trouvent le terme un peu exagéré. Qu’on appelle ça assise ou table ronde, peu importe… Le métier a évolué. La barrière entre image fixe et animée est très ténue. Des photographes se mettent à faire des produits multimédias. On a vécu le tournant numérique. Il y a maintenant celui de l’image animée. Il faut des subventions pour que les photographes suivent des formations dans ce sens.

MDLP : La cessation de paiement d’Eyedea est-elle à l’origine de la tenue de cette réunion ?

F.B : La réunion était programmée avant le problème avec Eyedea. Nos interlocuteurs ont regretté quelle n’ait lieu qu’aujourd’hui. Ils assument une part de la responsabilité, en raison de la réorganisation du ministère de la Culture (effectuée par Christine Albanel, alors ministre de la Culture, le 17 avril 2008, avec notamment la création d’une direction générale du développement des médias et de l’économie culturelle, censée faire face à la révolution numérique, NDLR). Peu importe : il faut regarder devant. Cela fait un an qu’on voulait cette rencontre. Ce qui compte, c’est que l’on ait à nouveau rendez-vous dans un mois. Il faut travailler et aboutir à quelque chose d’opérationnel pour les photographes. On a affaire à des gens qui ont compris qu’il y a urgence. Mais je crois aux choses une fois qu’elles sont réalisées. Si la volonté politique existe, il n’y a pas de raison que ça ne marche pas.

Propos recueillis par Benjamin Favier

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