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Interview : Raphaelle Monvoisin, candidate MDLP des Zooms 2019

16/08/2019 | Sandrine Dippa

À l’occasion du prochain Salon de la Photo - prévu du 7 au 11 novembre - les Zooms s’intéresseront une nouvelle fois aux travaux de photographes émergents avec deux prix : un Zoom du Public (dont le vote est actuellement ouvert) et un Zoom décerné par la Presse spécialisée photo. Raphaëlle Monvoisin est la candidate choisie par MDLP cette année. Rencontre avec la photographe adepte de nature.

Le Monde de la Photo : Comment avez-vous commencé la photographie ?
Raphaelle Monvoisin : J’ai commencé la photographie en 2012 avec un reflex que mon père m’avait offert pour documenter mes voyages et autres scènes du quotidien. J’ai ensuite pris part à un projet sur un an qui consistait à faire une photo par semaine sur un thème imposé. Cela m’a permis de tester plusieurs styles différents, allant du portrait au paysage, en passant par des mises en scène et photos plus conceptuelles. Grâce à ce projet, j’ai pu définir le style qui me plaisait et le faire évoluer.

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Photo : Raphaelle Monvoisin, Touch of a light

MDLP : Présentez-nous la série proposée dans le cadre des Zooms…
R.M : J’ai commencé cette série il y a plusieurs années et je pense qu’elle est loin d’être terminée ! Il s’agit d’un panel de photographies capturées tantôt au bout du monde, tantôt à l’orée d’un jardin, là où la nature domine.
Ma volonté est de peindre un moment suspendu et d’y conter une histoire. Cette série met en scène l’humain face à cette nature, mettant en valeur la connexion qui se crée entre les deux, et en imageant un dialogue silencieux et intemporel. Je n’inclus que très très rarement des éléments d’architecture qui pourraient évoquer une époque en particulier. La nature est mon sanctuaire et j’aime explorer la frontière entre le réel et l’onirique, guidée par les lumières et atmosphères. J’aime l’idée qu’une personne puisse se projeter dans un de mes tableaux et qu’elle développe sa propre interprétation.

MDLP : De manière générale, comment travaillez-vous ?
R.M : Je planifie peu mes shootings et fais peu de repérage, car j’essaie de me laisser surprendre et de capturer des instants où la magie opère, là où on ne l’attend pas forcément. J’ai souvent fait poser des modèles pour mes photos, mais je réalise également des autoportraits où je me mets en scène. Mes proches sont également mis à contribution lorsque l’occasion se présente, par exemple sur la photo avec un personnage parmi les grands chênes, pris dans la région de Charleston en Caroline du Sud. Nous sommes arrivés en famille sur ce lieu avec une ambiance incroyable et une brume mystérieuse, et lorsque mon frère s’est avancé sur le chemin, j’ai très vite déclenché en toute spontanéité, car le moment était parfait.

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Photo : Raphaelle Monvoisin, Les monarques

MDLP : Comment qualifieriez-vous votre style photographique ?
R.M : J’ai un peu de mal à me ranger dans un style, car je fais tout autant de la photo de paysage que de la photo plus orientée portrait. La nature est omniprésente dans mon travail, avec une approche entre réalisme et onirisme, au travers de jeux de couleurs, d’ombre et de lumière. Il y a aussi une grande part de nostalgie et de mélancolie, et mes photographies sont finalement des fragments de pensées, d’émotions, d’instants envolés que j’ai capturés. Des paysages intérieurs et poétiques peut-être.

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Photo : Raphaelle Monvoisin, The ancient thrones

MDLP : En dehors de la nature, quelles sont vos sources d’inspiration ?
R.M : Je suis très inspirée par certains mouvements de peinture comme l’Hudson River School, empreint de romantisme, par des univers fantastiques comme les œuvres de Miyazaki ou encore par certaines réalisations cinématographiques, comme The Revenant ou Interstellar.
La musique occupe également une grande place dans mes inspirations, allant de certains groupes de métal dont les ambiances et paroles me parlent, à de la musique instrumentale et atmosphérique qui me transporte et me procure une multitude d’émotions, m’inspirant des scènes et des jeux de lumière. À côté de ça, les lieux que je découvre sont à eux seuls une véritable source d’inspiration. Si je devais citer un photographe dont le travail m’inspire, il s’agirait de Yohan Terraza, originaire de la région bordelaise. Il raconte des histoires au travers de paysages nocturnes, de portraits de montagnes et de forêts brumeuses et a une approche entre peinture et poésie que je trouve fascinante.

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Photo : Raphaelle Monvoisin, The golden mist

MDLP : Quel matériel privilégiez-vous ?
R.M : Je travaille avec un Canon 6D Mark II. J’ai un panel d’optiques allant du grand-angle 16-35 mm à plusieurs focales fixes : 35, 50, 100 et 135 mm. J’ai une nette préférence pour ces focales, car je trouve qu’elles forcent à bien penser une composition, à bouger et tester des cadrages différents en restant maître du choix final. Aussi, j’aime tout particulièrement les grandes ouvertures et les jeux de flou et le bokeh que cela offre.
Le 35 mm f/1,4 est de loin mon optique préférée et celle que j’utilise le plus, car elle est très polyvalente, que ce soit pour du portrait ou du paysage, des scènes un peu plus lifestyle ou même de la photo de détails.

MDLP : Quelle est la part de retouche dans vos séries ?
R.M : Je passe un certain temps en postproduction, c’est une étape assez importante pour moi, car elle fait partie de mon processus. Bien que l’idée de retranscrire la beauté d’un lieu tel qu’il est demeure essentielle à mes yeux, j’aime y apporter une petite touche personnelle et une note de poésie, la touche qui portera mon message et ma patte de photographe. Je travaille avec Lightroom, puis Photoshop, toujours dans cet ordre. Ces deux logiciels sont pour moi très complémentaires et je ne pourrais me passer d’aucun des deux tant j’y ai mes habitudes.

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Photo : Raphaelle Monvoisin, Reverence of the ice

MDLP : Quels sont vos projets ?
R.M : Rester émerveillée par tout ce qui m’entoure !
Mais également essayer d’aborder différents styles de photographie pour sortir de ma zone de confort, en explorant les différentes cultures et régions de mon nouveau pays d’accueil, l’Islande, tout en gardant cet aspect poétique qui me tient tant à cœur.
Mais avant tout, je souhaite continuer à faire rêver à travers la photographie.

Propos recueillis par Sandrine Dippa

Les votes sont ouverts jusqu’au 30 septembre 2019 ! Les lauréats, annoncés le 5 octobre, seront exposés lors de la prochaine édition du Salon de la Photo.

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