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Kodak devrait continuer à faire du film ciné

05/08/2014 | Franck Mée

Si la transition numérique a été brutale en photo, ce n’est rien à côté du cinéma. Néanmoins, quelques studios persistent à utiliser du film, et ont passé un accord avec Kodak pour s’assurer de pouvoir continuer ainsi.

D’après la Photo Markating Association, les ventes de films photographiques aux États-Unis sont restées relativement stables jusqu’en 2001. En 2006 pourtant, ce marché avait été amputé des trois quarts, balayé par une vague numérique qui ne s’est pas enrayée depuis.

Le Wall Street Journal nous a offert la semaine passée un aperçu de la transition numérique dans le cinéma. Elle est plus tardive : les ventes sont stables jusqu’en 2009, Kodak vendant à lui seul environ 3,5 millions de kilomètres de film par an. Mais en 2011, le marché a déjà fondu de moitié et l’on estime qu’en 2014, la marque jaune et rouge ne vendra pas plus de 140 000 kilomètres. Le marché du film photographique avait été divisé par quatre en cinq ans ; celui du film cinéma aura été divisé par vingt-cinq dans le même laps de temps !

Les irréductibles

Fujifilm a déjà quitté le secteur, ne laissant plus que Kodak pour fournir les studios. Et la nouvelle direction de la marque, récemment sortie de deux ans de faillite, semblait envisager d’abandonner à son tour, ce qui aurait contraint les derniers cinéastes amateurs de pellicule à passer au numérique. Après un lobbying assidu de gens comme Quentin Tarantino, J.J. Abrams ou Christopher Nolan, les principaux studios américains (Time Warner, Comcast, Paramount et Disney notamment) se seraient engagés à maintenir un minimum de commandes auprès de Kodak, qui promet en contrepartie de poursuivre la production.

Le catalogue cinéma de la marque compte toujours six références (quatre négatifs couleurs, un négatif noir et blanc et un inversible noir et blanc). Les films couleurs sont disponibles au classique 35 mm, mais aussi en Super 8 et en 16 mm, ainsi qu’en 65 mm. Ce dernier format est notamment utilisé en IMAX, technologie employée récemment pour certaines scènes des Batman de Christopher Nolan.

Reste désormais une question : combien de temps les studios accepteront-ils les coûts du flux de travail et du post-traitement argentique, à l’heure où nombre de blockbusters sont tournés entièrement en numérique sans que le public semble y trouver à redire ? La réponse est sans doute : aussi longtemps que Tarantino et ses camarades continueront à rentabiliser cette façon de faire…

- L’article du Wall Street Journal (en anglais)

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