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Qualité des optiques testées

30/07/2010 | Jean-Marie Sépulchre

Le S2 a été essayé avec ses deux optiques de base – les deux premières à être commercialisées – équivalent à des focales de 28 et 55 mm sur 24 × 36. Ces modèles asphériques ouverts à F2,5 sont équipés d’un couplage autofocus débrayable pour rectifier manuellement la mise au point et sont dépourvus de bague de diaphragme. Ils sont assez massifs et lourds pour leur ouverture (près de 1 kilo pour le 35 mm) mais semblent magnifiquement construits.

Le piqué sur mire

Les mesures sur mire ont été dépouillées avec DxO Analyzer à partir de DNG développés par Capture One (piqué légèrement supérieur à Lightroom en réglages par défaut) mais compte tenu des usages attendus de l’appareil, la notation a été calculée sur deux formats de tirage, soit A1 (équivalent 60 × 90 cm) et A2 (équivalent 40 × 60 cm). Dans tous les cas, le piqué est excellent au centre dès la pleine ouverture, mais on notera de petites évolutions dans les zones de bords et dans les angles selon le format retenu, il arrive qu’en format A1 les angles et bords ne soient que très bons, alors que l’excellence est quasi générale en A2. A noter (seulement en A1) une petite perte de rendement par diffraction sur le 35 mm à F16.


Carte de piqué en format A1 et format A2.


Piqué détaillé 35 mm format A1.


Piqué détaille 35 mm format A2.


Piqué détaillé 70 mm format A1.


Piqué détaillé 70 mm format A2.

Le piqué sur briques

Le Leica S2 a été confronté aux essais habituels sur mur de briques, mais seules les mesures à pleine ouverture sont publiées, aux ouvertures moyennes on ne peut plus distinguer d’écart de piqué entre centre et angles.

À noter des traces d’aberrations chromatiques (franges violettes) dans l’angle extrême de la vue à 35 mm, sur fond de ciel blanc, mais c’est le seul défaut que l’on peut constater sur ces prises de vues. N’oubliez pas que ces vues équivalent à une image de 2 mètres de large à 100 % avec un écran de 96 ppp !


Cadrage à 35 mm.


Détail à 35 mm au centre pleine ouverture.


Détail à 35 mm angle supérieur droit pleine ouverture.


Cadrage à 70 mm.


Détail à 70 mm au centre pleine ouverture.


Détail à 70 mm angle supérieur droit pleine ouverture.

Défauts optiques

 

Le vignetage est très limité, de l’ordre de 1/3 d’IL au maximum, soit quasiment invisible. Sa forme légèrement décalée sur nos graphiques révèle un écart d’éclairage de 2/10 d’IL entre les deux bords de la mire, ce qui est du à un de nos projecteurs : en pratique le vignetage sera invisible en prise de vue courante.

La distorsion de forme régulière en barillet est très faible (0,30 % au maximum) mais une toute petite correction pourra parfois être opérée en paysage urbain.

L’aberration chromatique est un peu trop forte à 35 mm (1,6 pixel, avec une décroissance à 1,1 pixel en fermant le diaphragme à F8) mais elle est excellente à 70 mm avec 0,7 pixel au maximum. Les deux logiciels conseillés pour le DNG disposent d’une correction manuelle, il serait intéressant qu’elle soit automatisée à l’avenir.


Défauts optiques.

Au total les deux optiques mesurées fournissent des images très propres nécessitant rarement des interventions lourdes en post-traitement, mais il vaut mieux disposer d’une panoplie logicielle apte à répondre à tous les besoins.

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  • J’ose ce témoignage, que d’aucuns jugeront sûrement iconoclaste, et qui pourtant s’appuie sur mon expérience d’utilisateur de Leica S2 acquise depuis 1 année.

    Si les optiques semblent irréprochables comme le soulignent tous les tests parus, les images que j’obtiens avec ce boîtier présentent, depuis le premier jour d’utilisation, une saturation des couleurs flagrante qui a fini par me décourager de l’utiliser. Un récent reportage, effectué un matin brumeux de mai dans un magnifique jardin d’azalées et et de rhododendrons situé en Lorraine, a achevé de me convaincre que cet appareil n’était pas au point. Toutes les conditions de lumière étaient optimales. Toutes mes images ont été prises en DNG, sur pied, avec les meilleures optiques possibles (du 35 mm au 180 mm, en passant par le fameux Macro de 120 mm, fleuron de la gamme). Le résultat : des images où les jaunes et les rouges sont vulgaires et criards, où l’ambiance générale est aussi triste et morne qu’elle était lumineuse et subtile sur le terrain. Une réelle déception. J’ai présenté ce reportage à un technicien de Leica France, espérant qu’en l’examinant il trouverait une erreur de réglage dont j’aurais été responsable. Pour toute réponse, il m’a dit que tout lui semblait normal et que quelques corrections sur Camera Raw de Photoshop pourraient peut-être corriger certaines "nuances un peu discutables"... Après avoir tout tenté sur Camera Raw, j’ai renoncé. Un spécialiste m’a alors conseillé d’acheter un thermocolorimètre, ce que j’ai fait. Pour m’apercevoir très vite que cet outil (coûteux) ne résolvait rien à mon problème. D’autres m’ont conseillé une charte gris. Pas plus de résultats. Enfin Leica, revenu à la charge, a fini par convenir de la nécessité d’examiner mon boîtier. Après une immobilisation de 2 mois, le technicien venu me rendre mon boîtier m’a appris que ces saturations, tout d’un coup constatées, étaient le fait de tous les moyens-formats numériques. Que ce problème était bien connu. Et qu’il existait un moyen imparable pour le résoudre, celui d’utiliser un ustensile miracle : le Color Checker Passport de X-Rite. Aussitôt ce technicien parti, je teste l’outil précité que Leica avait eu la délicatesse de m’offrir gracieusement. Résultat des tests : toujours les mêmes dominantes.
    Pour conclure cette série de problèmes et clore enfin ce témoignage, je prends mon Nikon D3x et photographie avec celui-ci les mêmes sujets-tests photographiés précédemment avec le S2. Et je m’aperçois, ô miracle, que ces images sont parfaites, les nuances exactement rendues, peut-être moins piquées, avec un relief moins présent mais, au final, tellement plus justes !

    Conclusion : j’oublie le S2, le colorimètre, la charte gris, le Color Checker, les merveilleux objectifs APO et je reprends mon D3x qui reste, pour moi, le meilleur appareil numérique du marché.

  • J’ai lu l’article d’Antoine avec beaucoup d’intérêt. Il soulève le même problème que j’ai moi-même rencontré avec mon boîtier Leica S2, problème que je n’ai toujours pas pu résoudre.
    Je partage totalement son avis pour les objectifs : ils sont irréprochables.
    Quant à la colorimétrie, elle me pose à moi aussi un véritable casse-tête. J’ai soumis des images-tests en DNG à une chromiste professionnelle qui a confirmé mes observations et a diagnostiqué un très mauvais réglage de la balance des blancs. A titre d’exemple, une image brute visionnée sur Lightroom 4 indiquait une température de couleur de 4600°K alors qu’elle s’avérait nettement meilleure (sur écran Eizo calibré) à 5700°K, ce qui est tout de même beaucoup...
    Peut-être faudrait-il aller chercher dans le profil ICC de l’appareil et le re-calibrer ? Mais c’est là une opération dans laquelle je me garderai bien de me lancer !

    • A mon tour, je confirme les propos d’Antoine. Je n’y ajouterai que ceci : seuls les Japonais, qui ont acquis une grande expérience en la matière, connaissent les secrets de l’électronique photo. Ils y ont travaillé d’arrache-pied des années durant, et sont aujourd’hui parvenus à un niveau de savoir-faire qu’aucun autre pays n’est parvenu à égaler. Dernière preuve en date : le récent Nikon D800 qui, malgré son format FX, fournit des images nettement supérieures dans tous les domaines (définition, équilibre chromatique, etc...) à celles du moyen-format Leica S2 coûtant plus de quatre fois plus cher.

      Leica a totalement perdu pied lors de l’avènement du numérique. Son dos Digital-Modul-R, bien que conçu en collaboration avec Imacon, n’a pas remporté le succès qu’on était en droit d’attendre d’un produit estampillé Leica. Quant aux M numériques, plusieurs séries ont connu de cuisants déboires dont la presse s’est largement fait écho. Pour avoir testé de façon approfondie le S2, je rejoins donc en tous points l’opinion que nous livre Antoine. L’appareil est très bien fabriqué, comme Leica a toujours su le faire. Sa visée est remarquable, sa finition est excellente (à quelques petits détails près toutefois). Quant à ses optiques, elles méritent sûrement des notes superlatives. Hélas, en aval, il y a l’informatique embarquée. Avec toutes ces dominantes, ces excès de saturation, cette balance des blancs presque toujours défaillante, défauts que tous les remèdes bien connus des chromistes, tant sur Lightroom que sur Photoshop, ne parviennent pas à corriger efficacement.

      Peut-être faudra-t-il s’armer de patience et attendre une prochaine mise à jour ? Nous l’attendons avec impatience...