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Tous photographes !

23/07/2014 | Pascale Brites

Est-ce autorisé de photographier dans un musée ? Dans quelles conditions ? Vous vous êtes sans doute posé la question de nombreuses fois sans trouver de réponse claire et précise. C’est ce qu’essaye de faire le gouvernement avec l’établissement d’une charte des bonnes pratiques dans les établissements patrimoniaux.

« Tous photographes ! », c’est le nom donné par le ministère de la Culture et de la Communication à cette charte des bonnes pratiques applicable dans les établissements patrimoniaux, mais dont il indique qu’elle est « susceptible d’inspirer d’autres ministères, les collectivités territoriales et l’ensemble du réseau des structures culturelles du domaine patrimonial. »
Partant du constat selon lequel photographes et vidéastes amateurs sont de plus en plus nombreux à photographier ou filmer leurs visites qu’ils partagent ensuite sur les réseaux sociaux, c’est en février 2012 qu’une lettre ouverte a été adressée au ministère par plusieurs associations d’usager et d’Amis de musée. Il en résulte aujourd’hui une charte des bonnes pratiques, visant à informer sur les motifs d’interdiction et d’autorisation pour permettre le partage des données culturelles numériques.
Ces règles ont été établies en cinq points, matérialisées par une infographie que l’on devrait logiquement retrouver dans les établissements patrimoniaux.

Ce que dit et ne dit pas la charte

Ce qu’il faut retenir de cette charte, c’est avant tout qu’elle clarifie en partie la situation. Photographier dans un musée national serait donc autorisé, à condition de respecter certaines règles comme le fait de désactiver le flash de son appareil photo ou son smartphone, de ne pas utiliser de matériel supplémentaire comme un trépied ou une source d’éclairage, de ne pas porter atteinte à l’intégrité d’une œuvre ou encore de respecter le droit à l’image du personnel de l’établissement. En échange, les établissements s’engagent à proposer une information claire et accessible à tous. Les règlements doivent être affichés et disponibles au téléchargement. Les établissements doivent également proposer sur leurs sites Internet des reproductions numériques accessibles gratuitement pour favoriser le partage sur les réseaux sociaux, tout en indiquant clairement les conditions d’utilisation.
En revanche, la charte n’indique pas clairement si un établissement peut s’opposer à la prise de vue dans certaines expositions. Nulle part il est écrit noir sur blanc que les photographies sont systématiquement autorisées sous certaines conditions, ce qui laisse peu de recours au visiteur dans la situation où un surveillant viendrait lui demander de ranger son appareil ou de le placer en consigne à l’entrée du musée. Après une rapide recherche sur plusieurs sites de musées nationaux, nous n’avons pas constaté de changement notable dans les règles de visite. Ainsi, le site du Louvre indique-t-il que la prise de vue sans flash est autorisée dans les salles d’exposition permanente, mais interdite lors d’expositions temporaires, tandis que le site du musée d’Orsay interdit tout simplement les photographies et les vidéos dans toute son enceinte.
La charte ne fait pas non plus de distinction entre amateurs et professionnels. Ainsi, à condition qu’il n’utilise pas de trépied ou d’éclairage dont la mise en place puisse gêner la visite des autres personnes, un professionnel sera-t-il autorisé à photographier au même titre qu’un amateur ? Quels sont les usages permis pour les photographies réalisées ? Est-ce simplement le droit d’auteur sur les œuvres qui s’applique ?
Si l’initiative est donc engageante, la charte diffusée massivement par le Ministère de la Culture et de la Communication est encore très incomplète et ne présage pas vraiment d’un changement des comportements.

- la charte sur le site du ministère

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