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15 janvier 2010
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Twitter, première source d’images en Haïti

15/01/2010- Quelques minutes après le séisme, mardi dernier, les images affluent sur Internet, comme souvent, dans de telles circonstances. Cette fois, Twitter joue un rôle majeur, déversant un flux continu de clichés, non filtrés. Et accélère un peu plus la course à l’information.

Faut-il vraiment s’y faire ? Les premiers témoignages, les premières images, lors de catastrophes telles que le séisme en Haïti, émanent des victimes et témoins, présents sur les lieux d’un événement : téléphones portables, caméras, appareils photos… tous les moyens sont bons pour faire vivre en direct au monde entier ce qui est en train de se dérouler. Rien de nouveau en apparence. On se souvient de vidéos montrant les tours enfumées du World Trade Center en 2001 ou des ravages causés par le tsunami en Thaïlande en 2004, également retransmis en « live ». Le phénomène prend tellement d’ampleur qu’en 2007, l’Agence France Presse devient actionnaire à 34 % de Scooplive, qui devient Citizenside. Une agence créée dans la volonté de favoriser l’échange d’informations entre citoyens et journalistes. L’authenticité des images y est, aux dires des créateurs, vérifiée. Google s’est mis à la page et propose le même type de service via sa célèbre plateforme, YouTube. YouTube Direct, qualifié « 100 % open source » par le géant américain, peut être utilisé par n’importe quel média. Ainsi, il est possible de solliciter des témoignages via cette plateforme, et de décider en interne de la diffusion des images reçues. Page d’accueil du compte Tweeter de Carel Pedre, animateur de radio et de télévision haïtien qui fut le premier à publier des images de la catastrophe.

Flux continu

Mais à l’heure actuelle, c’est Twitter qui remporte tous les suffrages. Le monde a les yeux tournés vers Haïti depuis le séisme de magnitude 7 qui a transformé certaines parties de l’île en champ de ruines, mardi dernier. Les premières images étaient visibles sur Twitter. Ce réseau social permet de poster des messages gratuitement, sur n’importe quel sujet, à tout moment. Seule restriction, on ne peut écrire plus de 140 signes. Mais il est possible de proposer des liens vers d’autres sites, d’où l’intérêt de millions d’Internautes pour ces passerelles interactives en temps réel. En tapant « Haïti », peu de temps après l’annonce de la catastrophe, on pouvait déjà voir des images. Comme en atteste son fil, l’animateur de radio et de télévision, Carel Pedre, très « tweetophile » à en juger par la fréquence de ses interventions avant les premières secousses, est directement contacté par plusieurs médias. À 16h45, heure locale, il laisse le message suivant : « After Shock every 10 Mns ! I can’t stay where I am ! I have to be in a safe place ! I got All the Message ! I will do my best To Call ur family ». Une heure plus tard, la BBC lui demande si elle peut utiliser ses images. Le Los Angeles Times en met une en ligne. Photo de Daniel Morel, publiée dans de très nombreux médias à travers le monde. Crédit : Daniel Morel/AFP

Sans filet

Sur Twitter, rien n’est filtré. Sur le compte de Lisandro Suero, on peut voir des images atroces, parmi lesquelles ce cliché montrant un crâne fendu sous le poids d’une dalle de béton, en gros plan. Quel information apporte cette image ? Ne peut-on pas deviner les conséquences d’un tel cataclysme ? Doit-on tout montrer ? On peut en revanche affirmer que des publications comme The Big Picture apportent un regard plus maîtrisé sur l’état des lieux de la situation. Quand les photos sont trop dures, elles sont noircies et une mise en garde apparaît. Ces questions, les photojournalistes y sont confrontés en permanence. D’où le rôle crucial des personnes chargées, au sein des agences ou médias, de trier, filtrer et surtout, vérifier la provenance des images. On en revient toujours à la même question : comment se donner les moyens de vérifier l’authenticité d’une information, dans l’urgence ? Le site arretsurimages.net (accès payant, réservé aux abonnés) fait état d’une publication dans le quotidien Libération daté du 14 janvier : l’image censée représenter la situation à Port-au-Prince a en fait été prise en 2008, en Chine, lors d’un tremblement de Terre au Sichuan. Le site précise en outre que France 3 et l’AFP se sont fait avoir par une vidéo, tournée en Californie la semaine dernière. Rien de nouveau, donc. Mais le phénomène Twitter, qui peut se révéler formidable sur bien des points, ne risque pas d’arranger les choses sur le plan médiatique, et plus particulièrement en ce qui concerne le contrôle de l’image.

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