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SIGMA Nikon

Canon EOS 80D : la force tranquille

18/02/2016 | Benjamin Favier

Chargée d’effectuer la jonction, dans la gamme APS-C, entre les 750D/760D et 7D Mark II, la série des EOS à deux chiffres se poursuit avec le 80D. La définition passe logiquement à 24 Mpxl, et le mode AF progresse de façon notable, tandis que la technologie Dual Pixel AF reprend du service. Pour le reste, ce modèle apporte des évolutions mesurées, mais non négligeables, par rapport à son très apprécié prédécesseur.

Présentation

Février 2003. L’EOS 10D inaugure une lignée de reflex EOS, mieux construits, plus ambitieux que la série 300D, lancée quelques mois plus tard, la même année. Depuis, les deux séries cohabitent, avec une fréquence de renouvellement moindre pour les héritiers du 10D, en raison d’un positionnement plus expert. On a même cru que le 60D, premier de la famille à bénéficier d’un écran orientable en 2010, n’aurait pas de succession, puisqu’il a fallu patienter trois ans avant l’avènement du 70D. Un modèle dont nous avons loué la polyvalence et qui a marqué un tournant dans l’univers des reflex, en matière de mise au point en LiveView et en vidéo, grâce à l’implémentation de la technologie Dual Pixel AF. L’EOS 80D s’inscrit dans la continuité, apportant des évolutions majoritairement discrètes, néanmoins appréciables.

Génération 24 Mpxl

Sans surprise, la définition passe de 20 Mpxl sur le 70D à 24 Mpxl sur le nouveau venu, qui fait désormais jeu égal avec les EOS 750D/760D annoncés en 2015. Mais il existe une différence de taille entre le 80D et les deux modèles cités. Elle ne se situe pas au niveau des dimensions du capteur, puisqu’il s’agit toujours d’un Cmos de type APS-C mesurant 22,3 x 14,9 mm (coefficient 1,6x par rapport au 24 x 36). La plage de sensibilité s’étend de 100 à 16 000 Iso par défaut et peut atteindre 25600 Iso par extension. Comme le 70D, le 80D bénéficie de la technologie Dual Pixel AF (lire le fonctionnement ici), de nouvelle génération d’après la marque. Contrairement à d’autres acteurs, Canon conserve un filtre passe-bas. À la manœuvre, on trouve le processeur Digic 6, qui remplace le Digic 5+ – seul l’EOS-1D X Mark II a pour le moment droit au Digic 6+. Cela devrait améliorer les temps de traitement et les performances.

AF et visée en progrès

Les données fournies par Canon vont dans ce sens. Si la cadence, à 7 im/s, demeure inchangée par rapport à l’EOS 70D, la mémoire tampon autorise la prise de cent-dix Jpeg et vingt-cinq Raw avec une carte UHS-I à pleine définition, contre respectivement soixante-cinq et seize dans les mêmes conditions sur le 70D, dont les fichiers sont moins définis (4 Mpxl de moins). Dommage au passage que le compartiment pour cartes ne compte qu’un emplacement et ne prenne pas en charge la norme UHS-II. Les amateurs de photo d’action apprécieront néanmoins ces chiffres, d’autant plus que le système autofocus du 80D évolue de façon spectaculaire par rapport au précédent modèle.

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L’EOS 80D ne dispose que d’un seul logement pour carte SD (UHS-I).

De dix-neuf collimateurs, on passe à quarante-cinq, tous croisés. Parmi eux, vingt-sept sont sensibles à f/8. Le collimateur central répond jusqu’à - 3 IL en basse lumière. Il s’agit donc d’un système flambant neuf, tandis que le 70D héritait de l’autofocus du 7D. Hélas, toujours pas de joystick pour sélectionner les collimateurs : jadis présent sur le 50D, il a disparu de la série depuis, réservé aux 7D Mark II et reflex plein format pros (le 6D n’y a pas droit non plus).

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Le viseur du 80D affiche de nombreuses informations, et bénéficie de la fonction anti-scintillement, comme le 7D Mark II. Document Canon

Autre caractéristique sur laquelle le 80D progresse, la visée. C’est moins spectaculaire, mais il devient le premier EOS à deux chiffres à couvrir 100 % du champ, contre 98 % au 70D. Le grossissement, à 0,95x, est en revanche identique. Parmi les options, on retrouve le mode anti-scintillement inauguré sur l’EOS 7D Mark II, et repris sur l’EOS-1D X Mark II.

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L’écran LCD du 80D est à la fois tactile et orientable. Au dos, nous déplorons toutefois l’absence de joystick pour sélectionner les collimateurs AF.

Atout polyvalence

Malgré ces évolutions, l’EOS 80D conserve des éléments qui ont fait le succès de son prédécesseur. À commencer par l’écran multidirectionnel et tactile. Il s’agit du même LCD, taille et définition étant inchangées, soit 3 pouces et 1,04 Mpts. En outre, à l’heure où de plus en plus de boîtiers experts font l’impasse sur cet attribut, saluons la présence d’un flash intégré (NG 12 pour 100 Iso), qui fait aussi office d’unité maître dans un système sans fil. Parmi les fonctions interne, l’EOS 80D s’enrichit d’un intervallomètre. S’il ne fait pas partie de la catégorie des baroudeurs, l’EOS 80D sera capable de braver des intempéries, son châssis étant partiellement protégé par des joints anti-ruissellement, sans atteindre le niveau de protection d’un 7D Mark II.

Plus ramassé que ce dernier, il s’avère même un brin plus léger que l’EOS 70D (une vingtaine de grammes en moins). L’ergonomie générale demeure d’ailleurs très proche. Tout juste note-t-on un design plus arrondi des touches « Q » (menu rapide), Lecture et Suppression d’images, situées à l’arrière. Sur le barillet de prise de vue, deux configurations utilisateur apparaissent (C1 et C2).

Film classique

Le volet vidéo n’apporte pas de véritable révolution. Toujours pas de 4K en vue. Cependant, la cadence maximale passe à 50 im/s en 1080p. Pour ce qui est des formats de fichiers, on pourra choisir entre MOV et MP4. Un mode vidéo HDR, déjà vu sur l’EOS 760D, figure au menu : les séquences sont directement montées en MP4. De nouveaux filtres seront disponibles pour le tournage. Il sera possible de régler la vitesse de transition de netteté en mode Ai Servo. Mais toujours pas de focus peaking (présent sur les compacts PowerShot G X), ni de zebra en vue.

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Pas d’USB 3 ! Par contre, les sorties casque et micro répondent à l’appel.

Sur le côté, une sortie casque apparaît, près de la prise micro. Par contre, l’EOS 80D reste cantonné à la norme USB 2. Le mode WiFi NFC pilote désormais le boîtier à distance via Camera Remote, en plus de l’échange de fichiers. Livré avec un accu LP-E6N, inauguré sur l’EOS 7D Mark II et annoncé comme plus endurant que le LP-E6 classique, le boîtier acceptera aussi ces derniers.

La commercialisation devrait intervenir en mai, pour 1 289 €.

- Le site de Canon

Premier avis

Le message de Canon est clair. Elle souhaite occuper le terrain sur un segment ultra concurrentiel, à mi-chemin entre les sphères amateurs et expertes. Son principal adversaire est le Nikon D7200, parmi les reflex, mais on trouve surtout de nombreux boîtiers hybrides tout aussi polyvalents, comme le Fujifilm X-T1, le Panasonic GX8 ou encore l’Olympus OM-D E-M5 Mark II. Confortée par le succès public et critique du 70D, elle n’a pas pris de risques avec cet EOS 80D. Il ressemble énormément à son prédécesseur, arborant une ergonomie quasi identique. Toutefois, certaines évolutions devraient faire pencher la balance de son côté. En premier lieu, le nouveau système AF à quarante-cinq collimateurs surpasse largement celui de son prédécesseur. Sur le papier en tout cas.

La visée à 100 %, caractéristique habituelle sur les modèles experts, séduira les plus exigeants en matière de composition. A contrario, l’absence de joystick est une petite déception, tant il facilite la gestion des collimateurs AF. En vidéo, la possibilité de tourner à 50 im/s en 1080p ne doit pas être négligée, mais on attend plus de la part de Canon ; l’absence de focus peaking n’est pas justifiée, même si la technologie Dual Pixel AF procure un confort indéniable pour faire le point en visée par l’écran avec l’AF. Écran LCD tactile et orientable, flash intégré, cadence élevée : le 80D réunit tous les ingrédients pour entretenir la réputation de la série des EOS à deux chiffres en matière de polyvalence. Rendez-vous au printemps pour un test complet.

Fiche technique

- Capteur : Cmos APS-C, 24 Mpxl
- Monture : Canon EF / EF-S
- Stabilisation : -
- Protection : Anti-ruissellement
- Vidéo : 1080p à 50 im/s, son stéréo
- Formats de fichier : Jpeg, Raw (CR2), MP4, Mov
- Autofocus : reflex par corrélation de phase, 45 collimateurs croisés (27 sensibles à f/8) ; LiveView par corrélation de phase sur le capteur
- Écran : LCD 3", 1 040 kpts, orientable et tactile
- Viseur : Pentaprisme, 100 %, 0,95x
- Mesure de lumière : Multizone (63), locale, spot, pondérée centrale, correction sur +/- 5 IL
- Modes d’exposition : Auto, sans flash, P, A, S, M, Bulb, scènes (7), personnalisé
- Sensibilités : 100 - 25 600 Iso
- Vitesse : 1/8 000 s à 30 s, pose B
- Rafale : 7 im/s ; (5 im/s avec Ai Servo en LiveView)
- Flash intégré : Pop-up, NG=12 (pour 100 Iso), pilotage des flashs distants
- Stockage : SD/SDHC/SDXC (UHS-I)
- Divers : Micro-ajustement AF, intervallomètre, vidéo HDR
- Connectivité : WiFi (pilotage à distance, partage de fichiers, sauvegarde automatique, géolocalisation via smartphone), USB 2, HDMI, micro, casque, télécommande
- Accu : LP-E6N (7,2 V, 1 800 mAh)
- Dimensions/poids : 139 x 105,2 x 78,5 mm / 730 g (avec accu et SD)

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