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Nikon

Sony A6300 : AF à 425 points et vidéo 4K

03/02/2016 | Benjamin Favier

Deux ans après l’A6000, Sony revient sur le segment des hybrides experts au format APS-C. Place à l’A6300, qui repose sur une impressionnante fiche technique. Mais certains regrets pointent déjà, comme l’absence de stabilisation intégrée, de capteur BSI et de fonctions tactiles…

Présentation

Au cours des deux dernières années, Sony a fait preuve d’une incroyable activité sur le segment des compacts à optiques interchangeables, prenant particulièrement soin de sa série A7, qui adopte un capteur 24 x 36. En 2015, les trois boîtiers sont passés en version II, intégrant notamment un système de stabilisation : A7 II, A7R II et A7S II. L’A7R II a d’ailleurs marqué les esprits, avec son capteur plein format BSI et l’intégration de la vidéo 4K. Et l’APS-C dans tout ça ? La fréquence de sortie s’est avérée bien moins élevée. Dans la gamme, on s’est habitué aux designs et caractéristiques des A5100 et A6000. Mais Sony n’entend pas lâcher ce format, puisqu’elle lance, deux ans après la sortie de ce dernier, l’A6300.

Définition et processeur identiques

La première nouvelle, c’est que la définition ne change pas. Le successeur de l’A6000 est doté d’un capteur APS-C Cmos Exmor de 24 Mpxl. La seconde, c’est que le processeur Bionz X reprend du service. Mais revenons sur le capteur lui-même. Après nous avoir impressionnés avec celui de l’A7R II et les Cmos empilés des RX10 II et RX100 Mark IV, on pouvait s’attendre à retrouver l’une de ces technologies sur l’A6300. Et bien non.

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Schéma d’illustration du nouveau capteur Cmos Exmor de 24 Mpxl du Sony A6300. Document Sony

S’il ne s’agit pas du même capteur que sur l’A6000, Sony indique seulement avoir opté pour « une nouvelle couche de câblage en cuivre plus basse et un circuit de traitement qui optimise la collecte de la lumière. » Nous n’avons pour l’instant pu échanger avec des représentants de la marque, puisque l’annonce a été effectuée en direct depuis New York (16 h heures sur notre fuseau horaire) sans que la moindre information ne nous parvienne en amont. Avec ce nouveau capteur, l’A6300 atteint une sensibilité maximale de 51 200 Iso par extension. En parcourant attentivement la fiche technique, on déplore l’absence de stabilisation, pourtant incorporée sur les A7, comme mentionné plus haut. Il faudra donc recourir à des optiques en monture E estampillées OSS pour bénéficier de la stabilisation avec l’A6300.

Autofocus hybride, acte II

Lors de la sortie de l’A6000, Sony mettait déjà l’accent sur les performances de l’autofocus, de type hybride. À raison, comme nous l’avions souligné lors de notre test, tout en fustigeant la réactivité, perfectible, notamment le temps de déploiement du 16-50 mm (zoom électrique) ainsi que le délai de sortie de veille. Nous serons vigilants sur ces critères lors de nos essais. En attendant, le nouveau système autofocus de l’A6300 impressionne sur le papier : toujours de type hybride, il voit son nombre de collimateurs atteindre 425 en détection de phase (contre 179 sur l’A6000), couvrant presque toute la surface du capteur ; et 169 en détection de contraste (contre 99 auparavant).

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Répartition des collimateurs du système AF hybride du Sony A6300. Document Sony

Sony précise que tous seront actifs en corrélation de phase en utilisant des optiques en monture Alpha avec la bague LA-EA3. Une première pour un hybride en monture E au format APS-C. En outre, la marque revendique une mise au point sur des sujets en mouvement avec un délai de 0,05 s, avec l’aide de la technologie High-Density Tracking, qui apparaît pour la première fois sur ce modèle. Autre conséquence, un mode Rafale a priori redoutable en LiveView, puisqu’il atteint la cadence de 8 im/s. En mode classique, on reste à 11 im/s, avec la possibilité de prendre jusqu’à 21 images en Raw, 44 en Jpeg et environ 21 vues en Raw + Jpeg. En revanche, on constate que l’obturateur plafonne toujours à 1/4000s et la synchro flash à 1/160s. Un mode silencieux fait son apparition pour rendre le déclenchement muet.

4K en interne

L’enregistrement direct en 4K ne faisait guère de doute, après que cette définition est apparue sur les A7R II, A7S II, mais aussi sur les RX10 II et RX100 IV. Sur l’A6300, Sony indique que l’on obtient un équivalent au format Super 35 mm via un sur-échantillonnage : « l’appareil utilise tous les pixels du capteur, sans regroupement, pour recueillir 20 mégapixels d’information - à une définition équivalente de 6K et avec environ 2,4 fois plus de pixels qu’en 4K UHD. » L’enregistrement est donc confié à la carte mémoire (Memory Stick ou SD UHS-I), avec une compression XAVC S à 100 Mbps et une cadence maximale de 25 im/s (Pal). Il sera possible de tourner sans compression en 4K avec un enregistreur externe via la sortie mini HDMI. En 1080p, l’A6300 filme à 100 im/s avec un débit de 50 Mbps. Dans le même temps, un nouveau profil S-Gamut/S-Log permet de filmer sur une gamme dynamique étendue. Comme sur l’A6000, zébra et focus peaking répondent présents et il sera possible de solliciter le time code. Une prise micro – absente sur les NEX-6 et A6000 alors que le NEX-7 en était pourvu – refait surface (3,5 mm). Elle est aussi compatible avec les microphones XLR avec l’accessoire dédié XLRK2M. Pas de sortie casque en revanche.

Ergonomie et visée

À première vue, l’A6300, conçu en alliage de magnésium, n’évolue guère du point de vue du design, ressemblant beaucoup à son prédécesseur. Néanmoins, les touches ont fait l’objet d’un réaménagement au dos : toute la partie droite est calquée sur l’A7 II, ce qui facilitera le passage de l’un à l’autre et rend les deux boîtiers complémentaires. En tout il sera possible de configurer neuf touches, avec 64 fonctions au choix. L’A6300 se distingue de son grand frère 24 x 36 avec un touche d’extraction du flash, dont les A7 sont privés. Le viseur prend place sur la gauche du boîtier, comme l’A6000. Mais cette fois, Sony n’a pas rogné sur la définition.

Rappelons que l’A6000 se contentait d’un EVF de 1,44 Mpts, alors que le NEX 7 intégrait un viseur électronique Oled de 2,36 Mpts. On le retrouve logiquement sur l’A6300. Pas de surprise au niveau de l’écran LCD de 3 pouces et 920 kpts orientable à 90° vers le haut et 45° vers le bas : il est identique à celui de l’A6000 et n’est donc, hélas, toujours pas tactile. Parmi les autres caractéristiques, citons en vrac le WiFi NFC et la possibilité de configurer l’accès par QR Code. Il sera possible ainsi de sauvegarder des fichiers sur PlayMemories Online (cloud sécurisé Sony) et d’acquérir des applications, payantes pour la plupart, via PlayMemories Camera Apps. Le panorama par balayage est bien intégré dans le boîtier, mais il faudra en revanche débourser une dizaine d’euros pour accéder à un intervallomètre.
Le boîtier est toujours alimenté par l’accu NP-FW50. Rechargeable en USB, il est vendu sans chargeur, ce qui est regrettable, d’autant plus que le boîtier ne peut être utilisé lorsqu’il est en charge.

La sortie est prévue pour le mois de mars, au prix de 1 250 € boîtier nu et 1 400 € avec le 16-50 mm.

Sony a dans le même temps annoncé un trio d’optique haut de gamme en monture FE : 24-70 mm f/2,8 ; 70-200 mm f/2,8 et 85 mm f/1,4. Nous reviendrons sur cela dans les heures qui viennent.

- Le site de Sony

Premier avis

Il nous tardait de voir à quoi ressemblerait le successeur de l’A6000, un boîtier abordable, très complet, nient que frustrant sur certains points (absence d’écran tactile, viseur à seulement 1,44 Mpts, pas de prise micro…). Voici donc, deux ans après, l’A6300, qui adopte un nouveau capteur, inaugure un système AF impressionnant sur le papier et filme en 4K et répare quelques errements du précédent modèle. À commencer par l’adoption d’un viseur Oled de 2,36 Mpts, qui s’inscrit plus dans l’air du temps, ainsi que la présence d’une prise pour connecter un micro externe.

En revanche, on s’étonne de l’absence de stabilisation, généralisée sur les A7, ou encore d’un capteur somme toute classique, tandis que l’on a vu des « Stacked Cmos » et un « Cmos BSI » apparaître l’an dernier. Le fait que l’écran LCD ne soit pas tactile est également une déception, mais plus nuancée, puisqu’on s’y est habitué sur les hybrides 24 x 36 de la marque. Mais quand on voit que les trois optiques annoncées simultanément sont dédiées au plein format, on se doit de poser la question : Sony croit-elle encore vraiment à l’APS-C ? L’A6300 s’annonce comme un boîtier polyvalent et performant, dans la lignée de son prédécesseur. Mais à 1 250 € nu, le tarif est presque doublé ! En 2013, l’A6000 a émergé à 650 € nu et 800 € en kit ! À ces prix là, on n’est plus très loin du plein format, et l’A6300 aura fort à faire pour concurrencer les Fujifilm X-T1 ou Olympus Pen-F, mais aussi un Panasonic GH4 dans le domaine de la vidéo.

Fiche technique

  • Capteur : Cmos Exmor APS-C 23,5 x 15,6 mm 24 Mpxl effectif
  • Format : 3/2
  • Protection du boîtier : -
  • Stabilisateur : -
  • Anti-poussière : Vibrations ultrasoniques
  • GPS : Non
  • WiFi : Oui, NFC
  • Définition : 6 000 x 4 000 pixels (3/2), 6 000 x 3 376 pixels (16/9)
  • Vidéo : 4K (3 840 x 2 160p) à 25 im/s, 100 Mbps ; 1080p à 100 im/s, 50 Mbps
  • Sensibilité : Auto, 100 - 51 200 Iso
  • Formats de fichiers : Jpeg, Raw (ARW), Raw + Jpeg
  • Espace de couleurs : sRGB, Adobe RGB
  • Monture : E-Mount
  • Coefficient multiplicateur : 1,5x
  • Mise au point auto. : Détection de phase et de contraste
  • Zones de mise au point : 425 (détection de phase) + 169 (détection de contraste)
  • Illuminateur AF : oui
  • Mise au point  : Auto (déclenchement, continue,prédictive avec suivi), manuelle
  • Mode d’exposition : PASM, modes Scènes, iAuto, Supérieur Auto
  • Mesure de l’exposition : TTL
  • Plage d’exposition : NC
  • Type de mesure : Multizone (1 200), pondérée centrale, ponctuelle
  • Histogramme : Prise de vue, consultation
  • Compensation d’exposition : +/- 5 IL par 1/3 IL ou 1/2 IL
  • Vitesse : 1/4000 à 30 sec, pose B
  • Vitesse de synchro X : 1/160 s
  • Rafale : 11 im/s (expo et AF sur la 1ère photo) ; environ 21 images en Raw ; et 44 en Jpeg ; environ 21 vues en Raw + Jpeg
  • Retardateur : 2 ou 10 s
  • Réglages divers : D-Range Optimizer, AutoHDR, styles créatifs (Standard, Vivid, Portrait, Paysage, Coucher de soleil, N&B), effets spéciaux (Couleur partielle, Couleur POP, Soft High-key, Postérisation N&B ou couleur, Monochrome contraste élevé, Toy camera, Photo rétro, Soft focus, Peinture HDR, Rich-tone monochrome, miniature), corrections optiques, Focus peaking, Zebra
  • Flash intégré : oui
  • Compensation d’exposition au flash : +/-3 IL par 0,3 ou 0,5 IL
  • Visée : Oled, 2,36 Mpts, 100%
  • Moniteur : LCD orientable, 3 pouces/921 kpts
  • Stockage : Memory Stick PRO Duo/PRO-HG Duo/SD/SDHC/SDXC (UHS-I)
  • Connectique : Hi-speed USB, mini HDMI, Wi-Fi
  • Personnalisation : Touches personnalisables (9)
  • Divers : Panorama par balayage, HDR
  • Accessoires fournis : Accu, bandoulière, câble USB
  • Alimentation : Accu Li-Ion NP-FW50 (7,2 V, 1 080 mA/h)
  • Dimensions : 120 x 66,9 x 48,8 mm
  • Poids : 404 g (avec batterie et carte)

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