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Bonus : Panasonic GH4, cadrage et distorsions

14/06/2014 | Franck Mée

Lors de notre test du Panasonic GH4 (publié dans MDLP n°67), nous avons noté que pour filmer en 4K, l’appareil opère par recadrage de l’image après application des corrections optiques. Qu’est-ce que cela veut concrètement dire ? Et qu’est-ce que le « rolling-shutter », noté dans les points faibles ?

Panasonic ayant été l’un des pionniers de la correction logicielle des distorsions et des aberrations, ce n’est pas une surprise de voir le GH4 l’adopter généreusement. Certains appareils économisent des ressources en n’appliquant pas les corrections en vidéo, où elles sont moins problématiques (le cadrage 16/9 rend la distorsion moins visible et la définition réduite masque les aberrations chromatiques) ; ce n’est pas le cas des Lumix G, qui corrigent à l’identique images Jpeg et vidéos.

Sur cette photo en Raw sans correction, nous avons reporté le cadrage utilisé en Jpeg. La forte distorsion en barillet du 14-140 mm est presque intégralement corrigée, mais l’image subit un fort recadrage au passage : ce sont environ 14 Mpxl du capteur qui servent réellement à faire les 16 Mpxl du Jpeg.

En 16/9 (cadre orange), le GH4 n’élargit pas le champ pour compenser la perte de hauteur — cette fonction, le "multi-aspect", a disparu après le GH2 — et l’image est un simple recadrage du 4/3 original, laissant 12 Mpxl. C’est cette image qui est redimensionnée en 1920 x 1080 pixels pour la vidéo Full HD.

En 4K, en revanche, pas de redimensionnement, mais un recadrage supplémentaire (en vert, le cadre du 4K DCI) : le GH4 prend tout simplement les 4096 x 2160 pixels du centre de l’image.

Ce détail intéressera particulièrement les amateurs de grands-angles : avec le recadrage 4K et la correction de la distorsion, l’image à 14 mm ne couvre plus le champ d’un 28 mm en 24 x 36 mm, mais celui d’un 37 mm !

Rolling-shutter

Nous vous parlons parfois, en vidéo, du « rolling-shutter », du nom d’un phénomène analogue connu sur les caméras argentiques, en utilisant un obturateur rotatif très fermé (45° par exemple). Il est particulièrement visible sur les capteurs Cmos : ceux-ci sont lus ligne par ligne, et il faut du temps pour balayer toutes les lignes d’une image. Il y a donc un décalage temporel entre la lecture du haut de l’image et celle du bas de l’image ; si la caméra est en mouvement panoramique, cela suffit à déformer les lignes verticales.

Concrètement, voici ce qui se passe avec un panoramique un peu vif, de gauche à droite puis de droite à gauche ; sur un aller-et-retour, l’impression est que l’image est « molle » comme une masse de jelly. Le même phénomène cause également des déformations des sujets en mouvement rapide, l’effet le plus spectaculaire étant obtenu avec les hélices d’avions…

L’effet est plus visible sur une image nette : ici, nous avons choisi une obturation au 1/500s pour que le flou de mouvement ne puisse pas le masquer. Cependant, il est toujours visible et le seul moyen de s’en affranchir est de ralentir la vitesse des mouvements.

Notez qu’il existe des appareils équipés d’un « obturateur global », capable de bloquer l’exposition de tous les photosites au même instant, et donc de supprimer totalement ce soucis. Cette technologie est cependant complexe à implémenter sur un capteur Cmos et reste réservée à des produits spécifiques, dont le GH4 ne fait de toute évidence pas partie…

- Le test du Panasonic GH4 au sommaire de MDLP 67

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