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Un jeune auteur à Paris

01/10/2007 | Benjamin Favier

Par Benjamin Favier

* Toutes les citations sont extraites du livre Paris est une fête (édition Gallimard).

©Wilfrid Hoffacker. En photo, un exemplaire d’époque du Life qui consacrait la parution du Vieil Homme et la meravec en couverture un portrait d’Hemingway. Une pièce de collection rare, comme quelques autres trésors du bar Hemingway au Ritz .

C’est ici que tout commence pour Hemingway. Il débarque à Paris en décembre 1921, en tant que journaliste, correspondant pour le Star Weekly de Toronto. Il a vingt-deux ans. Accompagné de sa femme Hadley, il prend ses quartiers au troisième étage du 74 rue Cardinal-Lemoine, dans le 5e arrondissement. On y trouve désormais une boutique de vêtements ornée d’une enseigne Under Hemingway’s. Homme de lettre depuis son plus jeune âge, Ernest Hemingway tarde pourtant à affirmer son talent littéraire, bridé par le style journalistique qui s’appuie sur une écriture blanche, épurée. Mais surtout, comme tous les Américains à cette époque, il voit en Paris une sorte de jardin d’Eden. La vie n’est pas chère pour qui possède des dollars, et la prohibition n’a aucune chance d’y voir le jour. En lisant Paris est une fête, on remarque à quel point Hemingway aimait la vie parisienne.

Bon vivant, il s’arrêtait souvent dans des restaurants pour déguster toutes sortes de spécialités, toujours arrosées de bière ou de vin blanc… Un mode de vie pour le moins contradictoire avec le jeûne qu’il s’imposait lorsqu’il arpentait les rues de Paris. « Tous les tableaux étaient plus nets, plus clairs et plus beaux si vous aviez le ventre vide et vous sentiez creusé par la faim. J’appris à comprendre bien mieux Cézanne et à saisir vraiment comment il peignait ses paysages, quand j’étais affamé ». L’ascétisme, secret du génie littéraire d’Hemingway ? En partie, peut-être. Cependant, c’est sa rencontre avec Gertrude Stein qui lui ouvre définitivement les portes du monde des lettres. Et lui fait prendre conscience de ce qu’il est vraiment. « Vous êtes tous une génération perdue. Vous ne respectez rien. Vous vous tuez à boire ». Elle s’adresse en fait aux jeunes gens qui ont vécu la Première Guerre Mondiale. Hemingway fut lui-même chauffeur d’ambulance en Italie durant ce conflit. Mais en dépit de ce constat amer, Gertrude Stein voit en lui un grand écrivain et le convainc de persévérer dans cette voie.

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