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Olympus OM-D E-M1 Mark III : Un E-M1X redux

12/02/2020 | Benjamin Favier

Après un imposant E-M1X, Olympus revient aux sources de la gamme OM-D avec un modèle aux dimensions plus raisonnables. Tout en offrant des performances équivalentes au fleuron de la gamme, en photo comme en vidéo…

Présentation

Il y a un an, Olympus surprend tout le monde, en dévoilant un OM-D monobloc, façon reflex pro. L’E-M1X rompt ainsi avec la philosophie du système Micro 4/3, qui repose avant tout sur un équilibre entre qualité et compacité. On se demande alors si l’E-M1 Mark II, qui incarnait le haut de gamme, parmi les appareils à optiques interchangeables de la firme nippone aurait un successeur.

Voici l’E-M1 Mark III, qui reprend le flambeau, et vient se positionner au même niveau que l’E-M1X, malgré un gabarit bien plus modeste. Sur la balance, l’E-M1 Mark III est quasiment deux fois moins lourd que l’E-M1X, soit 504 g, contre 997 g pour le colosse, à chaque fois avec un accu et une carte SD. Cette différence physique ne doit cependant pas masquer de véritables similitudes. En résumé, l’E-M1 Mark III est un E-M1X en réduction.

Nouveau processeur

Bien sûr, il existe quelques subtilités d’un modèle à l’autre, nous allons revenir dessus. Mais de manière générale, le nouveau venu hérite des principales caractéristiques de son aîné. Mais se pare d’un atout maître, puisque l’E-M1 Mark III fonctionne avec la toute dernière génération de processeur TruePic IX ; tandis que l’E-M1X est pourvu de deux processeurs TruePic VIII.

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Une fonction dédiée à l’astrophotographie, apparue avec le processeur TruePic IX. Le boîtier fait la mise au point à l’infini.

D’où l’arrivée de nouvelles fonctions (LiveView Boost, Starry Sky AF), et de possibilités accrues pour certaines d’entre elles (AF sur les yeux amélioré, possibilité de photographier en Haute résolution 80 Mpxl en Jpeg en plus du Raw).

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Le mode « Trépied » permet d’obtenir des fichiers de 80 Mpxl, en Raw et Jpeg ; on passe à 50 Mpxl avec le mode « En main ».

Pour le reste, les composants internes sont les mêmes. Le capteur LiveMos de 20,4 Mpxl, qui délivre des fichiers de 5 184 x 3 888 pixels au format 4/3, avec une plage de sensibilité qui s’étend par défaut de 200 à 25 600 Iso (64 ou 100 Iso en mode « L »).

Le système de stabilisation sur cinq axes, par translation du capteur, est bien là. Il sera également possible d’obtenir des fichiers Raw (les fichiers bruts sont enregistrés sur 12 bits) ou Jpeg de 10 368 x 7 776 pixels (80 Mpxl) ou 8 160 x 6 120 pixels (50 Mpxl). Dans le premier cas, il faut sélectionner le mode « Trépied », ce qui suppose d’avoir un support stable. Dans le second, « En main », pour photographier à main levée. Quoi qu’il en soit, il faut privilégier les paysages ou natures mortes, tout déplacement d’un élément se traduisant par un flou sur l’image finale.

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L’E-M1 Mark III offre la possibilité de solliciter des filtres ND en interne. Mais uniquement en modes priorité M (manuel) et S (vitesse).

Parmi la pléthore de fonctions disponible dans les menus, on note la présence de « Prise ND directe ». Apparue sur l’E-M1X, elle donne accès à plusieurs simulations de filtres ND (cinq en tout, de ND2 à ND32). Pour les utiliser, il faut solliciter les modes M ou S. Ce qui signifie, hélas, qu’on ne peut pas en bénéficier en vidéo. Ils sont pourtant précieux pour filmer à des vitesses raisonnables (entre 1/50s et 1/100s) dans des conditions de forte luminosité. En revanche, cela permet d’effectuer des poses lentes sans avoir à manipuler des filtres. Grâce à l’efficacité de la double stabilisation, on obtient à main levée des clichés d’ordinaire uniquement réalisables avec un trépied : avec le zoom M.Zuiko 12-100 mm f/4 IS Pro, le gain atteint sept vitesses et demi !

Deux frères

E-M1X, E-M1 Mark III, même combat : la dalle Oled de 2,36 Mpts, avec un grossissement 0,83x en équivalent 24 x 36 et un dégagement oculaire de 21 mm, est identique sur les deux modèles. Olympus fait ainsi preuve de cohérence et n’a pas voulu « tuer » son modèle le plus haut de gamme un an après sa sortie, en augmentant la définition de l’EVF sur le Mark III.

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Il est possible de paramétrer toutes les touches et boutons à sa guise, avec une pléthore d’options à chaque fois.

C’est pourtant dommage, car la concurrence – Lumix G9 en tête, mais aussi le Fujifilm X-T3 –, possède des Oled de 3,68 Mpts. Quoi qu’il en soit, le viseur est confortable à l’usage et nous n’avons pas constaté le moindre retard en mode Rafale.

Toujours dans la même logique, qui consiste à ne pas froisser les possesseurs d’E-M1X, le flash externe FL-LM3, livré avec les E-M1 et E-M1 Mark II, ne figure plus dans la boîte du Mark III, tout comme il est absent de celle de l’E-M1X. Nous le regrettons, car ce petit flash externe, protégé contre les intempéries, peut aussi être utilisé en tant que flash maître, dans une configuration sans fil. Enfin, Olympus annonce qu’aucun grip optionnel n’est prévu pour l’E-M1 Mark III. Le boîtier est en effet compatible avec le modèle dédié à l’E-M1 Mark II. Les utilisateurs de ce dernier possédant l’accessoire apprécieront. Toutefois, il faut prendre conscience que le joystick, nouvel attribut du Mark III, ne figurera ainsi pas sur le grip pensé pour le Mark II. Un argument en faveur de l’E-M1X, optimisé pour la prise de vue horizontale et verticale.

Système AF hybride

Certaines fonctions liées à l’autofocus restent l’apanage de l’E-M1X : ainsi, on ne retrouve pas, dans les menus de l’E-M1 Mark III, les paramètres prédéfinis prévus pour photographier des trains, voitures ou avions.

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Plusieurs modes de détection des yeux sont disponibles dans les menus dédiés à l’AF. On peut choisir l’œil gauche ou droit par exemple.

Mais le système AF est bien identique, reposant sur la détection de phase et de contraste, avec cent-vingt-un collimateurs. Pilotables via un joystick (l’E-M1 Mark II en est dépourvu), en dehors du mode trackpad, qui consiste à utiliser l’écran LCD tactile pour choisir les points AF.

Annoncée à 15 im/s en obturation mécanique, en mode AFC, la cadence est la même que celle de l’E-M1 X (idem en obturation électronique à 18 im/s, voir fiche technique). L’obturateur mécanique plafonne à 1/8 000s, mais il est possible d’atteindre 1/32 000s en mode électronique. Nous n’avons pas constaté de problèmes liés au rolling shutter dans ces conditions.

Mode vidéo abouti

Il ne faut pas sous-estimer les capacités des OM-D en vidéo. À l’instar de l’E-M1X, cet E-M1 Mark III offre toute la panoplie nécessaire aux vidéastes les plus exigeants. Certes, la cadence est limitée à 25 im/s en 4K UHD, là où les Lumix GH5 et G9 filment à 50 im/s. Mais pour le reste, tous les outils nécessaires sont bien là. Le profil OM-Log400, bien que sur 8 bits seulement, pourra être sollicité, en vue due d’un étalonnage poussé. Casque et micro peuvent prendre place sur le côté, et il sera possible de tourner sur un enregistreur externe, sans compression en 4:2:2, via la sortie HDMI, mais pas sur 10 bits, hélas.

Time-code, vumètre, focus peaking sont disponibles pour faciliter le tournage. Une mode « High Speed » figure parmi les différentes cadences proposées. La captation s’effectue alors à 100 im/s, en mise au point manuelle, sans prise de son. Cela permet de générer de beaux ralentis, très fluides.

Construction tout temps

Autre avantage non négligeable, la protection de l’E-M1 Mark III, qui bravera sans broncher (avec un zoom également pourvu de joints d’étanchéité) des conditions climatiques délicates. Ce qui en fait un outil très polyvalent en reportage, aussi bien en photo qu’en vidéo. Par ailleurs, l’accu BLH-1, déjà à l’œuvre sur les E-M1 Mark II et E-M1X, est reconduit. Il est possible de recharger l’accu en USB. Un chargeur secteur est toutefois bien fourni.

Le tarif est de 1799 € nu, 2 499 € avec le zoom M.Zuiko 12-40 mm f/2,8 Pro et 2 899 € avec le M.Zuiko 12-100 mm f/4 IS Pro. Disponibilité dans le courant du mois. Lire le test complet de l’E-M1X Mark III dans notre numéro 123, en kiosque aujourd’hui.

- Le site d’Olympus

Premier avis

Un an après la sortie de l’E-M1X, on ne peut s’empêcher de pense qu’Olympus aurait du sortir cet E-M1 Mark III à la place ; ou au moins, le proposer en même temps que son imposant aîné. N’oublions pas que la principale raison d’être des appareils sans miroir réside dans le gain en matière de compacité et légèreté, par rapport aux systèmes reflex. Et dans ce domaine, le Micro 4/3 constitue un compromis cohérent, en termes de ratio poids/performances/encombrement, boîtier et optiques comprises. Là où, en 24 x 36, le déséquilibre se fait parfois sentir, entre un appareil léger, et un zoom lumineux tout aussi encombrant que dans les gammes optiques pour reflex.

Avec un poids qui frôle le kilo, l’E-M1X paraît en rupture avec cette philosophie, bien que par ailleurs, on puisse apprécier une ergonomie « pro ». Mais nous aurions préféré un E-M1 Mark III avec un grip amovible… car en l’état, la poignée prévue pour le nouveau venu, n’est autre que celle de l’E-M1 Mark II ! Ce qui signifie, comme indiqué dans la présentation, que le joystick pour piloter les collimateurs AF n’y figure pas. L’arrivée de ce modèle est en tout cas bienvenue, même si nous aurions aimé que la définition du viseur Oled soit revue à la hausse, ne serait-ce que pour tenir la dragée haute aux Fujifilm X-T3 et Lumix G9.

Il y a toujours une place – de plus en plus petite, à l’image de l’ensemble du marché – pour le Micro 4/3. La qualité de construction et la compacité du système sont des arguments qui ne peuvent laisser insensibles. La feuille de route M.Zuiko récemment publiée par Olympus laisse entrevoir de belles choses du côté des téléobjectifs. Prometteur, quand on connaît la qualité des optiques, qu’il faut cependant payer au prix fort. Néanmoins, des modèles comme le 12-45 mm f/4 Pro dévoilé en même temps que l’E-M1 Mark III, permettent de s’équiper à moindre coût. Et dans l’ensemble, la gamme M.Zuiko – avec le renfort des Lumix G – a fière allure.

Fiche technique

  • Capteur : Live Mos 4/3, 17,4 x 13 mm, 20,4 Mpxl, format 4/3
  • Définitions max : [4/3] 5 184 x 3 888, [4/3 High-Res] 8 160 x 6 120 pixels
  • Définition vidéo : C4K (4 096 x 2 160 pixels, 24p, IPB à 37 Mbps), 4K UHD (3 840 x 2 160 pixels, 30p, 25p, 24p), 1 080p (100p, 50p, 60p, 30p, 25p, 24p), son stéréo
  • Monture : Micro 4/3
  • Stabilisateur : Mécanique sur 5 axes par translation du capteur
  • Nettoyage du capteur : Oui, filtre à ultrasons (Super Sonic Wave Filtre)
  • Protection du boîtier : Anti-poussière, anti-ruissellement, -10 °C
  • WiFi : Avec application OI Share ; prise de vue connectée avec Olympus Capture sans fil
  • Divers : Mode haute résolution (80 et 50 Mpxl), compensation fish-eye (trois types), compensation trapézoïdale, Live ND, Live bulb, Live Time, Live Composite, HDR, Focus stacking, Focus bracketing
  • Sensibilité : 200-25 600 Iso (extension Low à 64 et 100 Iso)
  • Formats de fichiers : Jpeg, Raw (ORF, 12 bits), MOV et AVI (vidéo)
  • Mise au point : Dual Fast AF : 121 points / Collimateurs en croix pour un AF à détection de phase ; 121 points / AF à détection de contraste.
  • Vitesses : Obturateur à plan focal : 1/8 000 à 60s, B, T, synchro à 1/320s ; obturateur électronique : 1/32 000s à 60 s
  • Rafale : 15 im/s (AF-C, obturateur mécanique, environ 101 Raw et 132 Jpeg), 18 im/s (AF-C, obturateur électronique, environ 76 Raw et 90 Jpeg), 60 im/s (AF-S, environ 50 Raw et 50 Jpeg)
  • Flash : -
  • Viseur : 2,36 Mpts, 100 %, 0,83x (équivalent 24 x 36), dégagement 21 mm
  • Moniteur : LCD tactile multi orientable 
(7,6 cm / 1 037 kpts)
  • Stockage : 2 x SDXC/UHS-II
  • Interfaces : Super-speed USB type-C, micro-HDMI, WiFi, entrée micro, sortie casque, prise synchro X
  • Alimentation : Accu Li-Ion BLH-1
  • Dimensions L x P x H : 165 x 201 x117 mm
  • Poids : 504 g (SD et accu)

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