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Choisir son imprimante

06/12/2013 | Yvon Dargery

Le choix de l’imprimante est une étape importante qui impactera directement la qualité de vos photos. L’offre étant pléthorique, le choix se fera notamment en tenant compte des attentes spécifiques de chacun en termes de destination, de performances, de coût d’impression, afin de définir le meilleur rapport qualité-prix.

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L’éjection de la goutte est une opération brutale et pourtant de grande précision.

Les constructeurs s’efforcent de créer les imprimantes répondant à la majorité des désirs des acheteurs : elles doivent être capables de réaliser des travaux bureautiques simples, donc d’imprimer des textes de bonne qualité, de produire des photocopies en monochrome ou en couleur pour répondre à des exigences familiales basiques, mais aussi de sortir des photos d’une qualité acceptable.

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Des dispositifs optiques peuvent déterminer automatiquement le type de papier et assurer l’alignement des têtes.

Les imprimantes/copieurs disponibles en entrée/milieu de gamme sont nombreuses et sur ce segment, la lutte fait rage entre les constructeurs. Reste à considérer le coût. Les acheteurs potentiels avancent des critères de prix alors que les constructeurs raisonnent en termes de coût de possession. C’est-à-dire de prix d’achat de l’imprimante, augmenté du prix des consommables, pendant une durée de 2 à 3 ans qui correspond à la durée de vie moyenne de la machine. Cela conduit à explorer plusieurs possibilités. L’entrée de gamme pour les utilisateurs occasionnels : qualité moyenne partout, mais avec un prix de vente compensé par un coût à la page plus élevé pour équilibrer le coût de possession. Le milieu de gamme : plus cher à l’achat, mais dont les consommables seront moins onéreux ou de capacité supérieure, ce qui revient à un coût à la page plus abordable. Pour faire le bon choix, il faudra par conséquent évaluer ses besoins avec précision et surveiller les offres.

L’imprimante photo

Dans le champ de nos préoccupations, considérons les capacités photo de l’imprimante qui nous intéressent. Si le segment d’entrée de gamme permet l’impression de photos correctes, le résultat n’est cependant pas parfait et il faut se tourner vers des machines orientées photo. Qualifier une imprimante de « photo » est une opération sans base objective et tous les fabricants décrivent leurs imprimantes comme capables de produire « des photographies excellentes aux couleurs brillantes… ». Dans la réalité, le nombre des encres et leur type, la qualité du système d’éjection, la capacité de prise de feuilles sont des critères qui, s’ils ne préjugent pas à tous les coups de la qualité finale, sont des indicateurs intéressants. Dans la pratique, la mention « multifonction » ou « imprimante photo » n’est pas un élément à prendre au pied de la lettre. En effet, même si tous les fabricants s’en prévalent et que toutes les imprimantes sont capables de produire des photos, les résultats sont plus ou moins convaincants et les prix relativement variables.

À chacun ses priorités

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La simple présence de lecteurs de cartes photo suffit pour qualifier l’imprimante de « Photo ».

Les imprimantes appartiennent à plusieurs familles technologiques. Si le jet d’encre s’est imposé comme technologie majoritaire dans le segment grand public, le laser ou la sublimation d’encre solide constituent des technologies dont il faut tenir compte. L’impression électrophotographique, appelée laser, est plus tournée vers le milieu professionnel, mais les récentes baisses de prix des machines quadrichromiques en font une alternative très économique pour celui qui désire uniquement imprimer des épreuves photo minimalistes sur papier ordinaire. Bien sûr, la qualité n’est pas au niveau d’une imprimante jet d’encre et les papiers disponibles sont plus proches du papier ordinaire que du papier photo traditionnel. Les prix très bas, de l’ordre de 250 € pour un copieur multifonction laser couleur placent cette technologie économe en consommables sur la grille de départ des candidates.
L’impression par sublimation a été à l’origine des premières imprimantes photo. Le coût des consommables et la limitation pour les amateurs du format au 10 x 15 cm pour des raisons de prix ont un peu marginalisé ce type de produit en le cantonnant au format« carte postale ».
Ce segment d’imprimantes qui a connu des jours glorieux se trouve aujourd’hui relégué au second plan, les imprimantes A4 étant parfaitement capables d’imprimer en petit format. La technologie reine en impression photo reste donc le jet d’encre qui fait la quasi-totalité de l’impression photo en A4. Deux technologies sont en compétition : le jet d’encre thermique promu à l’origine par Canon et HP puis par Lexmark et qui consiste à projeter une gouttelette d’encre par la brusque évaporation d’une faible quantité d’encre située au-dessous. Cette explosion violente est assurée par des têtes d’impression aujourd’hui parfaitement au point, dont la précision est quasiment parfaite et le coût de production relativement modeste. La technologie piézo-électrique utilisée surtout par Epson et Brother est basée sur des micropompes qui utilisent la déformation d’un petit cristal piézzo pour envoyer la gouttelette grâce à la surpression créée. L’avantage de cette technologie réside dans la possibilité de moduler la taille de la goutte. En revanche, la taille du dispositif et le coût de fabrication relativement élevé ne permettent pas l’indépendance du système par rapport à l’imprimante : contrairement au jet d’encre, il n’est pas possible de changer facilement le système d’éjection en cas de problème. En conclusion, deux solutions pour l’impression photo jet d’encre, mais sans qu’aucune ne se détache nettement.

Première expérience
Vous venez d’acquérir une imprimante et vous vous apprêtez à l’utiliser. Quelle que soit votre expérience en la matière, suivez scrupuleusement le guide d’installation, certaines machines nécessitent une installation du pilote avant le branchement, d’autres non. Chacune à sa chronologie en termes d’étapes d’installation. Une fois le pilote et l’imprimante installés, imprimez la page d’essai proposée. La machine ayant une vocation photo, imprimez votre première photo en A4 sur du papier de la marque (impératif) avec les encres de la marque (impératif) en sélectionnant sur le pilote le bon papier correspondant et la meilleure qualité possible. Choisissez dans votre collection une bonne photo bien contrastée et très nette puis lancez l’impression. Laissez sécher votre photo pendant au moins une minute puis examinez-la, elle doit vous prouver que votre imprimante a réellement des capacités photo. Si le résultat est décevant alors que la photo était parfaite à l’écran, assurez-vous que votre écran est calibré (voir plus loin) et que votre photo est vraiment bonne, la netteté s’appréciant sous un logiciel de visualisation par un affichage à 100 % ou à la taille réelle des pixels.

Format d’impression

Si on laisse de côté l’impression très grand format, trois formats sont disponibles pour l’amateur, sachant que qui peut le plus peut le moins, mais non l’inverse. On a vu que l’impression 10 x 15 n’était plus très répandue, réservée à des machines ludiques permettant d’imprimer « à chaud » des photos à partager entre amis, elles fonctionnent toujours sans ordinateur et les impressions sont réalisées à partir de la carte mémoire de l’appareil photo. Les imprimantes A3, plus chères et plus encombrantes, sont à réserver à des amateurs souhaitant spécifiquement imprimer dans ce format. Restent les imprimantes A4, soit l’immense majorité des imprimantes grand public, qui répondent grâce à la diversité de l’offre à la quasi-totalité des besoins des photographes amateurs.

Imprimer en 10 x 15
Le format 10 x 15 est le format classique des tirages amateurs, il est proche du 9 x 13 des photographes. Le coût de l’impression à la page est assez élevé : en qualité photo il faut compter 30 centimes d’euros par tirage, papier et encres compris. Si on rapproche ce prix de celui des tirages sur Internet en moyenne à 10 centimes d’euros ou de 15 centimes en magasin, le prix n’est pas le critère. L’argument le plus fréquent avancé par les amateurs qui tirent en petit format reste double : la plus grande facilité de « travailler » l’image avant l’impression et surtout l’effet « polaroid » qui permet de donner aux amis leur photo dans les minutes qui suivent la prise de vue. En plus grand format, les critères sont différents, de nombreux sites ne proposent pas de tirage au-delà de 13 x 18 et si les photographes de proximité l’offrent, c’est en général avec un délai de 2 ou 3 jours. Dans le cas des formats supérieurs, le coût, mais surtout la rapidité d’obtention de l’épreuve sont des critères en faveur de l’impression à la maison.

Vitesse d’impression

La vitesse d’impression est un critère important même si objectivement il devrait passer au second plan : que représentent les 1 à 3 minutes d’impression d’une magnifique photo A4 par rapport au temps que prenait le développement d’une photo 24 x 30 dans le laboratoire noir et blanc de l’amateur argentique. Pourtant cela reste un critère surtout pour ceux qui impriment de nombreux clichés. Le temps annoncé par les constructeurs est souvent difficile à interpréter : il fait soit référence à un document couleur en qualité brouillon, à une photo, mais en qualité minimale, ou à une photo en haute qualité, mais en format 10 x 15. On trouve souvent une indication en pages par minute en couleur et en noir et blanc, indications courantes pour les imprimantes de bureau, mais pas pour les imprimantes photographiques. Là encore, le type d’impression n’est pas indiqué et on peut être sûr que pour gonfler les chiffres, la durée d’impression couleur est celle d’un document brouillon. Il faut donc, hélas, très peu compter sur les caractéristiques annoncées de la machine pour se faire une idée précise de la vitesse d’impression. Seuls quelques tests indépendants trouvés sur des sites Internet permettent de se forger une opinion.

Liaison à l’ordinateur

Bien sûr, les imprimantes modernes peuvent imprimer des photos sans ordinateur, soit par l’intermédiaire du lecteur de cartes mémoire intégré ou de la liaison filaire avec appareil – imprimante au standard PictBridge. Dans ces cas, l’ergonomie laisse souvent à désirer, l’arborescence des menus étant assez obscure et l’écran de l’imprimante ou de l’appareil photo un peu juste pour juger a priori de la qualité des photos. La vraie solution nécessite donc une liaison entre l’ordinateur et l’imprimante, l’impression étant pilotée à partir du poste de travail. Ces liaisons sont soit filaires (USB le plus souvent, parfois FireWire ou Ethernet) soit sans fil (WiFi dans la plupart des cas, Bluetooth parfois). L’USB est le plus répandu, l’USB 3.0 permettant des débits importants dans le cas de fichiers lourds comme pour l’impression A3. L’universalité de l’USB tant sur les imprimantes que sur tous les ordinateurs et les systèmes d’exploitation en fait la connexion incontournable d’une imprimante. Rassurez-vous, il n’existe pas à notre connaissance d’imprimante pour amateurs qui n’ait pas au moins la connexion USB. Le WiFi pose parfois des problèmes et de nombreux amateurs font état d’une impossibilité de connexion par ce moyen sans explication claire. Pourtant, le WiFi est le moyen classique d’impression à partir d’un Smartphone, hors copie des fichiers sur le PC ; le Bluetooth, plus lent, est réservé aux impressions en petit format.

Partage en réseau filaire

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De nombreuses imprimantes incluent maintenant une carte réseau Ethernet en plus de l’USB.

Parmi les liaisons, le partage en réseau est une possibilité intéressante pour les imprimantes photo partageables entre plusieurs ordinateurs. Le réseau filaire Ethernet suppose une infrastructure existante ou à créer, mais sa simplicité d’usage et sa fiabilité en font une solution à considérer, surtout dans le cas de postes de travail assez peu éloignés (limite de 100 m). De nombreux amateurs se contentent de créer un réseau en achetant un concentrateur de quelques dizaines d’euros et un ou deux câbles de liaison RJ45. Ou relient l’imprimante à l’un des ports Ethernet de la box ou passent par un routeur WiFi. En connectant les ordinateurs et l’imprimante au concentrateur, on accède à cette dernière depuis chaque poste si on a pris le soin d’installer les pilotes correspondants sur chaque ordinateur. L’extension la plus intéressante consistera ensuite à connecter sur le hub un serveur sécurisé NAS à deux disques qui permettra d’accéder depuis les postes aux fichiers photo, mis à l’abri par un système de copie automatique en RAID 1. Deux normes de réseau existent nécessitant des câbles spécifiques : l’Ethernet 10 base T offrant un débit théorique de 10 mégabits par seconde et le Fast Ethernet 100 base TX allant jusqu’à 100 mégabits par seconde. Le second nécessite une carte réseau, un hub et un câblage adapté. Bien sûr, à moins d’un adaptateur, pas toujours fiable, cette solution sous-entend une imprimante dotée d’une interface Ethernet et toutes n’en disposent pas alors que cette interface est plus répandue sur les imprimantes laser.

Tout en réseau
La parfaite intégration des paramètres réseau dans les systèmes d’exploitation et leur normalisation a changé la donne. Aujourd’hui, de nombreux ordinateurs disposent d’une prise RJ45 pour leur raccordement Ethernet au réseau, les produits, câbles, hub, sont devenus abordables. Enfin, les périphériques (serveurs NAS, imprimantes…) sont de plus en plus nombreux à comporter une interface Ethernet 10 ou 100 Base T. Le seul vrai problème reste le câblage. Pourtant, les constructions récentes disposent de plusieurs prises téléphoniques alors que les téléphones sont sans fil ! En y regardant de plus près, on se rend compte que les câbles les reliant sont des câbles réseau (4 paires) et qu’il devient dès lors facile de connecter à un concentrateur central pour rendre le réseau opérationnel.

Les encres

Parmi les critères, celui du type d’encres et des réservoirs est important : qualitativement parce que le nombre d’encres déterminera souvent la qualité d’impression et que le type de réservoirs déterminera en grande partie le coût à la page. Nous reviendrons sur cette problématique des encres, mais en résumé, la présence de plusieurs encres, noire et grise, sera le garant d’une impression de grande qualité en noir et blanc, alors que des encres couleur supplémentaires en plus des trois couleurs de base amélioreront le rendu des clichés couleur. Le minimum pour une imprimante photo digne de ce nom semble être de 4 encres : un noir pigmenté pour l’impression de textes (l’imprimante peut être amenée à le faire) et quatre encres pour la photo : cyan, magenta, jaune et noir photo.

Prix d’achat et d’usage

Si le prix d’achat initial est un critère trop souvent unique dans le choix de l’imprimante, c’est sans intégrer le coût à la page qui dans la durée de vie d’une imprimante est plusieurs fois supérieur à celui de l’investissement initial. Grossièrement, on peut dire que le coût à la page est inversement proportionnel à celui de l’imprimante, on a vu des cas où – à travers des offres promotionnelles – une imprimante neuve avec son jeu de cartouches coutait à peu près le même prix que le jeu de cartouches d’encre de remplacement. Il est donc important d’évaluer son besoin annuel en tirages en incluant les ratés et d’imaginer un budget sur deux ou trois ans, mais en ne considérant pas l’utilisation d’encres compatibles, solution peu réaliste en impression de photos de qualité.

Ergonomie

Critère essentiel et pourtant quasi impossible à quantifier, la maîtrise d’une imprimante et de son pilote qui demande une certaine expérience. Souvent, les premiers clichés peuvent s’avérer décevants : ils résultent d’une mauvaise maîtrise de l’imprimante et/ou du pilote ou d’un papier inadapté. Il faut donc analyser les anomalies relatives à ces premières manipulations et s’adapter pour arriver à une impression optimale.

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