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Définition et résolution

06/12/2013 | Yvon Dargery

Pourquoi imprimer avec une imprimante à 4800 ppp une image mesurant 4000 x 3000 pixels issue de mon appareil photo de 12 millions de pixels alors que la résolution du document papier doit être de 250 à 300 ppp ?

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Des micromires lues par des cellules assurent la précision de positionnement de la tête et du papier.

Si le point par pouce est une unité de mesure, son utilisation pour mesurer un document imprimé ou une image issue de l’appareil photo n’a pas les mêmes bases ni les mêmes réalités. On utilise souvent sans discernement les termes de dimension, définition et résolution et il est indispensable de se rendre compte que ces mots qualifient des réalités différentes. La dimension d’une image en pixels – sa définition – peut être assimilée à une valeur en points : on a alors pour notre capteur de 4000 x 3000 pixels une image qui mesure 4000 points en largeur, mais ramenée à la dimension de notre capteur exemple de 14,7 x 22,7 mm elle devient 4000/2,27 soit 1760 points par cm ou 1760 x 2,54 = 4480 ppp. On peut donc dire que la définition s’applique à une image en deux dimensions, notre capteur a donc bien une définition de 12 millions de pixels (ou points) alors que sa résolution horizontale, valeur en une dimension, est de 4480 points par pouce ou 1760 points par centimètres. Tout ensuite n’est qu’extrapolation de surface : la définition étant une valeur finie et déterminée à la prise de vue par les caractéristiques de mon appareil, la définition de mon écran déterminera la qualité de l’affichage et la dimension de mon papier devra être adaptée si je veux rester dans les limites de l’impression de qualité soit 250 à 300 ppp.

Qualité d’impression

La qualité de l’impression est un élément à la fois objectif et subjectif : objectif puisqu’il peut se mesurer, subjectif puisque l’interprétation de l’image réalisée par nos yeux et notre cerveau va en général améliorer la valeur objective du document.

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La définition d’une imprimante définit les positions possibles pour chaque goutte sans préjuger de la faisabilité (diamètre des gouttes, erreurs d’éjection, etc.).

La résolution d’une imprimante est le nombre de positions possibles
horizontalement et verticalement pour placer une goutte d’encre. Cette valeur théorique ne détermine pas, par anticipation, s’il y aura ou non une goutte sur chaque position. En outre, la position possible définit le centre de la goutte et si son diamètre est supérieur à la distance entre deux centres, il y aura une superposition pas nécessairement voulue. En pratique pour une résolution d’impression de 4800 ppp, les 4800 positions ne seront jamais exploitées. La définition théorique est en outre réduite par le fait que le point coloré est constitué de trois ou quatre (voire plus) gouttes minuscules de couleur différente et que ces gouttes seront placées en juxtaposition et rarement en superposition. Heureusement, l’oeil et le cerveau rétablissent la valeur colorée exacte en « rassemblant » les points de couleur différente proches pour en faire un point unique ou plus exactement une zone colorée unique. Dans la réalité, on peut vérifier le parfait alignement des points colorés sur un écran avec une loupe alors que sur un document imprimé une zone observée au microscope révèle une apparente anarchie de positionnement qui se traduit pourtant par une excellente photo.

Vocabulaire pratique
On peut dire que la résolution, mesurée en une dimension, est la densité de points par unité de longueur qui s’applique surtout à l’impression. La définition, mesure en deux dimensions, dans le cadre d’une capture ou d’un moniteur, est une mesure du nombre de points pour une surface donnée qui peut s’exprimer en définition verticale x définition horizontale, elle s’applique plus à l’image globale (capteur, écran, etc.). Pratiquement, la définition du capteur de l’appareil photo induit la taille pratique maximum d’impression. Bien sûr, certains logiciels de retouche permettent d’augmenter artificiellement le nombre de pixels d’une image en extrapolant à partir des valeurs voisines la valeur de pixels intermédiaires, mais le résultat reste très inférieur au rendu d’un capteur plus performant. Le tableau ci-dessous vous éclairera.

Résolution, définition

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En juxtaposant une série de buses normales et une série de buses très fines, on peut obtenir deux tailles de gouttes et améliorer les dégradés de teintes.

On a vu que la résolution était une valeur en une dimension. L’imprimante travaillant heureusement sur une surface, on doit avoir deux valeurs de résolution, l’une horizontale correspondant au nombre de positions possibles
de la tête d’impression lors de sa translation, l’autre verticale correspondant au nombre de buses alignées sur la tête combinée au déplacement vertical du papier. Comme une grande résolution verticale est plus difficile à obtenir (technologie de réalisation de la tête notamment) que la résolution horizontale (contrôle électronique du déplacement de la tête) et que la densité de points est un critère de qualité de la photo, les constructeurs ont depuis longtemps utilisé l’entrelacement des lignes consistant à décaler le papier verticalement d’une fraction de la distance entre deux buses et de réimprimer la ligne pour combler les trous.

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Une technologie de buses à 300 ppp peut, en décalant les rangées, donner une impression réelle en 600 ppp en juxtaposant deux rangées de buses.

Si cette technique donne des résultats satisfaisants, elle allonge d’autant le temps d’impression : effectuer deux passes pour une ligne revient à doubler le temps d’impression. Les données techniques d’une imprimante devraient signaler la résolution par deux valeurs, mais en général, une seule est affichée : la résolution horizontale plus facile à augmenter. Une imprimante qui signale une résolution de 4800 ppp oublie de signaler la résolution verticale qui est en général moindre ou si elle est signalée c’est la densité résultant de deux ou quatre passes qui est donnée. Il devient donc difficile de décrypter une notice technique : impression en 9600 x 2400 ppp et sortie d’une photo 10 x 15 en 15 secondes peut signifier 2400 ppp de résolution verticale en 3 passes et impression en 15 secondes en qualité brouillon en une seule passe. La notice abrégée de l’imprimante mentionnant quant à elle une résolution d’impression de 9600 ppp !

Vocabulaire pratique
On peut dire que la résolution, mesurée en une dimension, est la densité de points par unité de longueur qui s’applique surtout à l’impression. La définition, mesure en deux dimensions, dans le cadre d’une capture ou d’un moniteur, est une mesure du nombre de points pour une surface donnée qui peut s’exprimer en définition verticale x définition horizontale, elle s’applique plus à l’image globale (capteur, écran, etc.). Pratiquement, la définition du capteur de l’appareil photo induit la taille pratique maximum d’impression. Bien sûr, certains logiciels de retouche permettent d’augmenter artificiellement le nombre de pixels d’une image en extrapolant à partir des valeurs voisines la valeur de pixels intermédiaires, mais le résultat reste très inférieur au rendu d’un capteur plus performant. Le tableau ci-dessous vous éclairera.

Faire trop est inutile

Le document photographique étant fait pour être regardé à l’oeil nu et non au microscope, le phénomène d’assimilation des points par l’oeil montre que la photo imprimée à une densité supérieure à 300 ppp n’apporte rien et qu’en général une résolution de 250 ppp est une bonne valeur pratique. Dans ces conditions, le passage de l’image numérique à l’image imprimée sera limité par la taille applicable à l’impression.

Pour reprendre notre exemple d’une l’image de 12 Mpxl soit 4000 points de définition horizontale, le ratio entre la largeur du papier A4 (30 cm) et le capteur (2,27 cm) est de 13,2 ; la résolution d’impression sera donc de 4000/13,2 soit un peu plus de 300 points par pouce. En A3, le ratio étant de 40/2,27 soit 17,6 elle serait de 4000/17,6 soit 227 points par pouce, un peu juste, mais passable puisque la résolution pratique de 250 ppp est donnée pour une observation du document à 30 cm, une photo en A3 étant destinée à une observation à 60 cm ou 1 m, une résolution inférieure de l’ordre de 200 ppp peut être plus facilement tolérée. Toutes ces valeurs sont théoriques et le travail de postproduction sur les logiciels de retouche peut améliorer l’image et lui permettre d’être imprimée très correctement même dans les cas normalement limites.

Choisir la résolution d’impression
Pratiquement, l’utilisateur ne peut pas définir la résolution d’impression et la densité de son document. De manière transparente, c’est le pilote d’impression qui va optimiser cette densité en fonction de deux paramètres essentiels : la qualité choisie et le type de papier. Il déterminera alors en fonction des caractéristiques connues du papier (absorption, diffusion, etc.), de la qualité souhaitée (haute, moyenne ou brouillon), quelle table de couleur utiliser et quelle quantité d’encre envoyer pour chaque goutte et dans quelle densité. Une erreur de choix peut se traduire par des photos trop denses ou « baveuses » parce que le choix erroné pousse le pilote à utiliser trop d’encre en considérant une capacité d’absorption inadéquate.

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