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Canon EOS 750D et 760D : nous (ne) sommes (pas) des frères jumeaux !

06/02/2015 | Benjamin Favier

Identiques à l’intérieur, les deux reflex se distinguent nettement l’un de l’autre d’un point de vue ergonomique. L’un succède directement au 700D. L’autre se rapproche du 70D. Explications.

Présentation

Très présente sur le front du plein format, Canon n’en délaisse pas l’APS-C pour autant. L’EOS 7D Mark II lancé en fin d’année dernière, en est la preuve éclatante, avec des caractéristiques dignes d’un boîtier pro. Les 750D et 760D appartiennent à une série de best-sellers sur laquelle la marque compte pour gagner des parts de marché en volume. Exceptionnellement, elle avait laissé le 700D au catalogue en 2014, alors que le renouvellement de cette gamme s’effectuait plutôt sur un rythme annuel depuis l’avènement du 300D en 2003. Par la même occasion, elle a laissé un peu d’air au 70D.

Deux approches

Reculer pour mieux sauter ? On peut répondre à l’affirmative en regardant les fiches techniques des 750D et 760D. Alors que les évolutions d’une génération à l’autre relevaient du détail depuis l’arrivée d’un écran LCD orientable sur le 600D, ces deux produits franchissent un nouveau palier. Surtout le second. Si le 750D doit être considéré comme le « vrai » successeur du 700D, ce n’est pas vraiment le cas du 760D, qui se rapproche plus de la sphère à deux chiffres. Cela, en raison d’une ergonomie qui tranche avec les précédents modèles de cette saga à succès : roue codeuse en plus du trèfle à l’arrière, panneau LCD sur le dessus et barillet verrouillable sur la gauche, aux côtés du bouton On/Off, confirment une vocation plus experte.

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L’EOS 750D conserve le traditionnel trèfle au dos.
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Contrairement à l’EOS 750D, l’EOS 760D dispose d’une roue codeuse au dos du boîtier.

Cela n’en fait pas pour autant un 70D bis : pas de touche AF-On ni de bouton Start/Stop pour gérer les modes vidéos et LiveView – l’accès à la vidéo passe par l’interrupteur principal. Pas plus de pad (au centre de la roue sur le 70D) pour gérer les collimateurs AF. Le 750D, quant à lui, repose sur une philosophie quasiment identique à celle de ses prédécesseurs : seul aménagement notable, le trio de boutons près du déclencheur, dont un sert à choisir les collimateurs. Point noir, les deux viseurs, s’ils couvrent toujours 100 %, régressent avec un grossissement à 0,82x (0,87x sur le 700D).

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L’EOS 750D vu de dessus.
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L’EOS 760D vu de dessus : il se rapproche du 70D, avec le barillet situé à gauche avec l’interrupteur, tandis qu’un écran LCD de rappel trône sur la droite.

Évolutions du capteur et de l’AF

En interne, les deux boîtiers évoluent dans le même sens. Le capteur Cmos de 22,3 x 14,9 mm passe de 18 Mpxl sur le 700D à 24 Mpxl. Contrairement à l’imageur de 20 Mpxl intégré dans les 70D et 7D Mark II, il n’adopte pas la technologie Dual Pixel AF, qui améliore considérablement la mise au point en LiveView et vidéo. Cette absence est d’autant plus regrettable que les 750D et 760D conservent un écran tactile, monté sur rotule et donc orientable dans toutes les directions. Le système autofocus repose la technologie Hybrid Cmos AF III : l’emploi d’optiques STM est ainsi recommandé lorsqu’on sollicite la visée par l’écran LCD. Le nombre de collimateurs évolue puisqu’on passe à 19 points, comme sur l’EOS 70D et le premier 7D. Jusqu’ici, les EOS à trois chiffres se contentaient d’un système à neuf collimateurs. Le mode Rafale reste cependant cantonné à 5 im/s, malgré l’arrivée du nouveau processeur Digic 6. L’EOS 70D garde une marge confortable, à 7 im/s. Comme sur le 700D, le flash intégré permet de piloter d’autres flashs à distance, sans fil.

La fonction anti-scintillement, inaugurée sur l’EOS 7D Mark II, est reprise dans les deux boîtiers. Contrairement à ce dernier, les 750D et 760D embarquent une fonction WiFi NFC, pour les contrôler à distance ou transférer des images, vers la CS100 dévoilée récemment par exemple.

Pas de réelle évolution du côté de la vidéo. Le format MP4, plus universel, a été préféré au MOV utilisé jusqu’au 700D. La cadence maximale en Full HD reste à 30 im/s, avec la possibilité de filmer à 24 ou 25 im/s en 1080p. Il est possible d’utiliser des effets créatifs en vidéo avec un mode HDR dédié ou une simulation de bascule et décentrement. Pour le transfert des fichiers, il ne faudra pas miser sur le câble USB du boîtier. Contrairement aux EOS 5Ds, l’USB 3 n’est toujours pas à l’ordre du jour.

Les EOS 750D et 760D sortiront en mai aux prix respectifs de 699 € et 749 €, nus. Le 750D sera proposé en kit avec le 18-55 mm STM à 799 €.

Premier avis

L’un était attendu, l’autre moins. Le 750D est le successeur logique du 700D. Il arbore une ergonomie identique, tout en intégrant des technologies éprouvées sur différents modèles de la marque, à l’instar du système AF à 19 collimateurs ou du mode anti-scintillement. L’évolution de la définition à 24 Mpxl s’inscrit dans l’ère du temps et situe le boîtier au niveau de la concurrence. Reste que le duel qui s’annonce avec le Nikon D5500, annoncé en début d’année, semble défavorable au 750D sur le papier. Avec son autofocus à 39 collimateurs et la possibilité de tourner à 60 im/s en 1080p, le D5500 a une avance manifeste sur son rival, le reste des caractéristiques étant très proches (écran tactile, viseur à 95 % avec grossissement identique, rafale à 5 im/s, WiFi…). Sans parler de l’ergonomie, propre à chacune des deux marques…

L’avènement du 760D constitue en revanche une réelle surprise. Son nom laissait a priori penser que les différences avec le 750D seraient anecdotiques. C’est en partie vrai, puisqu’en interne, rien ne différencie les deux produits. En revanche, l’EOS 760D tient beaucoup plus des 60D et 70D sur le plan ergonomique. Il ne menace pas le 70D pour autant. Ce dernier conserve des attributs de choix. À commencer par son viseur à 98 %, offrant un grossissement à 0,95x ; le capteur Dual Pixel AF, redoutable d’efficacité pour faire le point en LiveView et vidéo ; l’obturateur à 1/8 000s ; le mode Rafale à 7 im/s ; ou encore le niveau de construction, plus robuste que celui du 760D. On peut toutefois se demander si Canon compte prolonger sa série d’EOS à deux chiffres, l’étau se resserrant un peu plus entre le 7D Mark II et le 760D. En attendant, ce dernier se situe à la croisée des chemins : s’il n’était pas accompagné du 750D, nous aurions vu en lui un intéressant successeur du 700D. S’il séduit par certains aspects ergonomiques il n’en demeure pas moins irritant en raison de limitations difficilement acceptables (viseur étriqué, cadence vidéo trop conservatrice, absence de pad pour collimateurs, pas d’USB 3…).

Fiche technique EOS 750D/760D

  • Capteur : Cmos APS-C, 24 Mpxl
  • Wi-Fi : oui (NFC)
  • GPS : -
  • Définition maximale : [3:2] 6 000 x 4 000
  • Vidéo : 1080p (24, 25 ou 30 im/s, H.264)
  • Processeur : Digic 6
  • Format de fichier : Jpeg, Raw, Mov, Mp4
  • Objectifs : monture Canon EF ou EF-S
  • Stabilisation : -
  • Écran : LCD 3 pouces/1040 kpts tactile, format 3:2, orientable
  • Viseur : couverture 95 %, grossissement 0,82x, dégagement 19 mm
  • Mesure de lumière : TTL 63 zones
  • Modes d’exposition : Auto, sans flash, Auto créatif, PASM, modes Scènes
  • Sensibilités : 100-12 800 Iso et H-25 600 Iso
  • Balance des blancs : auto, prédéfinies (6), mesurée ; compensation bleu/ambre et magenta/vert
  • Vitesses : 30 s - 1/4 000s
  • Rafale : 5 im/s
  • Flash : pop-up, NG=12 pour 100 Iso
  • Divers : mode HDR, 7 filtres créatifs
  • Stockage : SD, SDHC, SDXC
  • Connectique : mini HDMI, Hi-speed USB, entrée micro, griffe flash
  • Accu : Li-Ion LP-E17
  • Dimensions : NC
  • Poids : 555/565 g (750D/760D avec batterie et accus)

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