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Le piqué

26/07/2008 | Jean-Marie Sépulchre

Le piqué a été mesuré sur un Nikon D3 avec la mire DxO et le logiciel DxO analyser, pour un format A3+ ; la méthode de mesure n’a pas évolué depuis nos premières rubriques. Les prises de vues étaient faites en RAW, le développement effectué avec Nikon Capture NX (v1) avec un paramétrage « standard » sur l’appareil (donc accentuation 3 sur 9 grades possibles).

- Distagon 25 mm :

Le piqué est superlatif en zone centrale de l’image dès la pleine ouverture puisqu’il atteint la note maximale, et la zone de tiers est très bonne également. Cependant il faudra fermer à f/5,6 pour que les bords atteignent ce niveau, et à f/8 pour que les angles extrêmes soient très bons…alors que leur note est mauvaise aux grandes ouvertures. L’explication est que la correction de courbure de champ est insuffisante aux distances rapprochées où se font les mesures sur mire (le centre de la mire est plus proche du centre de la frontale que les angles) et on verra que le test des briques montre qu’aux grandes distances le défaut de piqué dans les angles s’atténue beaucoup. En connaissance de cause, on conseillera donc de fermer le diaphragme quand on veut embrasser à courte distance tous les détails d’une scène, d’autant que la mise au point minimale à 17 cm est remarquable pour créer des effets de perspective sortant de l’ordinaire.

- Distagon 35 mm :

Les résultats de mesure du Distagon de 35 mm, une focale très classique (ma préférée en 24 × 36 pour des prises de vues rapprochées et naturelles) sont tout bonnement exceptionnels, puisque le piqué est au sommet dès la pleine ouverture, les angles étant déjà très bons et devenant excellents dès f/4. Entre f/5,6 et f/11 on est au taquet sur la note maximale des mesures, la netteté est tellement élevée que l’on aura sans doute intérêt à diminuer l’accentuation de l’appareil à la prise de vues. Pour avoir mesuré récemment trois versions de Nikkor 35 mm f/2 (série F, Ais et Afd), il est évident que le Zeiss creuse l’écart aux plus grandes ouvertures (je conseille de fermer les Nikkor au moins à f/5,6 pour les bords et angles) et qu’il reste…implacable sur les détails…sans souffrir de diffraction à f/16. Je n’avais jamais obtenu de résultats de piqué si élevé en grand angle depuis les mesures du Leica Summicron Asph 28 mm f/2 qui donne à peu près le même cadrage sur un M8.

- Planar 85 mm f/1,4

Pour parler comme sur un forum, quand il voit de telles mesures, le testeur est « scotché » et il s’écrie : « C’est une tuerie ! ». Dès la pleine ouverture le piqué mesuré est excellent, au prix d’une désaturation des noirs dans certains cas de détails contrastés, mais la finesse est bien là. En fermant d’un cran, le piqué est au sommet, et il devient excellent sur tout le champ à f/2,8…mais les angles sont déjà bons à f/1,4, ce qui est rarissime. Les contrastes sont très élevés et les petits détails semblent détourés, pour donner des images vraiment très vigoureuses, notamment quand on les compare aux Nikkor 85 mm Ais et Afd de même ouverture. Cette qualité stupéfiante présente un effet pervers : si vous ne coupez pas l’accentuation boîtier en vous servant de ce Planar pour du portrait de jeune fille, vous vous brouillerez avec votre modèle tant l’optique a la capacité de mettre en avant tout défaut de la peau ! Le mieux (rencontré ici !) est alors l’ennemi du bien.

Synthèse

Quand on compare trois optiques de ce calibre, il faut se garder des conclusions trop hâtives, mais on observera quand même que le 25 mm est très bon, comparé aux 35 et 85 mm de cet essai qui eux sont dans la sphère de l’exceptionnel, avec des niveaux de piqué très rarement mesurés sur un Nikon D3, notamment dans ces focales à pleine ouverture.

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