Publié le : 26/12/2012
Par : Laurent Katz

Apple manœuvre en photo

Devant la montée en puissance photographique des téléphones, les fabricants d’appareils photos s’interrogent sur leur stratégie concernant les compacts d’entrée de gamme. Pendant ce temps, Apple met en place quelques pions.

Deux acteurs importants de la photographie, à l ’occasion de présentations sous embargo de leurs gammes respectives, prévues pour le début de l’année, font la même constatation. Les smartphones, avec leurs capacités communicantes tous azimuts, notamment vers les réseaux sociaux, répondent à de nouveaux usages. Dans ces conditions, le compact autour de la centaine d’euros a-t-il encore un avenir ? Si le Wi-Fi embarqué est en pleine évolution chez une majorité de fabricants, il n’est pas encore l’apanage des modèles les plus économiques, quand le moindre téléphone en est doté. Dans ce contexte annonciateur d’un nouveau paradigme de diffusion, où le téléphone occupe une place de plus en plus importante, Apple, assise sur un confortable matelas financier et une impressionnante capitalisation boursière fait son marché. Comme Google qui a avalé tout cru Nik Software ou Facebook qui s’est fendu d’un milliard de dollars pour Instagram, Apple participe à la curée des brevets cédés par Kodak qui cherche à respirer la moindre bouffée de dollars. Cela permet à Apple, comme à d’autres, de clore une épopée judiciaire initiée par la firme de Rochester, qui a déposé le concept d’appareil photo numérique et ne s’est pas privé de le faire savoir à la profession pour récupérer un maximum d’argent.

Apple s’implique d’ailleurs dans un métier qui n’est a priori pas le sien, celui de la conception de puce. N’a-t-elle pas développé en 2010 le processeur P4 pour l’iPad, l’iPhone et l’AppleTV, puis les A5, A5X et maintenant A6 pour l’iPhone 5 ? Fabriqué par Samsung (source Wikipedia), prouvant que l’on peut être procédurier avec ses propres fournisseurs ! Alors de là à ce qu’elle conçoive ses capteurs, il n’y a qu’un pas. Franchi ? On ne sait pas. Ce qui est sûr est qu’elle a embauché des cadors du métier. Par exemple, Terry Gilton qui s’est occupé d’un programme de développement d’imageurs Cmos, orientés vers les produits mobiles, chez Micron Technology. Puis chez Aptina, la division capteur Cmos de Micron qui est devenue indépendante en 2009. Apple cherche d’ailleurs à compléter son équipe. Ce que révèle un article d’Image Sensors World précisant que le dit Terry Gilton, via sa page LinkedIn, cherche «  des ingénieurs ultras motivés et capables d’innovation, spécialisés en développement de capteurs  ».

Par ailleurs, le même article met en avant le dépôt d’un brevet destiné à générer une image HDR en une seule prise de vue, pour s’affranchir des images fantômes de sujets mobiles, inhérentes au bracketing généralement employé. Cela en opérant plusieurs lectures d’une même rangée de photosites, afin de simuler différentes expositions ».

Si la venue d’un « iPhot » n’est pas à l’ordre du jour, il est patent qu’Apple s’attache à magnifier les capacités photographiques de ses terminaux mobiles. Histoire de rappeler qu’elle a fait partie des premiers à se lancer dans la photo numérique, le QuickTak annoncé en 1994.

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  • A noter que les QuickTake 100 & 150 ont été co-produits/assemblés par Kodak, et le 200 par Fuji.

    Les deux premiers boitiers sont d’ailleurs à l’origine de la querelle entre Apple et Kodak autour d’un brevet, l’un revendiquant l’invention de la photo numérique grand public, l’autre l’invention de la photo numérique tout court, contentieux pas arrangé du tout par la faillite de Kodak.

    Tout en sachant que Sony à partir de 1981, ainsi que Canon et Nikon en 1987 avaient déjà produit des boitiers dits "grand public", tout à fait semblables à ceux d’aujourd’hui... alors d’ici à ce qu’Apple se prétende carrément l’inventeur de la photo numérique et attaque tous ses nouveaux concurrents ^^

    • Et encore pas sur que d’autres n’avaient pas aussi des appareils photo électronique analogique dans leurs laboratoires.

      Et c’est bien le mot analogique qu’il faut utilisé pour les prototypes Sony et Canon.
      Donc rien à voir avec la imagerie numérique du QuickTake 100 .

    • Question de support de stockage en effet (magnétique), mais le concept d’acquisition de l’image reste numérique/digital. Cela dit, je ne suis pas certain que le litige Kodak/Apple tenait compte de cette "subtilité", portant plus sur la notion assez vague de "grand public" et sur d’autres clauses qu’on ne va pas détailler ici.

      Sur le concept même, et à technologie similaire donc (stockage sur support numérique), le QuickTake a été devancé notamment par le Fuji DS-1P (1988), le Dycam/Logitech Fotoman (1990) et les Kodak DCS (à partir de 1991). Sans compter les successeurs des appareils précités, ainsi que quelques autres prototypes et bon nombre de caméras vidéos (pas mal chez Canon notamment) ayant déjà le form-factor du premier QuickTake.

  • Ce qu’on voudrait surtout, c’est qu’Apple nous ressorte ses macbook pro en 17", surtout non rétina, et n’augmente pas chaque année de 25€ l’option écran mat (sur les versions "classiques" de ses MacBook mais bon, à ce niveau de tarif global d’acquisition d’une telle bête, on s’en fout, mais c’est le principe) et surtout nous sorte un VRAI Final Cut.

  • Apple serait bien inspiré de mettre son énergie au service de la mise à jour d’Aperture…

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